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 Le vide et le silence peuvent être une bonne compagnie [Libre]

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Matthew Storm

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Nombre de messages : 392

MessageSujet: Le vide et le silence peuvent être une bonne compagnie [Libre]   Dim 10 Nov - 20:36

Le sacrifice paraît une condition nécessaire à la vie.

Le temps n’est qu’un flot continue de sacrifices. Chaque seconde qui s’écoule est une seconde qui nous rapproche peu à peu de ce sacrifice. Certains sont plus futiles que d’autres, on sacrifie un jeu vidéo pour emmener sa copine au restaurant, on oublie la bonne gaufre chocolatée pour pouvoir perdre des calories. Chaque jour, un nombre incalculable de sacrifices se font dans le monde. Le sacrifice paraît une condition nécessaire à la vie. Même nous, les êtres surnaturels, sommes incapables de remédier à ce problème. J’ai sacrifié un amour, une vie de famille. J’ai sacrifié un enfant en échange de ma liberté, et de la sienne. Ou peut-être vais-je simplement nous conduire à la mort ? J’ai l’impression d’être devenu une machine. Au moins, les machines ne peuvent pas se faire berner par leurs sentiments, elles n’en n’ont pas. Je suis devenu cette machine, cet être incapable d’aimer, de ressentir la compassion, la pitié. Mon regard n’exprime plus rien, il attend, longuement ce moment où enfin, il pourra montrer son bonheur, sa colère, sa tristesse, ou encore son bien-être. Je suis une machine, celle qui résistera aux quatre Princes, celle qui leur montrera qu’à présent, ils m’ont tout prix et qu’ils n’ont plus cette capacité de m’atteindre. Plus de cœur, plus d’émotion. Seulement un corps et un cerveau pour arriver droit au but. Détruire cet Enfer pour en créer un nouveau, éliminer les Princes du trône, et enfin pouvoir respirer.

Vos visages sont enfin sortis de ma tête. Toutes ces mauvaises pensées qui me détruisaient, me rendaient fou. Je les ai éliminées, je les ai éteintes au plus profond de moi pour qu’elles ne m’empêchent pas d’accomplir mon but. Je ne revois plus ton corps ensanglanté devant mes yeux lorsque je t’ai retiré notre enfant. Je ne revois plus tous ce sang qui inonde le parquet, ni le fœtus ou le placenta qui se sont écrasés contre le sol. Je ne revois plus le visage d’Ilana, ni celui de Zark, ou de Félicia, ou encore de Gloria. Je ne vois plus personne et j’arrive enfin à me reposer, à m’attarder uniquement sur cet objectif. Il n’y a plus que le visage d’Elina, son reflet et sa voix qui me guident. Où ? Vers un destin meilleur. Vers ce coup d’état, cette liberté. Vers une nouvelle vie sans chaines autour des mains et du cœur. Jusqu’à ce jour tant attendu, je resterai cet être impassible, celui qui ne ressent rien, pas même la joie ou la souffrance. Jusqu’à ce jour, je resterai cette machine, la seule qui a le cran de s’armer pour s’affirmer et chercher sa liberté. A ce jour je n’ai plus d’ennemis, je n’ai plus d’alliés. Il n’y a qu’Elina, les Princes, et moi. Un combat à deux contre quatre, mais un combat qui a de l’espoir quand même.


- Monsieur Storm ?

L’un de mes espions entre dans mon laboratoire. C’est que je les avais presque oubliés tous ceux là, qui n’attendent plus que mes ordres pour agir. Je ne lui adresse même pas un regard, restant absolument concentré sur ce que je fais.

- Monsieur Storm vous devriez aller vous reposer, ou au moins nous laisser faire les choses.

- On n’est mieux servit par ses propres moyens. Allez donc vous occuper ailleurs.

- Mais monsieur Storm, si vous persistez encore, vous risqueriez d’endommager votre mémoire, et sans vouloir vous offenser je ne crois pas que c’est ce que vous souhaitez faire.


Je daigne enfin lever mes yeux vers lui. Suis-je si effrayant que ça pour qu’il en tremble ainsi ? Peut-être est-ce ce regard vide qu’il ne connaissait pas qui l’effraye tant. Sans doute ne doit-il plus savoir à qui il a à faire. Toujours des suppositions. La vie est basée sur de multiples et stupides suppositions.

- Cette mémoire ne me sera d'aucune utilité si elle me conduit à ma propre mort. Mais peut-être devrais-je suivre votre conseil et me reposer un peu. La carte attendra sans doute quelques heures.

Mes plaies se cicatrisent instantanément, et j’essuie les filets de sang qui coulent de mon corps. Rassurez-vous je ne me mutile pas pour mon bon plaisir de voir du sang couler, si c’étais le cas, je m’amuserais plutôt à torturer quelques anges. J’essaie en réalité de neutraliser tous les pièges de la carte des Chártis pour ne pas être surpris lors du grand jour. Gloria m’a récemment informé qu’un grand nombre de pièges avaient été glissés dans cette carte afin d’empêcher quiconque la possède entièrement d’arriver à ses fins. Il me semble avoir neutralisé une quinzaine de pièges jusqu’à aujourd’hui. Mais que représente une simple quinzaine face à une centaine de pièges ? Je ne peux pas retarder la date à cause de cet inconvénient, et je ne pourrais sans doute pas trouver tous les pièges et les éliminer avant des mois. Je devrais faire avec, mais mieux vaut tout de même qu’il y en ait le moins possible.

Je quitte le laboratoire pour aller prendre une longue douche, et après m’être vêtu, je m’éclipse directement loin de ce repère. Mais où ? Je ne veux pas aller dans un endroit qui m’évoquerait de bons ou de mauvais souvenirs. Je ne veux pas prendre le risque de tout faire remonter à la surface, pas maintenant, pas si proche du but. Alors je me rends à ce lieu, que je n’ai encore jamais fréquenté, le lac et le parc de Pass Magic. Je marche quelques instants avant d’aller m’asseoir contre un arbre, celui qui se trouve le plus en hauteur pour avoir la meilleure vue grand ensemble. J’observe le couché du soleil, ces personnes qui vont chacun de leur côté rejoindre leurs demeures. Je n’avais jamais fait attention qu’un si banal endroit puisse être beau. Parfois j’envie les êtres humains, même si je ressens un profond dégoût face à leur ignorance et leur faiblesse, je les envie aussi pour ça. Ne pas avoir à se soucier de l’inconnu, vivre des hauts et des bas, mais les vivre pleinement. Ce que je leur envie par-dessus tout, c’est leur liberté, ils peuvent faire des choix, sans vraiment se soucier si quelqu’un viendra leur arracher leur bonheur. Je les déteste aussi pour ça.

L’obscurité commence à gagner l’endroit. Je suis parmi les derniers encore présent ici. Bien qu’il y ait ce chat noir, à quelques mètres de moi qui m’observe et se rapproche prudemment jusqu’à venir se coller à mes jambes. Etrangement je me sens bien durant ces quelques instants, et pourtant je ne ressens rien. Ni la fraicheur qui gagne peu à peu ce lieu, ni la chaleur de la fourrure de ce petit chat collé contre moi, ni même la douceur de son pelage lorsque je la caresse de ma main. Il n’y a rien, juste un beau tableau, mais les peintures non plus ne ressentent rien. Le parc se vide complètement, étonnamment aujourd’hui je n’ai pas eu de pulsion meurtrière envers aucun de ces êtres qui me répugnent tant. Je pose mon regard sur le chat noir, continuant de passer ma main le long de sa tête jusqu’à l’autre bout de son corps, encore et encore.


- Il ne reste plus que toi et moi. Les deux êtres noirs solitaires. Je n’ai jamais était fan des chats, mais je dois avouer que ta couleur me plaît bien.

Oui je parle à ce chat. Prenez-moi donc pour un fou, votre opinion m’importe peu. Vous ne priverez pas non plus de ce droit la. Ma voix est neutre, plutôt vide. Le vide, en fait ça peut être bien, au moins ça ne demande pas de sacrifices.
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