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 « Le retour dans le passé. » | Libre

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Elena Carnesîr
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Localisation : Pass Magic, ancienne maison de ses parents assassinés

MessageSujet: « Le retour dans le passé. » | Libre   Dim 16 Juin - 0:42

Ce fut la première chose qu'elle fit. Aller au cimetière. Aller au cimetière pour s'agenouiller devant la tombe de ses parents. Elena venait d'arriver à Pass Magic, où elle possédait une maison depuis qu'on lui en avait remis les papiers il y avait quelques jours. Avant même d'y entrer, ce fut au cimetière qu'elle se dirigea. Elle reconnaissait un peu les lieux déjà, on lui avait autorisé des visites à la tombe de ses parents une fois par mois, et elle en avait profité. Mais là, c'était différent. Elle était là toute seule, sans limite de temps et sans surveillance. La nuit tombait, et elle était là, à genoux sur la pierre froide, le dos droit mais la tête baissée et les cheveux retombant devant son visage. Elle était là et pourtant elle était loin, en cet instant. C'était un instant particulier, singulier même, et elle ne l'oublierait jamais. C'était son instant, son instant avec eux, tous les deux, ses parents, qu'elle revoyait chaque nuit mais qui ne seraient plus jamais là. En cet instant, elle était avec eux, mais c'était différent de quand elle en rêvait, elle était avec eux non pas dans sa tête, mais dans son esprit. Elle n'était pas catholique, ni même chrétienne, bien que des cours de catéchisme lui aient été proposés par l'orphelinat. Elle ne croyait en aucune religion, en aucun Dieu. Elle n'avait pas besoin de croire en quoi que ce soit pour pouvoir être en contact avec ses parents. La preuve, si elle était là, agenouillée devant la tombe de ses parents, les yeux pleins de larmes perdus au vague, ce n'était pas parce qu'il y avait un Dieu, non, c'était parce qu'il y avait ses souvenirs, ses craintes, ses peurs, ses désirs, ses manques... Il y avait ses sentiments. Ses sentiments qui, quoi qu'elle fasse, ne la quitteraient sans doute jamais. Et elle n'était même plus sûre de vouloir qu'ils la quittent. Elle se sentirait vide sans eux. Elle était déjà assez incomplète comme ça, elle ne voulait pas qu'on lui prenne en plus ses propres sentiments.

À quelques mètres d'elle était son gros sac avec tous ses habits et autres possessions. Il attendait qu'elle le ramasse et le mette par dessus son épaule à nouveau, pour poursuivre son chemin, à pieds cette fois, jusqu'à l'adresse indiquée sur son papier. Elle se leva. Remarqua que le ciel était noir à présent, que la lune s'était levée et que les étoiles brillaient. Elle sortit son portable de sa poche, pour éclairer le chemin. Il comptait une lampe de poche parmi ses quelques fonctions. Elle était fatiguée, après son voyage. Elle rêvait de rejoindre enfin un lit, n'importe lequel. Et au mieux son lit. Elle se sentait prête à s'endormir comme une souche. Mais il lui faudrait encore marcher un peu, et pour cela garder les yeux ouverts. Elle fit un pas, puis un autre, puis sa démarche se stabilisa à peu près. Elle devait avoir l'air d'une revenante. Ça tombait bien, elle se trouvait dans un cimetière. Mauvaise blague. Bientôt, elle y croyait, très bientôt elle trouverait enfin l'endroit qu'elle avait quitté dix ans auparavant dans les bras d'un agent de police, en larmes. Elle n'avait attendu que ça pendant toute sa vie. Elle n'était pas sûre d'être prête, mais elle savait qu'elle le voulait, qu'elle le devait. Alors, elle avançait. Pour la première fois de sa vie, elle avançait, elle se dirigeait vers quelque chose, elle avait un but en tête et voulait l'atteindre. Il était si proche, désormais, si facile à atteindre. Il lui fallait marcher, alors elle marcha. Elle s'éloigna de la tombe de ses parents, et en s'éloignant elle pris progressivement conscience de son entourage. Quelques arbres qui projetaient sur son chemin des ombres plutôt inquiétantes, et des bruits tout ce qu'il y avait de moins rassurant. En fait, la nuit, elle n'aimait pas cet endroit. Elle jeta quelques coups d’œil apeurés autour d'elle. Elle avait intérêt à partir au plus vite.

Sans doute était-elle trop fatiguée, oui ça ne pouvait être rien d'autre, mais elle réussit à trébucher sur un obstacle qu'elle n'avait toujours pas reconnu et s'écraser par terre. Heureusement, le sac, plus lourd qu'elle, tomba sur le sol en premier et amortit sa chute. Elle n'en fut pas moins passablement secouée, et tentant de se rassurer que ce n'était que ses pieds qui ne voulaient plus se lever assez haut pour marcher normalement, elle entreprit de se relever. Mais quelque chose avait changé. Quelque chose lui faisait de l'ombre. Et ce n'était pas la faute à son portable qui avait arrêté de briller. Elle se frotta les yeux de sa main droite, cela ne pouvait pas être vrai, elle ne pouvait tout simplement pas être tombée sur quelqu'un dans un cimetière désert la nuit de son arrivée à Pass Magic. Elle n'aimait pas ce genre de coïncidences. Mais elle n'était d'évidence pas seule, et elle allait devoir accepter ce fait. Pas l'affronter, elle n'affrontait rien, et elle ne voulait rien affronter. Mais elle n'avait rien à se reprocher ni à cacher ni même à craindre, et elle pouvait donc se lever, lui faire face, et prendre congé. Elle le fit donc. Elle savait qu'elle dégageait une impression de vulnérabilité, de faiblesse. Pas qu'elle fasse exprès, mais c'était ainsi. Elle gardait ses yeux rivés vers le bas, et ne coinça pas ses cheveux derrière ses oreilles pour découvrir son visage. D'une voix faible, elle dit :

« Bonsoir. »

Elle remit son sac en bandoulière sur son épaule et se retint de tituber sous le poids. Elle passa son chemin, se dirigeant vers le petit portail qui menait hors du cimetière.

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Merci Kalia ! =D
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Max Legrand
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MessageSujet: Re: « Le retour dans le passé. » | Libre   Sam 29 Juin - 23:06

//Ce combat constant entre mon démon et moi persiste toujours. La différence, c’est qu’en m’étant éloigné de Pass Magic, je tournais le dos à toutes les faiblesses dont Xénor aurait pu faire usage pour m’avoir. Un seul corps pour deux âmes opposées, lequel en ressortira vainqueur ? En tous cas je ne baisserais pas les bras car je sais ce qu’il en coûte de laisser mon démon revenir à la surface, et souvent il y a des morts.//

- Tu veux te battre ? Tu vas être servi !

//J’entoure ce corps d’un mur de flamme et le transperce avec de multiples poignards. Le démon qui se trouve ne face de moi est trop aveuglé par les flammes pour voir toutes ces lames venir. C’est lorsqu’il cesse d’hurler que le feu se dissipe et que je m’approche de son corps allongé sur le sol, mais encore en vie. Je m’accroupis à ses côtés, ignorant ses blessures, ignorant sa douleur. Celui-ci en a causé tant, il mérite de souffrir.//

- Bon tu n’es pas le premier de la liste et sûrement pas le dernier. Pourtant je crois bien que cette liste est incomplète. Qui était le bras droit de Samaël ? Si tu me réponds j’abrègerais tes souffrances.

- Ta souffrance sera bien plus exquise à observer. Crois-moi, même en Enfer je ne la raterais pas. Ton démon se sent trop à l’étroit désormais, attention à ce qu’il ne prenne pas ta place.

//Je l’entends lâcher un rire sadique. Quel abruti. Alors que je m’apprête à l’enchainer pour pouvoir mieux le torturer et obtenir des informations, mon fameux démon en décide autrement. Mes yeux prennent une autre teinte et une forme d’ombre envahit le corps du démon. C’est dans un dernier hurlement que l’ombre l’engloutit sans laisser de traces, comme s’il n’avait jamais existé. Mes yeux reprennent alors leur couleur initiale, et c’est avec regret que je constate que ma victime n’est plus là.//

- Crétin ! J’avais besoin de lui.

//Je cogne du poing contre le sol avant de me relever. Je n’ai plus rien à faire ici. J’enfile ma veste et quitte les lieux, brûlant l’appartement dans lequel se trouvait le corps.//

***

//Des mois d’éloignement et d’isolement. Des mois de combats avec moi-même, avec mon démon. Quitter Pass-Magic aura été difficile, mais à l’époque je ne me sentais plus à ma place dans cette ville. C’est sans doute le départ de Kalia peu de temps après que je lui ai avoué mes sentiments qui m’aura permis de prendre cette décision. Elle était la raison qui me rattachait à cette ville, mais elle avait décidé de partir. Alors j’avais décidé d’en faire autant. Partir pour revenir plus fort, mais aussi plus serein, c’était le but. Durant ma petite excursion loin de Pass-Magic, j’ai également pris soin d’éliminer tous les membres rattachés de près ou de loin à Samaël, afin que ma petite sœur Kaley n’ait plus le moindre problème. Finalement je me suis débrouillé durant des mois, seul, alors que je m’en sentais incapable autrefois. L’évolution a aussi du bon, mais il faut également prendre en compte le mauvais.//

//J’ai pourtant cherché des solutions. Extraire Xénor de mon corps et le tuer ? Impossible, je mourrais avec. Peut-être me tuer et par un quelconque moyen me faire revenir ? Il reviendrait aussi. Je cherche depuis toujours un moyen de faire taire le démon qui est en moi, mais nous sommes lié, et je dois malheureusement vivre avec, pour le meilleur comme pour le pire. J’ai donc profité de ces quelques mois pour développer mes pouvoirs, agrandir ma puissance, me donner une chance de le surpasser. Pourtant il évolue aussi, et quoi que je fasse nous serons toujours au moins à égalité. Il est de plus en plus présent, dans mes pensées, dans mes rêves, dans mes combats. Il ne rate rien, au contraire il participe, et je ne peux pas toujours l’en empêcher. Alors en quittant Pass-Magic j’ai fait un pacte avec lui. Il me laisserait vivre une vie normale, mais aurait le droit d’intervenir lorsque le surnaturel se présentera à nous. En faisant ce pacte, je m’étais dit que je ne reviendrais plus dans cette ville, que je vivrais auprès des humains et que Xénor pourrait se défouler sur les quelques démons qui nous croiseraient ailleurs. Pourtant, loin de Pass-Magic, le vide se faisant de plus en plus ressentir, je savais que je ne pourrais pas rester éternellement loin de ma véritable vie. Mais comment retourner auprès des personnes que j’aime avec ce danger constant que je ferais régner sur eux ? Peut-être devrais-je penser à un autre pacte… Nous verrons bien ce qu’il sera nécessaire de faire.//

//C’est en pleine soirée que je fais mon retour à Pass-Magic. De quoi rentrer discrètement pendant que tous le monde poursuit sa propre vie.  Pourtant je ne sais pas trop où aller, ma maison doit être bien vide depuis mon départ. J’aurais aimé aller voir Kalia, mais je ne crois pas qu’elle soit revenue. Alors je décide d’aller voir une autre personne. Une jeune femme qui n’a pas bougé de là où elle se trouve : Jude Hina. Voilà ce qui explique ma présence tardive au cimetière de Pass-Magic. Un silence règne, apparemment je suis seul.//

- Je n’oublie pas la promesse que je t’ai faite Jude. Je n’oublierais jamais ton sacrifice. C’est toi qui m’as donné la force de m’opposer à lui.

//Comment oublié cette fête qui a si mal tourné. Cette seringue que tu as plantée dans mon corps. Cette vie si fragile que j’ai arraché… Ce soir j’aurais tout donné pour que Jude reste en vie, mais au lieu de ça, c’est elle qui m’a donné une seconde chance. Une chance d’ouvrir les yeux, de m’opposer à Xénor avant qu’il puisse détruire d’autres vies. Je dépose des fleurs sur ta tombe lorsque j’entends soudain des bruits à plusieurs mètres de moi. Je ressens sa présence, une jeune humaine. Pourtant ce n’est pas la seule présence qui se fait ressentir dans les lieux. Il y a également deux démons, cachés dans la noirceur. Moi, ils ne m’échapperont pas. Alors que la jeune humaine prise de panique tombe, je peux clairement ressentir ses angoisses, sa vulnérabilité.//

- Bonsoir.

//Le bruit d’un corps lourd tombant au sol attire une fois de plus le regard de la jeune femme. Tu te retournes vers le cimetière, l’air assez effrayé. N’aies pas peur, ce ne sont que tes bourreaux qui tombent un à un. Ce même bruit se reproduit une seconde fois, et avant que tu ne partes en courant, c’est en te retournant que tu tombes brusquement nez à nez face à moi.//

- Je pars quelques mois et la première personne que je rencontre est une nouvelle habitante. Enchanté mademoiselle, je me nomme Max Legrand. Vous êtes ?

//Effrayée apparemment. En même temps venir au cimetière la nuit, ce sont plutôt les chasseurs ou les démons que l’on croise ici à cette heure-la. Peut-être es-tu une chasseuse ? Non impossible, tu m’aurais sans doute déjà attaqué, et puis les chasseuses ne montrent jamais aucune peur.//

- Quelque chose ne va pas ?
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Elena Carnesîr
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MessageSujet: Re: « Le retour dans le passé. » | Libre   Dim 30 Juin - 9:32

« Dans la pénombre de ta rue
Petite Marie m'entends-tu ? »


Dans la nuit tombée, elle avait l'impression d'être aveugle. De ne rien voir, de ne rien comprendre. Quelque part, cela lui était bien inconfortable, mais elle ne voulait pas comprendre, elle ne voulait pas voir la vérité des choses, elle ne cherchait pas à savoir ce qui l'entourait. Parce qu'en vérité, elle le savait, plus rien ne l'entourait, et elle n'attendait rien des quelques personnes qui parfois se trouvaient dans sa proximité. Quelques passants égarés, aussi égarés qu'elle. Ou alors quelques orphelins, comme elle, mais ça c'était avant. Aujourd'hui, elle était majeure, elle pouvait faire sa vie, comme tous les jeunes adultes faisaient leur vie, tirant un trait sur leur passé. Elle, ne tirait pas un trait sur son passé. Bien au contraire, en emménageant à Pass Magic, dans la ville de ses parents, plus précisément dans la maison que ses parents lui avaient laissée, et dont elle avait hérité il y avait quelques jours à peine, elle se rapprochait de son passé. Mais ça, personne ne le savait, ni ne le saurait. Elle donnait l'impression d'être une jeune femme quelconque qui par un quelconque hasard se retrouvait à Pass Magic pour y faire sa vie d'une manière ou d'une autre. Et si on lui posait des questions ? Pourquoi Pass Magic ? Elle ne savait pas. Pourquoi cette maison ? Elle l'avait achetée. Que comptait-elle faire ? Se trouver un petit travail, sans doute, où elle ne savait pas. C'était tout. Les autres n'en sauraient pas plus sur son passé que ça, elle ne voulait ni de leur amitié, ni de leur pitié - si c'étaient des gens sympathiques. Et si c'étaient des gens moins sympathiques, c'était d'autant plus clair qu'elle ne voulait pas de relations avec eux. Elle n'attendait plus rien de personne au stade où elle en était de sa vie qui commençait à peine. Elle se sentait petite, entourée par le noir de la nuit, mais elle ne voulait pas savoir pourquoi, elle voulait s'en aller, pour que ce sentiment s'estompe. C'était ce qu'elle faisait bien souvent, mais ici et maintenant, cela signifiait tout juste quitter le cimetière dans lequel elle était rentrée en premier pour visiter la tombe de ses parents en arrivant à Pass Magic. Un cimetière la nuit, elle savait bien que c'était considéré par beaucoup comme une mauvaise idée, mais c'était justement pour cela qu'elle était venue, car elle savait qu'elle ne risquait pas trouver beaucoup de personnes et pouvait donc tranquillement se recueillir sans que l'on lui pose de questions après coup. Elle ne croyait pas aux rumeurs, elle ne connaissait pas les rumeurs en fait, ne s'y intéressait pas. Et puis elle n'avait aucune raison de craindre un cimetière, pas vrai ? De toute évidence, elle s'était trompée, et une sorte de peur naquit en elle lorsqu'elle trébucha sur un obstacle invisible pour s'écraser aux pieds de quelqu'un. Quelqu'un dont elle prit conscience par terre, lorsqu'elle remarqua l'ombre qu'il lui faisait. En se relevant, elle l'avait salué d'un bonsoir puis contourné pour sortir par le portillon du cimetière.

Un choc sourd la fit se retourner malgré elle en ouvrant le petit portail, quelqu'un était tombé, quelqu'un d'autre qu'elle. Elle ne voulait pas savoir, non, vraiment, arrêtez d'insister cela ne sert à rien, elle ne demande pas à comprendre ce qui se passe. Elle n'est pas curieuse, elle n'est pas du type scientifique, à vouloir tout analyser pour comprendre ce qui l'entoure, elle appartient à cette catégorie de personnes qui sont encore dominées par leur instinct le plus primitif, l'instinct de survie, et tant pis pour ce qu'elle n'aura pas compris. Il y a quand même quelque chose qu'elle a compris, dans tout ça : le fait qu'elle ne comprenne pas, justement. Qu'elle soit trop petite pour comprendre, qu'elle soit trop vulnérable. Elle le sait bien, elle a toujours dégagé, bien malgré elle en soi, mais d'autant plus sincèrement, une impression de vulnérabilité. Elle serait une proie bien facile si on cherchait à lui nuire. Mais pourquoi chercherait-on à lui nuire ? Il n'y avait aucune raison qu'on lui veuille du mal, et à ce qu'elle pouvait en croire les infos, les "méchants" n'aimaient pas les petites filles timides et effacées comme elle, ils se lasseraient bien vite s'ils avaient fait l'erreur de l'attaquer sans voir par avance qu'elle ne présentait aucun intérêt. Elle fit un autre pas vers la sortie et sa main tâtonnait derrière elle pour retrouver la poignée sans qu'elle ne doive se retourner, mais elle finit quand même par se retourner, en sursaut à nouveau, lorsqu'elle entendit un autre choc sourd comme d'un corps sur le sol. Mais elle ne voyait toujours rien, elle resterait sans doute aveugle jusqu'à la fin de ses jours si c'était comme ça. Seule son ouïe, et ses pressentiments instinctifs, la prévenaient. Et c'était d'autant plus inconfortable, inquiétant. Elle voulait partir, le plus vite possible, partir en courant. Elle n'avait plus rien à faire dans ce cimetière plein d'obstacles et de personnes qui tombaient, surtout quand elle n'arrivait pas à les voir. Mais celui qui se trouvait devant elle lorsqu'elle se retourna une fois de plus pour déserter les lieux, elle le vit bien précisément.

- Je pars quelques mois et la première personne que je rencontre est une nouvelle habitante. Enchanté mademoiselle, je me nomme Max Legrand. Vous êtes ?

Ses yeux s'agrandirent, et elle peina à garder sa bouche fermée. Si elle l'avait ouverte, non seulement aurait-elle eu l'air ridiculement étonnée, mais elle aurait poussé un cri suraigu de femme effrayée, qu'elle était, certes, mais qu'elle ne tenait pas à manifester plus que son corps ne le faisait déjà pour elle.

- E... Elena.

Elle répondit presque malgré elle à la question qu'il lui avait posée. Après tout, il s'était présenté avant elle, comme le voulaient les habitudes. Pourtant, ce qu'elle avait voulu lui répondre à sa première phrase était tout à fait autre chose.

- Vous vous connaissez donc tous tellement bien ici que vous savez reconnaître les nouveaux arrivants ?

Si oui, elle avait des raisons de s'inquiéter, en plus de se sentir mal à l'aise. Elle se força à sourire pour continuer.

- Ou est-ce si évident seulement parce que c'est moi ?

Après tout, elle avait un gros sac sur elle, et même si d'autres n'auraient pas considéré ça comme des bagages, c'en étaient bien. Et puis, elle devait donner l'impression d'être nouvelle ici. Elle espérait que c'était cette dernière possibilité, car une ville où tout le monde connaît tout le monde, ce n'était pas vraiment ce qu'elle recherchait dans la vie. Elle ne devait vraiment pas dégager une impression de sérénité et de confiance, car il lui demanda si quelque chose n'allait pas. Heuu, comment dire, rien ne va, et ça irait bien mieux si j'étais à la maison, et encore mieux si en rentrant j'y trouvais mes parents. Mais ça, tu ne le comprendrais pas. Enfin, si, en fait tu le comprendrais très bien, le truc c'est que tu ne le sauras pas, parce que ça n'a aucune raison de t'intéresser. Comme ça, tu ne m'as pas l'air très méchant. Tu t'es présenté, après avoir fait une petite blague pas drôle - même si je le sais c'est bien ma faute que je ne la trouve pas drôle, d'autres n'auraient pas réagi comme moi, donc en soi j'apprécie l'effort - et tu t'inquiètes poliment. Mais n'espère pas trop. Et puis de toute manière, je ne te connais pas, et les impressions sont trompeuses. La preuve, le cimetière avait l'air tout à fait vide lorsque j'y suis rentrée, et pourtant il ne l'était apparemment pas. D'ailleurs, qu'est ce que c'était, ces bruits de chute que j'ai entendus, si ce n'était pas toi ? Il faut que je parte.

- Si si, tout va bien. À vrai dire, je comptais rentrer...

Plutôt que taper la discut' avec toi. Mas ça je ne te le dirais pas non plus. Ah, tellement de choses que je ne dis pas... Mais ça vaut mieux pour tout le monde. Et puis peut-être que tu le comprendras quand même ? Elena se remit donc à marcher, plus lentement que son instinct ne l'aurait voulu, tout en espérant qu'il ne la suive pas pour autant. Mais elle avait l'air déjà assez effrayée comme ça, elle n'avait pas besoin d'en rajouter une couche en pressant le pas.

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Max Legrand
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MessageSujet: Re: « Le retour dans le passé. » | Libre   Mar 2 Juil - 15:18

//Les êtres surnaturels peuvent être classés selon différents points de vus. Certains préfèreront les classer du plus gentil au plus mauvais. D’autres en fonction de la taille. Mais il y a surtout ceux qui classent en fonction de la puissance. Pourtant, ce que la plupart d’entre eux négligent, un détail qui peut changer beaucoup de choses, c’est la folie. Après tout un être mauvais peut très bien être faible ou peureux. Un être puissant peut vouloir combattre pour le bien. Je pense que les êtres qui sont à la fois puissant, mauvais et fou devraient faire partie de la catégorie des plus dangereux et des plus imprévisibles. A Pass Magic, on en a plusieurs qui devraient faire partie de cette catégorie-ci, telle que Félicia par exemple. Mais je classerais aussi dedans mon démon, je crois bien que Xénor pourrait même être le pire si je ne le retenais pas un minimum. Après tout, lui aussi aura tué, et pas n’importe qui. Peut-être est-ce pour cela que les démons de bas étage m’évitent, mais qu’au contraire les démons de haut rang cherchent ma mort. De toute façon, je détruirais tous les démons qui se mettront sur mon chemin.//

- E... Elena.

//Alors c’est donc ça ton prénom. Je suppose que je devrais exercer mes dons de super détective pour découvrir ton nom puisque visiblement tu ne sembles pas vouloir m’en faire part. Alors quoi, ce serait ton nom de famille qui renfermerait tes plus lourds secrets ? J’en doute fortement car dans le cas contraire tu ferais mieux de ne pas t’attarder à Pass-Magic. Peut-être me le diras-tu dans d’autres circonstances. Après tout, se rencontrer tard le soir dans un cimetière n’inspire pas tellement confiance, surtout lorsqu’on est effrayé.//

- Vous vous connaissez donc tous tellement bien ici que vous savez reconnaître les nouveaux arrivants ? Ou est-ce si évident seulement parce que c'est moi ?

//Je suis tenté de réponse oui à tes deux questions mais je ne crois pas que c’est ce que tu voudrais entendre. Après tout, tu découvriras bien vite par toi-même que Pass-Magic n’est pas une si grande ville. Je t’examine quelques secondes avant de répondre à tes questions. Adapter ses réponses en fonction de la personne, dans cette ville tu découvriras aussi que la plupart des individus usent de cette technique. Peut-être ne voulons-nous tout simplement pas vous faire fuir. Tous les anciens habitants de cette ville savent ô combien il est difficile de s’en éloigner une fois que les liens se sont formés et qu’un tas d’histoires vous tombent dessus.//

- Je connais bien ce cimetière, excepté les dépressifs peu de personnes viennent ici la nuit. Or vous ne m’avez pas l’air déprimée et puis... En général ce sont des fleurs qu’on emmène dans un cimetière et non des bagages.

//Je lui adresse un sourire histoire de la mettre un peu plus à l’aise, mais cela ne semble pas tellement faire effet sur elle. Peut-être sait-elle que j’ai omis de préciser certains détails ? Je ne pense pas qu’elle se doute que le surnaturel existe dans ce monde. Je pense plutôt qu’elle me prendrait pour un fou si je lui disais qu’en dehors des dépressifs, ce sont les chasseurs et les démons qui se baladent par ici la nuit et qui tuent. Lorsque je te demande si tout va bien, ta réponse est clairement en désaccord avec ton comportement.//

- Si si, tout va bien. À vrai dire, je comptais rentrer...

//Qui crains-tu ? De quoi as-tu peur ? Es-tu réellement une humaine ordinaire… Alors que tu presses le pas et me tournes le dos, je sens sa folie frapper en moi. Quelque chose donne à Xénor l’envie de s’agiter, ou plutôt quelqu’un. Il a l’air d’avoir envie de se déchainer, mais sur qui ? Le pacte avec Xénor est toujours d’actualité pour l’instant, il peut intervenir uniquement lorsque le surnaturel est tout près. J’ai déjà tué ces deux démons dans le cimetière, et à part Elena l’endroit est désert. Pourtant c’est une humaine… A moins que je ne me sois trompé ? Finalement cette fille est un mystère. Démone ? Ange ? Peut-être est-elle comme moi… Après tout moi je ne ressens que sa part d’humanité, mais Xénor semble déceler autre chose, reste à savoir quoi. Alors qu’elle s’éloigne peu à peu de moi, je sens que Xénor cherchent à intervenir. Mes yeux passent à la couleur rouge sang... Non cette fois tu ne tueras pas.//

*Je t’interdis de la toucher !*

//Je plante une seringue dans ma côte et enfonce un liquide magique dans mon corps. Quelques secondes après mes yeux reprennent leur couleur initiale et je sens mon démon se calmer, s’endormir. Finalement après avoir endormi le diable qui sommeil en moi, je me retourne vers Elena qui a presque atteint le bout de la rue. J’apparais discrètement à quelques mètres derrière elle, je ne la laisserais pas filer sans en savoir plus.//

- Elena. Tu vas peut-être me prendre pour un fou mais... Quel lien as-tu avec les démons ?

//Moment de vérité. Si elle me prend pour un fou alors elle ne sait rien de cet autre monde qui se cache parmi les êtres humains. Si elle cherche à cacher la vérité, à trouver une excuse, alors elle est peut-être bien plus en danger que je ne l’aurais cru. Si elle répond tout simplement à ma réponse, alors peut-être que je pourrais l’aider. Ce qu’il faudrait avant tout que je sache, c’est qui elle est, ou plutôt, qu’est-ce qu’elle est...//


Dernière édition par Max Legrand le Sam 3 Aoû - 20:31, édité 1 fois
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Elena Carnesîr
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MessageSujet: Re: « Le retour dans le passé. » | Libre   Mer 3 Juil - 8:12

Il comprit qu'elle avait peur. C'était pas trop difficile, en même temps. Tout son corps le criait. Ses jambes qui ne rêvaient que de se mettre à marcher, ses bras qui ne savaient pas trop quoi faire et restaient donc accrochés à son sac pour ce qui est de la gauche et cachée dans sa poche pour ce qui est de la droite, son cœur qui battait la chamade, sa respiration accélérée... et c'était sans parler de son visage, qui, d'entre toutes les parties de son corps, devait trahir au mieux cette frayeur sourde qu'elle avait en elle sans vraiment savoir pourquoi. Que craignait-elle ? Elle n'aurait pas pu le dire. C'était comme instinctif. Elle n'avait rien à faire là. Elle n'avait plus rien à faire là. Elle était passée sur la tombe de ses parents, maintenant il lui fallait s'en aller. Non, vraiment, elle n'avait plus aucune envie de rester plantée là à taper la discute avec un parfait inconnu. Même si celui-ci semblait vouloir la mettre à l'aise, la réconforter. L'aider. Non, elle n'avait pas besoin d'aide, et surtout pas de l'aide d'un inconnu. Rien contre toi, hein, ça aurait pu être n'importe qui d'autre, elle aurait refusé toute aide, car elle savait se démerder seule. Elle n'avait pas eu trop le choix, en même temps, et cela faisait bien longtemps qu'elle se démerdait seule, dix ans à dire vrai, et ce n'était pas une raison pour chercher de la compagnie maintenant. Même quelqu'un qu'elle connaissait n'aurait pas eu l'autorisation de lui venir en aide, et ça aurait été d'autant plus facile de le laisser planté là. Parce que bon, avec toi, elle se retenait un peu de partir en courant, si ça t'intéresse. À la place, elle essayait de faire une petite blague, et avait même réussi à te faire un sourire - estime toi heureux.

- Je connais bien ce cimetière, excepté les dépressifs peu de personnes viennent ici la nuit. Or vous ne m’avez pas l’air déprimée et puis... En général ce sont des fleurs qu’on emmène dans un cimetière et non des bagages.

Il lui sourit, mais elle continua à le regarder de ses grands yeux pas vraiment apeurés mais presque. En tout cas, c'était plutôt l'étonnement qui avait le dessus, pour le coup. L'étonnement effrayé, certes, mais surtout l'étonnement.

- Ne me dites pas que vous êtes dépressif... Quand à mes valises...

Elle regarda son gros sac qui commençait à l'énerver, passé en bandoulière et pesant sur son épaule et son cou, puis elle finit par avouer ce qui n'était plus un secret depuis le départ.

- Oui, je suis nouvelle, j'emménage. Mais il ne faisait pas nuit quand je suis rentrée dans ce cimetière. Et je ne suis pas dépressive.

Presque, certes, mais pas tout à fait. Elena avait toujours réussi à garder le moral, l'envie de vivre. Elle n'avait pas de raison de vivre, c'était vrai, et elle en était bien consciente, mais elle voulait continuer à vivre. Peut-être parce qu'elle ne voyait pas de raison de mourir, en fait. Elle était seule, oui, elle était orpheline, n'avait pas de famille et ne s'était pas fait d'amis malgré les années qu'elle avait passées à l'orphelinat. Elle ne s'était attachée à personne, car elle ne voulait pas avoir à perdre quelqu'un comme elle avait perdu ses parents en ce fameux soir d'automne quand elle avait huit ans. Elle en faisait encore des cauchemarres, la nuit, c'était pour dire. Il était vrai qu'elle n'avait pas connu d'instant de véritable bonheur depuis ce soir là. Elle n'avait plus jamais ri comme elle riait avec ses parents quand ils la chatouillaient ou la poursuivaient dans toute la maison. Mais ce n'était pas une raison pour la considérer comme dépressive. Dépressive signifiait, du moins au sens où il l'entendait, avoir envie de mourir, et ça, c'était ce qu'elle craignait. Mourir. Elle ne voulait pas mourir. Elle ne savait même pas ce qu'elle voulait, dans la vie, en fait. Elle ne savait pas où elle allait, elle ne savait pas non plus ce qu'elle cherchait, ce qu'elle attendait de la vie. Elle se laissait porter, cela faisait dix ans qu'elle se laissait porter, et maintenant elle semblait enfin avoir trouvé un port, un endroit où s'installer. Elle voulait vivre là où ses parents avaient vécu, là où ils s'étaient rencontrés et l'avaient mis au monde, là où elle avait passée son enfance. Elle ne savait pas encore ce qu'elle y fairait ni qui elle deviendrait, mais elle voulait y rester. Rester à l'endroit où on l'avait abandonnée, où on l'avait laissée seule, seule dans sa nuit noire. Elle avait peur de plein de choses en fait, elle craignait la vie en elle-même, et pourtant, elle avait tellement peu de raisons d'avoir peur. Au fond, on pourrait résumer ça à une peur de l'inconnu. Elle avait, en quelques sortes, peur de lui. Elle avait peur de ce cimetière. Elle avait peur des gens qui habitaient cette ville, de leurs réactions, de leurs jugements. C'était pour ça qu'elle s'enfermait sur elle même, pour ne pas en avoir conscience, car si elle n'en avait pas conscience, elle n'en avait pas peur. Si elle restait seule avec ses pensées, comme elle venait de l'être devant la tombe de ses parents, elle ne remarquait pas ce qui se passait autour d'elle, et ne tenait donc pas compte de ce qui pourrait lui faire peur. Elle n'avait pas envie de savoir, elle n'était vraiment pas quelqu'un de curieux, la seule chose qu'elle voulait c'était vivre sa vie tranquillement et sans s'occuper de quoi que ce soit d'autre, et sans que qui que ce soit ne s'occupe d'elle. Alors, quand il lui demanda si tout allait bien, elle se contenta de lui dire que oui, tout allait bien, et qu'elle comptait rentrer. Elle tourna les talons et s'éloigna.

Y croyait-elle vraiment ? Pensait-elle vraiment que ce serait si tôt la fin ? Sa silhouète fine disparaît presque à l'autre bout de la rue, se prépare pour tourner à gauche, titubant sous le poids du bagage qu'elle a passé par dessus son épaule, en bandoulière. Oui, sincèrement – naïvement –, elle le pensait. Ou peut-être elle l'espérait. Plus probablement, elle avait oublié, ou plutôt écarté ce soucis de son esprit, bien que son inconscient en restait imbibé et continuait à craindre une rencontre et espérer un adieu. Mais ce n'était pas un adieu, ni même un au revoir. Elle ne l'entendit même pas, mais derrière elle, à quelques metres, il réapparut. Il l'avait rattrapée, d'une manière ou d'une autre, elle n'en saurait de toute manière jamais rien, mais il l'avait rattrapée et se trouvait à quelques metres derrière elle, alors qu'elle s'apprêtait à tourner au coin d'une vieille maison qui marquait la fin de la rue menant au cimetière.

- Elena.

Avec un hoquet de surprise, elle se retourna brusquement, projetant ses cheveux bruns, presque noir, derrière elle, et braquant sur l'inconnu ses grands yeux à nouveau dilatés. Par la peur, et elle détestait ça. Elle les détestait. Elle détestait tout, sur elle, qui lui donnait cet air vulnérable, effrayé, qu'elle avait constamment. Et pourtant, elle ne s'en doutait pas, mais de l'extérieur, elle ne donnait pas l'air terrorisée, au fond, c'était une réaction tout à fait normale qu'elle venait d'avoir, comme la majorité de ses réactions. Elle était une jeune femme qui aurait facilement pu se perdre dans la masse, et c'était son plus grand rêve que de ne pas se faire remarquer... mais c'étaient ses yeux, ses cheveux, ses mouvements, justement, qui éveillaient l'intérêt. Non, ils ne trahissaient pas la peur. Ils étaient envoûtants, ils lui donnaient un aura particulier, dont elle n'avait pas conscience, mais qui attiraient les regards. Elle était différente. Et si elle était consciente à quel point, elle le détesterait aussi. Elle ne voulait pas être différente, elle voulait qu'on lui foute la paix, et on ne pouvait lui foutre la paix que si elle n'était pas particulière, que si elle était comme les autres. Ses yeux, qu'elle pensait hurlant de peur, n'étaient en vérité que de magnifiques grands yeux noirs, un peu naïfs, enfantins, mais dans le même temps tellement matures et posés. Elle les détestait, mais pour la mauvaise raison. Mais après tout, cela revenait au même, que ce soit pour leur air effrayé ou pour leur beauté envoûtante, elle les détesterait de toute manière. Elle les posa sur l'inconnu. Comment qu'il s'appelait, déjà ? Max Legrand, oui c'était ça. Et elle, elle ne lui avait même pas donné son nom de famille. Mais elle ne le connaissait pas ni ne voulait le connaître, et encore moins voulait elle qu'il ne la connaisse. De toute manière, il l'oublierait bien, elle en était certaine. Qui se rappellerait d'une jeune femme un peu mal à l'aise rencontrée un soir le temps d'échanger deux trois banalités ? Pourtant, ce qu'il lui dit ensuite furent tout sauf des banalités.

- Tu vas peut-être me prendre pour un fou mais... Quel lien as-tu avec les démons ?

Pour le coup, elle faillit s'étouffer.

- P... pardon ? Avec les démons ?

Ses yeux, maintenant, traduisaient la plus profonde surprise qui tournait vers un certain dédain, tout en ne quittant pas cette étincelle de peur qui ne s'éteignait pas.

- Vous êtes qui, vous, d'abord, et pourquoi vous me tutoyez ?

Elle passa fébrilement une main dans ses cheveux, puis se mordilla l'ongle l'instant d'une seconde, en fait, elle cherchait à occuper sa main, à tripoter quelque chose, alors elle finit par avoir l'idée de la cacher dans sa poche pour jouer avec un mouchoir qui s'y trouvait. Il fallait qu'elle se calme. Pourtant, rien n'indiquait qu'elle était prête à le faire. Au contraire, sans lui laisser le temps de répondre, elle enchaîna.

- Non, non en fait, je veux pas savoir. Je ne veux pas savoir, je m'en fous, d'accord, laissez moi rentrer je suis fatiguée.

Autrement dit, vous êtes fou à lier, des démons, mais n'importe quoi, à votre âge c'est vraiment ridicule, et maintenant, foutez moi la paix.

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Max Legrand
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MessageSujet: Re: « Le retour dans le passé. » | Libre   Mar 6 Aoû - 1:05

//Le cimetière. Un lieu de repos à ce qu’on dit. Pourtant à Pass Magic, le cimetière fait partit des lieux que les démons adorent fréquentés. Triste n’est-ce pas, mais c’est la vérité. Désolé Elena, mais la nuit, presque personne n’entre dans ce cimetière excepté les démons ou bien les chasseurs. Ici plus de sang coule que tu ne le penses, alors nous nettoyons les traces pour que chaque jour, les humains continuent de penser que ce cimetière est un lieu de paix.//

- Ne me dites pas que vous êtes dépressif...

//Il fut un temps où on aurait pu me comparer à un dépressif. Durant la période qui a précédé la mort de Jude, je ne trouvais tout simplement plus goût à la vie. Si tu m’avais connu en ce temps, tu aurais sans doute eu peur de moi, d’ailleurs tu aurais bien fait. Malgré les apparences je suis un être dangereux, la preuve en est que la femme que j’aimais se trouve aujourd’hui six pieds sous terre. Ma conscience me hantait durant des années, pourtant je ne suis pas responsable des actes de mon démon, même s’il fait partit de moi.//

- Ai-je vraiment une tête de dépressif ? C’est juste que je viens de revenir en ville, et à cette heure-ci, la seule personne à qui je puisse rendre visite se trouve dans ce cimetière.

//Je crois bien que ce que je dis ne t’intéresse pas réellement. En fait tu n’as qu’une seule envie, t’en aller. Peut-être n’aurais-je pas dû te retenir lorsque tu t’es retournée. La curiosité est un vilain défaut, je le sais bien, mais si tous les démons ressentent cette même sensation à travers toi, alors tu auras de gros problèmes mademoiselle Elena. Sais-tu que ton prénom signifie éclat de soleil ? A vrai dire, cette signification te va plutôt bien. Un éclat de soleil que beaucoup de démons voudront s’arracher. Voilà pourquoi je ne peux te laisser partir sans en savoir plus. Je me suis promis de protéger les anges et les humains, et je sens que tôt ou tard tu auras besoin d’aide. Bon sang mais quelle idée de venir à Pass Magic. N’as-tu pas entendu toutes les rumeurs à propos de cette ville ? Beaucoup préfèrent s’en aller, car les humains sont trop en danger ici.//

//D’ailleurs, quand est-ce que les humains ouvriront-ils enfin les yeux ? Ils ne vivent pas dans un monde paisible et sincère. Chaque jour, ils marchent entre des anges et des démons, et la plupart ne le remarquent jamais. Souvent des humains meurt, pas assez méfiants du danger qui rôde tout près d’eux. Alors au lieu de faire la guerre entre humains, essayez déjà de vous protéger de tous les démons qui veulent votre peau. Ces personnes là n’ont pas de scrupules, tuer n’est pas un travail mais un passe-temps et ils aiment par-dessus tout faire couler le sang. Alors réveillez-vous, regardez autour de vous ! Cessez de vivre dans l’illusion. Ce monde là n’est certainement pas celui que vous croyez. Pourtant j’aurais dû m’y prendre d’une autre façon avec toi. T’interpeller comme ça et te parler de démons alors que tu es déjà assez effrayée de ma propre présence... Qu’est-ce qu’il m’est passé par la tête ? A présent tu vas me prendre pour un fou.//

- P... pardon ? Avec les démons ?  Vous êtes qui, vous, d'abord, et pourquoi vous me tutoyez ?

//Une chose est sûre, Elena ne connaît absolument rien de ce monde. En revanche elle avait raison pour le tutoiement, c’est vrai qu’ils se connaissent à peine... Simplement une mauvaise habitude de Pass Magic que de se tutoyer les uns les autres. Elle le remarquera sans doute d’elle-même. J’aurais aimé lui répondre quelque chose, mais Elena ne m’en laisse pas le temps.//

- Non, non en fait, je veux pas savoir. Je ne veux pas savoir, je m'en fous, d'accord, laissez moi rentrer je suis fatiguée.

//Une fois de plus elle me tourne le dos et poursuit son chemin. Cette fois je suis grillé, elle me prend vraiment pour un fou. Inutile de chercher à la retenir encore une fois, elle criera sûrement à l’aide et m’accusera d’être un psychopathe. Alors je ne peux que te souhaiter bonne chance Elena, et espérer que tu rencontres des démons le plus tard possible. Je commence à mon tour à marcher, mains dans les poches, l’esprit ailleurs. Je ne parviens pas à savoir si revenir à Pass Magic est en réalité un poids ou un soulagement. De toute façon je n’avais pas vraiment le choix, il me faut quelque chose pour contrôler Xénor, et la seule personne capable de m’aider se trouve être dans cette ville.//

//Soudain je m’arrête. Quelque chose attirant mon attention. Ou plutôt quelqu’un, et pas un humain. Je ressens la présence d’un démon un peu plus loin. Deux, trois… Oui le compte est bon, il y a trois démons. A force de chasser ces êtres, on finit par bien ressentir leur présence même lorsqu’ils sont loin de nous, en même temps leur âme empeste la noirceur. Sont-ils avec Elena en ce moment ? Où a-t-elle eu le temps de rentrer chez elle ? Je n’ai pas vraiment le temps de penser à ça, car je sens déjà mon démon s’agiter, une fois de plus. Je ne comprends pas, je lui avais pourtant injecté le produit qu’il fallait pour le calmer… Foutue magie qui ne fonctionne jamais lorsqu’on en a besoin. Il faut que je parte d’ici avant que Xénor ne se déchaine, et vite. Je sens mon cœur s’accélérer, ma respiration devient saccadée et j’ai besoin d’espace, le plus d’espace possible. Partager deux âmes dans un même corps, je vous assure, c’est très étroit.//

- Pas maintenant bordel... Xénor il serait vraiment temps de remettre à jour ce foutu pacte.

//Je ne suis ni fou ni schizophrène, même si parfois on pourrait réellement y croire. Oui je vous assure, partager un corps pour deux n’est vraiment pas pratique, en fait ça n’a aucun côté positif. Mes yeux d’origine bleus clairs s’assombrissent peu à peu. Apparemment Xénor n’entend pas les choses de la même façon que moi. C’est simple, il n’a envie que d’une seule chose, pouvoir se défouler. Ah et aussi faire couler le sang, mais ça c’est typique chez un démon. Il faut vraiment que je parte d’ici avant que les choses ne finissent par dégénérer. Pourtant, une fois encore, quelque chose me retient. Cette fois il s’agit du hurlement d’une fille...//
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Elena Carnesîr
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MessageSujet: Re: « Le retour dans le passé. » | Libre   Mer 7 Aoû - 11:22

Une rencontre dans un cimetierre. Avec un inconnu. À la tombée de la nuit. Elena n'était pas quelqu'un de supersticieux, en fait elle ne croyait en rien ni personne, et des fois elle avait même du mal à croire ses propres yeux. Mais elle n'aimait pas ça. Elle n'aimait déjà pas les rencontres en général, ni les inconnus. Et le cimetierre une fois la nuit tombée n'avait vraiment rien d'un lieu rassurant. Pourtant, le jeune homme qui l'avait interpellée. Il n'avait pas l'air méchant à première vue, ses yeux bleus clairs avaient l'air de vouloir la réconforter, la mettre à l'aise. Mais elle n'était pas à l'aise, et jamais elle ne serait à l'aise avec les autres de toute manière. Il semblait vouloir l'aider, mais elle n'avait pas besoin de son aide, elle n'avait besoin de l'aide de personne. Elle n'avait besoin de personne tout court. Elle était quelqu'un qui jouait solo. En fait, elle ne jouait même pas, elle n'était pas une femme d'action, elle aimait la sollitude et le calme, la sérénité, voilà tout. Malheureusement pour elle, il semblait que le calme et la sérénité veuillent l'éviter, car aussi fort qu'elle l'ait voulu, malgré tout ce qu'elle avait essayé de faire pour, elle n'avait pas eu une vie facile. Son enfance avait été heureuse, ça oui. Avant ses huit ans, tout semblait bien parti pour qu'elle n'ait rien dont elle puisse se plaindre dans son existence. Des parents aimants, des conditions de vie agréables, des amis et des loisirs... Mais ça c'était avant ses huit ans. Car un jour, son père s'était fait assassiner devant ses yeux, et le lendemain, elle avait retrouvé sa mère baignant dans son propre sang, à moitié nue dans sa maison que quelqu'un avait mis sens dessus dessous. Depuis, son quotidien ennuyant des orphelinats n'était agrémenté que par les cauchemarres qui ne cessaient de la hanter. D'après l'inconnu qui s'était présenté comme un certain Max Legrand, le cimetière de Pass Magic était un lieu pour les dépressifs. Et peu d'autres gens. Donc la présence de la jeune fille l'intriguait. En guise de réponse, elle commença par lui demander si, lui, il était dépressif.

« Ai-je vraiment une tête de dépressif ? C’est juste que je viens de revenir en ville, et à cette heure-ci, la seule personne à qui je puisse rendre visite se trouve dans ce cimetière. »

Une tragédie, dans sa vie à lui aussi ? Un point commun entre eux deux. Et elle espérait bien qu'il serait le seul. Mais même si non, cela ne serait pas un prétexte pour qu'ils se rapprochent, de quelle manière que ce soit. Elle ne tenait vraiment pas à se faire des amis. Des ennemis non plus, certes, mais il finirait bien comprendre qu'elle n'était pas intéressée par un lien plus profond que celui de simples connaissances. Tout le monde finissait par comprendre, de toute manière. Tout le monde finissait par être lassé de son comportement, son attitude renfermée et parfois même désagréable, vexante. Elle restait toujours polie – tant qu'on l'était avec elle – mais froide, distante. Oui, tout le monde finissait par comprendre que cela ne menait à rien que de vouloir se rapprocher d'elle. Toute personne normale aurait compati avec le jeune homme aux yeux bleus, mais pour sa part, elle n'en fut pas plus émue que ça.

« Pareil pour moi. »

Puis elle enchaîna en parlant des bagages auxquels il avait fait allusion. Oui, elle emménageait ici, si ce n'était pas assez clair. Elle venait d'arriver, comme lui, en ville, sauf que contrairement à lui, elle n'y vivait pas auparavant, et elle avait donc des bagages. Logique, non ? En tout cas, maintenant, c'était la fin de la conversation. Elle ne voulait pas lui parler plus qu'elle ne l'avait déjà fait. Il pouvait s'estimer heureux qu'elle ait échangé avec lui plus que deux phrases. Sauf qu'apparemment, il n'était pas satisfait. Il la rattrappa alors qu'elle s'apprêtait à tourner au coin de la rue, l'interpellant par son prénom. Elle se retourna vers lui brusquement, mais déjà il lui posait une question qui eut le don de l'étonner au plus haut point. Incrédule, elle le contemplait, après qu'il lui ait demandé quel lien elle avait avec les démons. Sans doute y avait-il encore de la peur dans son regard, comme depuis le début, comme toujours en fait, mais bientôt elle se transforma en du dédain. C'était une très mauvaise blague, et elle n'avait pas la patience pour en rire. Alors, elle lui demanda sur un ton plutôt agressif qui il était vraiment, et pourquoi il s'était mis à la tutoyer, mais rapidement, elle changea d'avis. En fait, cela ne l'intéressait pas, elle ne voulait pas savoir, la seule chose qu'elle voulait, c'était rentrer et se coucher. Malgré les cauchemarres qui, sans aucun doute, la hanteraient cette nuit encore comme les précédentes. Elle avait appris à vivre avec, de toute manière. Elle lui tourna donc le dos, et s'éloigna. Cette fois, il ne semblait pas vouloir la suivre, et elle en fut soulagée. Essayant de ne pas tituber sous le poids de son sac, elle essaya de s'orienter dans le dédale de ruelles dans lequel elle se trouvait et qui était dessiné sur la carte qu'elle avait à la main mais elle n'arrivait pas à faire le lien entre papier et réalité. Elle erra un moment, espérant qu'elle tomberait par chance sur une église ou autre lieu qui serait indiqué plus clairement sur la carte.

Et là, elle devant elle, dans la pénombre, elle distingua les formes de quatre hommes. Un éclair traversa sa vue, un éclair qu'elle fut la seule à percevoir. C'était comme dans les films. Un éclair pour indiquer le flashback. Sauf que là, elle le vivait vraiment. Elle revoyait comment son père, entouré de trois inconnus, se défendait du mieux qu'il pouvait, mais lentement succombait à leurs coups et finissait étendu par terre, inerte, baignant dans du sang. Et elle, la petite fillette aux cheveux bruns et aux grands yeux intelligents, avait perdu son éternel sourire – à jamais – et regardait la scène avec horreur cachée derrière une voiture. C'étaient ses cauchemarres qui revenaient à la surface. Elle aurait voulu se cacher les yeux de ses mains, mais elle ne pouvait pas. Même pleurer lui était impossible, alors qu'elle était prête à le faire. Et elle n'arrivait pas non plus à crier. Soudain, d'un coup, les trois assassins se retournèrent en même temps et elle vit leurs regards fixés sur elle. Cette fois, un cri sortit de sa gorge, un cri de panique, de terreur. Ce n'était pas un rêve, ce n'était pas son cauchemarre habituel. Cette fois, c'était la pure réalité. Et elle voyait les trois hommes s'approcher d'elle, dangereusement. Pourquoi ne courait-elle pas ? Pourquoi ne prenait-elle pas la fuite ? Elle se débarassa de son sac, le laissant tomber par terre, et prit ses jambes à son cou. Malgré les apparences, elle était assez sportive, comme fille, et elle réussit à tourner au coin d'une maison puis se cacher sous une des nombreuses voitures garées à côté du trottoir avant que les trois autres n'apparaissent au bout de la rue. Elle retint son souffle. Quelqu'un l'aurait-il entendue ou étaient tous les habitants de Pass Magic des couche-tôt ? Pour une fois, elle aurait bien besoin qu'on l'aide.

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Max Legrand
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MessageSujet: Re: « Le retour dans le passé. » | Libre   Jeu 8 Aoû - 1:01

//Tu t’es promis de les aider Max. Tu t’es promis de ne plus les abandonner, de ne plus laisser les démons les tuer. Mais tu t’es également promis de ne plus laisser Xénor tuer d’autres humains. Un deal est un deal non ? Si Elena est une humaine, alors elle ne devrait rien craindre de nous. J’entends son cri retentir. Je sais que c’est elle, j’en suis persuadé. Pauvre enfant, à peine arrivée et déjà traumatisée par les démons. Elle a besoin de ton aide Max, elle a besoin que quelqu’un la sauve de ces monstres. Et je le sens, Xénor, se débattre, déjà prêt à tous les achever. Si je laisse mon démon agir sous ses yeux, elle risque sans doute d’être traumatisée à vie. Mais c’est ça ou bien la mort. Que préfères-tu Elena ? Moi je suis persuadé que tu préfères vivre. Alors tant pis, laissons le se défouler un peu... Mes yeux passent en quelques secondes au rouge sang, attention démons des rues, Xénor est déjà à vos trousses.//

- Mauvaise cachette petite humaine !

//L’un des démons tire Elena par le bras. En effet se dissimuler derrière une voiture est loin d’être la cachette idéale face à des démons. C’est l’odeur de ton sang Elena qu’ils détectent, un sang d’humaine. Tu n’as qu’à comparé les démons aux zombies des films d’aujourd’hui, ils détectent les humains par le bruit et l’odeur. Tu te retrouves déjà encerclée par trois démons inconnus. Oui Elena, c’est difficile à croire, mais il aurait mieux fallut pour toi que ces trois êtes soient de banales violeurs plutôt que des démons. L’un d’eux a déjà sortit un poignard sous ton regard effrayé. Ils ne vont pas te tuer tout de suite, ils aiment lire en toi la frayeur, la douleur. Un des démons t’attrape alors que tu tente de te débattre, l’autre a pris place contre une voiture, et le dernier pointe le bout de sa lame sur ton cou. Il la laisse glisser jusque ton épaule, jusque ton bras. Puis vint la petite entaille. Ton sang qui coule. Ils n’auraient jamais dû faire couler du sang en présence de mon démon. Tu entends ces rires Elena ? Leur rire diabolique face à ta douleur. Bientôt ils supplieront qu’on les laisse en vie.//

- Ne sois pas si muette petite, nous on veut t’entendre crier.

//Il esquisse un sourire sadique. L’autre lui montre une fois encore la belle lame de son poignard, prêt à la planter d’un instant à l’autre dans son petit corps fragile. C’est toi vermine, que nous allons entendre crier. Du haut d’un toit, mon regard se pose d’abord sur le démon assis sur le capot d’une voiture. Celui-là a un petit air de pervers qui me répugne tant. Ce sera lui le premier.//

- Boum.

//Sans crier garde, la voiture explose, et tous les regards se tournent vers le démon assit sur le capot qui est en train de brûler vif. On l’entend hurler, demander du secours, on le voit courir dans tous les sens, mais personne n’est capable d’éteindre ce feu. Après de longues secondes, son corps tombe lourdement sur le sol, et ses pitoyables cris cessent enfin. Déjà un de moins. Un silence de mort règne, personne ne comprend ce qu’il se passe. L’instant d’après j’apparais derrière le démon retenant les poignets d’Elena. Le pauvre n’a même pas le temps de réagir que je fais apparaître une dague dans ma main et lui tranche la carotide. Le troisième démon, lâche comme il est, tente déjà de s’enfuir. Même pas assez courageux pour se battre en duel, ridicule. Tu ne t’échapperas pas comme ça misérable démon. Une main d’ombre ressort du sol et se saisit de sa jambe, le faisant tomber au sol, incapable de se défaire d’elle. Je m’avance alors vers ce dernier qui me lance déjà tout un tas de regards effrayés. J’ignore si Elena en a profité pour partir, à vrai dire mon attention est bien trop porté sur ce démon, et mon esprit bien trop occupé à réfléchir sur son sort.//

- Pitié... Je ne lui aurais pas fait de mal. L-Laissez moi partir !

//Cette fois c’est moi qui esquisse un sourire sadique. Cette fois c’est moi qui ai envie de rire. Première nuit de retour à Pass Magic et déjà cinq démons assassinés. C’est clair qu’ici, Xénor ne risque pas de s’ennuyer. Je m’accroupis près du corps de ce démon. Celui-ci trop effrayé par mes yeux rouge sang n’ose même pas affronter mon regard. Il implore la pitié, lance le premier mensonge qui lui passe par la tête et baisse les yeux.//

- Tu ne vaux même pas la peine que je m’amuse un peu avec toi.

//Xénor aime torturer, mais ce genre de victime ne lui correspond pas. Alors il se contente seulement de l’engloutir dans cette ombre après un dernier cri de panique poussé. Trois morts, deux corps restants qu’il me reste encore à me débarrasser. Je me retourne alors et surprise, je te vois devant moi. Tu n’as pas bougé, et ton expression de terreur est restée la même. Je sens l’hésitation de Xénor, il a envie de faire de toi sa nouvelle proie. Rassure-toi, je ne le laisserais pas faire, d’ailleurs il ne semble pas avoir la volonté de résister. Quelque chose en toi l’attire, mais apparemment ce n’est pas encore assez fort pour qu’il ait envie d’en profiter. Alors il se contente simplement d’engloutir les deux autres corps à travers des ombres, puis il disparaît à son tour. Mes yeux reprennent peu à peu leur couleur initiale, sans doute dois-tu les préférer ainsi. Il n’y a plus de trace de meurtres sur les lieux, il ne reste que nous, une voiture brûlée et un peu de sang sur le sol. Je ne sais pas vraiment ce qu’il faut dire dans ces moments-la. En fait en temps normal ce serait plutôt à toi de me dire merci, mais tu dois sans doute me répugner plutôt que m’admirer.//

- Evitez de vous promener seule la nuit dans cette ville. J’ai mentis tout à l’heure, ce ne sont pas les dépressifs qui sortent le soir au cimetière. Ce sont la plupart du temps des personnes comme eux.

//J’aurais pu dire des démons, mais si j’avais encore prononcé ce mot, je crois bien que tu aurais hurlé et que tu te serais enfuie. Les dépressifs Elena, la majorité d’entre eux ont déjà rejoint leurs proches dans l’au-delà. Il ne faut pas trainer ici la nuit, j’espère que tu retiendras la leçon, car tu n’auras pas toujours un inconnu pour te porter secours.//

- Vous feriez mieux de rentrer chez vous.

//Tu m’avais reproché le fait de t’avoir tutoyé, alors je retiens tes mots. Le tutoiement Elena, c’est l’un des premiers signes d’une possible amitié. Apparemment tu n’en veux pas. Tu as peut-être raison, je ne t’apporterais pas forcément quelque chose de bien, mais j’aurais au moins essayé si tu m’en avais laissé l’occasion. Finalement je te tourne le dos et commence à m’éloigner. Je me serais bien éclipsé d’ici mais je ne tiens pas à te voir tomber dans les pommes. Je t’aurais aussi bien raccompagné jusqu’à chez toi, mais je doute fortement que tu apprécies qu’un mi-démon sache où tu habites.//
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Elena Carnesîr
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MessageSujet: Re: « Le retour dans le passé. » | Libre   Ven 9 Aoû - 10:53

HRP:
 

« Mauvaise cachette, petite humaine ! »

Les trois assassins se rapprochaient de sa cachette. Comme s'ils pouvaient la voir à travers le métal, comme s'ils pouvaient l'entendre retenir son souffle, comme s'ils pouvaient sentir sa présence derrière une des dizaines de voitures parquées au bord de la route. Doucement, un pas après l'autre, posés et confiants, sûrs d'eux. Ils se rapprochaient. Ils souriaient, d'un sourire faux, cruel. Un sourire pervers. Ils aimaient ça, ils aimaient savoir qu'elle n'aurait aucune chance contre eux. Trois hommes, la carrure imposante, contre une jeune fille tout juste adulte, petite, et frêle, et fatiguée de sa journée qui plus est. Elle avait peur, elle avait tellement peur qu'elle en oubliait son étonnement de leur sens de l'orientation particulier ainsi que de la manière dont ils l'avaient interpellée. L'un d'eux contourne la voiture. L'empoignant par le bras, il la lève comme un pantin, comme une poupée de chiffons, son emprise bloquant la circulation de son sang, et l'entraîne de force avec lui. Sa tentative de se débattre ne lui fait rien. L'autre s'installe contre la voiture, à moitié assis sur le capot, s'appuyant sur ses bras, et remontant la jambe droite. Il n'a pas quitté son sourire mauvais, ni son air décontracté. Le troisième enfin, passe derrière elle, et découvre sa nuque en écartant ses cheveux bruns de sa main, les porte à son visage pour les sentir, puis caresse sa peau nue et la hume en émettant un petit rire. Deux larmes coulèrent sur chacune de ses joues, tandis qu'elle restait là, sans bouger et sans rien dire, à les regarder tour à tour de ses grans yeux sombres, dilatés par la peur. Et alors, le suintement d'une lame qu'on dégaine, et, une fraction de seconde après, elle sentit la pointe d'une dague contre la veine de sa gorge. Elle eut un mouvement de recul. Complètement vain, inutile. La pression autour de son avant bras se fit plus forte et elle entendit un ricanement à son oreille gauche. Le poignard lui caressa la gorge, puis l'épaule, puis le bras, sans la mutiler pour autant. Et au niveau de sa veine, enfin, il s'enfonça dans sa peau pâle, facilement, silencieusement. Le sang gicla, et leurs rires fusèrent, tandis qu'elle se tordait pour tenter de dégager sa main, mais ne réussissait qu'à retourner le couteau un peu plus dans la plaie.

« Ne sois pas si muette, petite, nous on veut t’entendre crier. »

Quelques petits gémissements alors qu'elle essayait de se débattre, et deux larmes de plus, mais aucun autre son, aucun cri à l'aide, aucune supplication de pitié. Ils n'étaient visiblement pas satisfaits du comportement de leur proie. Ils attendaient sans doute plus de drame, plus d'action, plus de sensation. Bien qu'elle avait crié lorsqu'elle était loin d'eux, maintenant, elle avait pris le parti de ne rien dire. Ce n'était pas de sa volonté, ce n'était pas de la provocation. Elle était bien trop sonnée par la terreur pour ça. Des tics de nervosité commençaient à apparaître sur son visage. Elle cillait plus fréquemment, et ses yeux passaient tour à tour une seconde sur chacun d'eux. Son souffle irrégulier, les battements accélérés de son cœur contre sa cage thoracique, les secousses effrayées de sa tête... Le poignard apparaît devant ses yeux un instant, d'abord à une assez bonne distance pour qu'elle le voie dans sa globalité, puis se rapproche, jusqu'à toucher son front à la racine de son nez, entre ses sourcils bruns. À nouveau, le même petit spectacle, sous les yeux satisfaits et le sourire sadique de celui qui, tranquillement installé contre la carrosserie de la voiture, observe : elle sent le fer froid descendre le long de son nez. Une goutte de sang descendit jusque ses lèvres entre-ouvertes et elle eut le goût du sang dans sur sa langue, entre ses dents... Mais aucune entaille n'avait été faite à son visage, c'était le sang de sa veine qui était resté sur la lame. La pointe de la dague sous la lèvre inférieure, la tête penchée vers l'arrière. L'homme au couteau prit à nouveau ses cheveux dans sa main libre et les écarta, puis se rapprocha de son oreille et elle put entendre sa voix grave et tendue.

« Parle. »

Un murmure, presque inaudible, avec une insistance sur la première syllabe. Parler. Il fallait qu'elle parle, qu'elle leur dise quelque chose, qu'elle ouvre sa bouche, oublie sa peur et son dégoût, et qu'elle débloque ses cordes vocales. Si elle voulait rester en vie. Même si elle n'avait aucune véritable raison de vivre, elle n'avait pas non plus de raison de mourir, et elle ne voulait pas mourir comme ça, dès son premier jour dans sa ville d'origine, sans même avoir pu visiter sa maison native, dans les mains de psychopates inconnus qui semblaient se délecter de sa peur, de sa souffrance.

« Qu... qui êtes-vous ? Qu... qu'est ce que vv... vous me voulez ? »

Qu'est ce qu'elle avait fait ? Pourquoi s'acharnaient-ils sur elle ainsi ? Voulaient-ils la tuer ? Jouer avec elle ? La violer ? Sa voix était tremblottante, bégayante, et toute faible. Parler était la pire erreur qu'elle avait pu faire, car immédiatement, les larmes jaillirent de ses yeux, et cette fois ne se limitèrent pas à deux. Elle entendit leur petit rire satisfait. Elle vit celui adossé contre la voiture bouger pour rejoindre les deux autres qui l'entouraient. Il ne s'était pas encore décollé de la carrosserie quand celle-ci explosa. Le choc les secoua eux aussi, et elle sentit la lame s'enfoncer dans sa lèvre inférieur alors qu'elle poussait un petit cri de surprise et de douleur. Mais il fut englouti par celui, bien plus fort et long, de l'homme dont les habits ont pris feu et qui se mit à courir dans la rue en appelant à l'aide puis finit par s'écrouler sous ses yeux terrifiés dont les larmes ne coulaient à nouveau plus. Elle sentit un filet de son sang descendre le long de sa gorge jusqu'entre ses seins pour s'infiltrer dans le tissu blanc de son soutient-gorge en fausse dentelle. Les deux complices se tournèrent vers elle et elle put discerner dans leurs regards une once de peur, mais celle-ci s'estompa bientôt. Peu importait la perte d'un complice, ils règleraient ça plus tard, après s'être amusés. Et si c'était à cause de leur proie, ils s'amuseraient encore plus. Celui au couteau emmit un grognement et retroussa ses lèvres. Elle avait l'impression de se trouver dans un film avec des vampires qui s'apprêtaient à planter leurs crocs dans sa nuque et à se délecter de son sang, et elle ne faisait que les observer de ses yeux dilatés par la peur, les lèvres entrouvertes mais dont aucun son ne s'échappait. Et alors, il y eut un geiser de sang. Elle reçut des gouttes sur son visage pâle, sentit leur chaleur visqueuse. Mais ce n'était pas le sien. L'homme qui la tenait par l'avant bras droit s'écroula sans bruit par terre à ses pieds et une flaque sombre se forma sous sa gorge béante. Elle ouvrit un peu plus sa bouche, mais resta muette une fois de plus, alors que celui au couteau prenait ses jambes à son cou, disparaissait dans la pénombre de la rue. Il tombe, s'écrase au sol, et le quatrième inconnu s'avance doucement vers lui, comme ils s'étaient approchés de la voiture derrière laquelle elle s'était cachée. Elle ne ferme pas les yeux, mais ses sens s'estompent, se font flous, imprécis. Du noir devant les yeux, un bourdonnement dans les oreilles. Elle les entend parler, mais ne distingue pas leurs mots. Elle les observe sans les reconnaître. Deux formes indistinctes, dont l'une est debout et l'autre à genoux par terre, qui finit par disparaître avec un dernier cri de terreur. Il voulait du drame, des cris, eh bien finalement, il les aura eus, ce sera même la dernière chose à laquelle il aura eu le droit avant de mourir. Elle ne comprend pas. Où était-il passé ? Et où étaient passés les deux autres corps inertes, l'un plein de sang, l'autre en cendres ? Et pourquoi, elle, elle ne bougeait pas ? Pourquoi n'arrivait-elle pas à bouger, merde à la fin ? Pourquoi ses yeux étaient-ils toujours aussi dilatés, et pourquoi ne criait-elle toujous pas ? Son souffle, qu'elle avait retenu pendant si longtemps, se déchaîna alors, comme si elle avait couru un marathon. Il se retourna alors, et à nouveau sa respiration s'arrêta, alors qu'elle le fixait dans ses yeux rouges bordeau qu'elle vit changer de couleur et devenir bleus clairs. Ces yeux bleus clairs qu'avait l'inconnu du cimetière. Ils étaient à nouveau seuls, dans la rue silencieuse et sombre, et elle porta sa main à sa lèvre transpercée pour essuyer le sang qui avait coulé sur son menton.

« Evitez de vous promener seule la nuit dans cette ville. J’ai menti tout à l’heure, ce ne sont pas les dépressifs qui sortent le soir au cimetière. Ce sont la plupart du temps des personnes comme eux. »

Elle déglutit difficilement, puis posa ses doigts sur la veine qu'ils lui avaient coupée, comme pour retenir le sang là aussi. En fait, elle inspectait l'étendue et la gravité de ses blessures, en n'osant pas quitter son interlocuteur du regard. Désormais, elle ne cillait quasiment plus, ses yeux sombres étaient fixés sur ceux, clairs, de Max Legrand, tâtant ses plaies à l'aveuglette, et les questions se bousculaient dans sa tête. Comment avait-il arrivé là ? N'avait-il pas de scrupules à trancher ainsi la gorge d'un homme ? Était-ce lui qui avait fait exploser la voiture ? Et qui avait fait disparaître les corps inertes ? Et puis... comment ça, des personnes eux ? C'étaient quoi ses personnes ? Qui étaient-ils, tous autant qu'ils étaient ? Elle n'était pas sûre de vouloir savoir, en fait. Sans doute aurait-elle dû le remercier, tout semblait indiquer qu'il venait de lui sauver la vie, qu'il venait de lui éviter une mort lente mais certaine. Mais elle avait la tête pleine de questions auxquelles elle ne voulait pas recevoir de réponses, et elle voulait rentrer, se coucher, s'endormir. Elle voulait soigner ses plaies, et cicatriser, et oublier, tout, tout ce qui s'était passé. Elle passa sa langue sur sa lèvre inférieure pour en enlever le sang, et à nouveau elle eut ce goût ferreux jusqu'au fond de la gorge. Elle se sentait proche de l'évanouissement, mais ce n'était pas son genre de s'évanouir. Elle se connaissait, depuis le temps. Elle était faible, elle avait peur, mais elle ne perdait pas conscience, jamais. Elle aurait pu assister pleinement à sa propre mort, même lente, même douloureuse. Le sang n'était pas ce qui lui faisait peur. Il la dégoûtait, mais sans plus. Elle n'avait toujours pas bougé, elle restait là, comme en transe, devant le jeune homme aux yeux bleus, essayant de calmer sa respiration ainsi que les battements de son cœur affolé.

« Vous feriez mieux de rentrer chez vous. »

Elle porta sa main blessée à son avant-bras qu'il avait serré si fort, le massa doucement. La douleur commençait à lui monter à la tête. La lèvre, la veine, le bras. Elle sentait le liquide chaud se refroidir sur son soutien-gorge, couler dans sa manche gauche, se déverser sous sa peau pour y former des hématomes... Du sang, partout du sang, à ses peids aussi, et sur son visage, dans ses cheveux, partout. Oui, il fallait qu'elle rentre à la maison. Il fallait qu'elle rentre, se lave, se couche. Bizarre, ce jeune homme qui, lentement, s'éloigne, comme s'il attendait pour s'assurer qu'elle ne ferait pas un malaise ou ait besoin de son aide de n'importe quelle autre manière. Il s'était remis à la vouvoyer, et c'était au moins ça de rassurant, de normal. Et elle ne lui avait rien dit, elle ne l'avait pas remercié, ni ne lui avait crié dessus. Son sac était dans l'autre rue. Il fallait qu'elle aille le retrouver. Mais ce jeune homme, ce Max Legrand... Elle avait beau être une solitaire par excellence, elle avait des reproches, ce n'était pas très sympa, et même si elle avait eu vraiment peur, elle n'avait aucune raison d'en vouloir à celui qui lui était venu en aide. Elle décolla ses pieds du sol, et fit un pas, puis un autre. Mais il était déjà loin, trop loin, pour qu'elle puisse le rattrapper, et elle ne se sentait vraiment pas de courir.

« Max ! Hé, Max ! »

Il s'arrête, se retourne, alors qu'elle le rejoint. Tout à coup, elle aurait bien aimé lui dire "En fait, non, rien", parce qu'elle ne voulait pas affronter son regard à nouveau, être en sa présence pour plus d'une minute, sentir la pression qu'il exerçait sur elle en attendant la suite, suite qui aurait beaucoup de mal à sortir. En marchant, elle avait essuyé son visage de sa main propre, sans savoir si le sang ne s'était pas, au contraire, étalé sur sa peau pâle. De toute manière, la nuit cachait beaucoup de choses.

« Je... heu... merci. Enfin, c'était vous, hein ? »

Elle aurait bien voulu lui demander qu'est ce qu'ils lui voulaient, les trois autres, et surtout, comment il avait fait tout ça, mais à nouveau, elle ne voulait pas savoir, elle ne voulait pas connaître les détails. Elle voulait suivre le conseil qu'il lui avait donné, à savoir rentrer chez elle. Le plus vite possible. Elle lui sourit, puis grimaça de douleur, et regretta les deux mouvements qui avaient déchiré sa lèvre. Serrant sa main droite autour de son bras gauche, elle le contourna et partit, en direction de la rue où elle avait laissé tomber son bagage. Un petit quart d'heure plus tard, elle ouvrait en serrant la mâchoire la porte de sa maison, se débarassait de son bagage, et refermait derrière elle. Après avoir sorti de l'une des poches du sac un rouleau de papier toilette, et d'une autre la serviette de bains qu'elle avait laissée tout en haut, elle avança dans le couloir en ouvrant les portes. Toilettes, chambre, salle de bains. La salle de bains, avec la douche. C'était ce qu'il lui fallait. Essayant d'oublier la douleur, elle enleva son pantalon, ses chaussettes, son gilet, puis son top. Dans le miroir au dessus du lavabo, elle vit le haut de son corps. Son soutien-gorge ensanglanté la dégoûta, son visage tâché l'effraya. Elle enleva ses sous-vêtements, et rentra dans la douche. L'eau coula sur ses jambes dont elle essayait de retenir les tremblements, puis sur son abdomen, sa poitrine, son visage. Elle s'efforçait de ne pas crier. Pour une première journée, c'était réussi. En sortant de la douche, elle s'essuya dans la serviette blanche qui bientôt fut tâchée de rouge elle aussi. Mais son visage était propre désormais, ainsi que les autres parties de son corps. Enroulée dans le linge, elle sortit de la salle de bains.

_________________

Merci Kalia ! =D
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