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 Il y a les bons et les mauvais souvenirs

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Matthew Storm

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MessageSujet: Il y a les bons et les mauvais souvenirs   Mer 4 Sep - 0:42

« Le père sème, le fils récolte. »

D’après ce qu’on raconte, les histoires de famille sont les plus dures à supporter, les plus difficiles à régler. J’approuve assez cette idée. Ces histoires, trouvent-elles un jour une fin ? A force, j’ai fini par ne plus y croire. Les années passent, et les problèmes s’accumulent, je dirais même qu’ils empirent. J’ai réussi à détester mes parents, les deux pour la même raison: le mensonge. Alors que faire lorsque notre propre famille nous trahit ? Nous surmontons les évènements, tous simplement. Nous nous taisons et acceptons les choses. Nous continuons d’avancer avec plus de rage, en se jurant qu’un jour, nous obtiendrons notre revanche. Avec toi Zark, j’ai longtemps espéré avoir ma revanche. Te tuer était la seule idée qui me passait par la tête. Je voulais ta tête. Je voulais ton cœur. Je te voulais mort. Malgré tout avec le temps, j’ai fini pour oublier ma colère, j’ai réussi à abandonner cette idée de vengeance. Pourtant c’est ce que tu as vu à travers Ilana Alom, n’est-ce pas ? Me venger en te tuant serait bien trop doux, la douleur d’un tendre amour arraché par son propre fils est bien plus distrayante. L’ancien Matthew aurait sans doute pensé comme ça, mais aujourd’hui il n’en est rien. Toi et moi nous l’avons aimé, mais un seul a décidé de la repousser. Pourtant tu l’avais également promis non ? L’abandonner pour lui donner une chance de retrouver une vie normale, une vie calme et paisible. Comme toujours je suis le seul à tenir mes promesses.

- Le père sème, le fils récolte.

J’adresse un sourire jaune à l’homme qui prononce cette phrase. Qui es-tu, étrange inconnu ? Pourquoi me regarde-tu en prononçant cette phrase ? Je vois bien qu’elle m’est destinée. Serais-tu un espion de Zark ? Apparemment tu sembles connaître mon passé. C’est Zark qui se sacrifie durant des années pour Ilana, et c’est moi qui la met enceinte. On pourrait croire que le destin fait mal les choses. En voulant arranger mes erreurs, je me suis retrouvé avec deux personnes de plus à dos. Mais comment leur en vouloir ? Au moins la haine les rendra plus fort. Le regard de cet homme est de plus en plus insistant, plus pesant. Que me veut-il cet idiot ? S’il continue de me fixer ainsi, je me ferais une joie de lui transpercer son cœur.

- On peut tout fuir, sauf sa conscience.

Que cherche-t-il à me dire avec ses stupides citations ? Que j’ai tort ? Que je devrais regretter ? Tu as choisis la mauvaise personne mon ami, je ne regrette jamais mes choix, même les pire. L’homme se lève alors de sa chaise et s’avance vers moi, ne laissant qu’un léger espace entre nous. Tu es bien trop près viel homme, je pourrais te tuer. Il sort alors une lame, et je reste immobile. Pourquoi suis-je incapable de bouger ? Incapable de parler. Comme toujours, dans les pires circonstances, je fais ce que je sais faire de mieux: la provocation.

- Je ne crains pas la mort.

J’esquisse un sourire, puis je le vois lâcher sa dague, la laissant tomber bruyamment sur le sol. Ma voix t’effraye ? Attends un peu de savoir ce que je suis capable de te faire. Etrangement je suis toujours bloqué, comme paralysé. Plongé dans l’incompréhension, cette fois c’est lui qui esquisse un sourire, avant de venir transpercer mon torse de sa main. Mon sang giclant, j’ai l’impression qu’il essaye de m’arracher tous mes organes en une seule fois. Que cherches-tu dans mon corps... Un cœur ? Tu n’en trouveras pas. Tu retires ta main de mon torse, mon sang coulant à flot, la douleur se faisant de plus en plus forte. Pourquoi est-ce que je ne guéris pas ? Pourquoi plus rien ne fonctionne chez moi... Je ne lâcherais pas un cri, même pas un léger soupir si c’est ce que tu attends. Mon corps tombe au sol, et j’aperçois près de moi le corps d’un bébé mort. Dois-je payer pour lui avoir arraché la vie ? Je la lui ai plutôt sauvée en agissant ainsi. Tu m’en veux terriblement Ilana, mais nous savons tous que je n’aurais pas été un bon père. J’aurais mené cet enfant à sa propre perte, tout comme je l’ai fait avec toi. Je sens ma respiration diminuer, puis le néant.


***


Je me réveille en sueur, tâtant mon torse pour vérifier qu’il ne saigne pas. Ces derniers jours je n’arrive plus à dormir, chaque fois plongé dans de mauvais rêves. C’est Elina qui risque de ne pas trop apprécier, étant donné qu’elle m’a fortement recommandé le repos. Mais l’on ne peut pas fuir sa conscience, et ces rêves ne disparaitront pas tant que je ne la reverrais pas en face. J’aurais bien aimé repousser ce jour-la le plus longtemps possible, mais il s’avère qu’aujourd’hui je n’ai plus vraiment le choix. J’ai peut-être foutu en l’air ma relation avec Zark dans le temps, mais désormais je ne ferais plus la même erreur. Et dire qu’autrefois j’aurais tellement apprécié son état actuel... Je me lève de mon lit et m’avance vers une commode dans laquelle j’ouvre le premier tiroir et en sort un collier. Je n’ai jamais été très doué en matière de bijoux, cadeaux et compagnie, à vrai dire j’aime peu ce genre de choses. Pourtant j’avais fabriqué moi-même ce collier pour Ilana. Un pendentif argenté avec une boule de cristal transparente à l’intérieur de laquelle tourbillonne une forme d’énergie, une partie de mon pouvoir que j’ai renfermé dans ce bijou. J’ai pensé que j’aurais pu te l’offrir avant de t’avouer mes sentiments, je t’aurais dit ces mots que tu aimes tant entendre. Je t’aurais dit que tant que mon cœur continuera de battre, mon énergie tourbillonnera autour de ton cou. J’avais le choix ce jour-la, t’offrir ce bijoux, ou t’effacer tes souvenirs de nous. J’ai pris ma décision, tout comme je l’ai fait lorsque je suis venu t’arracher cette petite vie qui grandissait en toi. Alors déteste-moi Ilana, hais-moi d’avoir pris les décisions les plus difficiles te concernant, et déteste-moi pour le fait de ne pas regretter ces choix.


- Il est temps de faire un bond dans le passé...

Je referme ma main sur le collier, le détruisant avec une minime boule d’énergie. Notre amour est détruit depuis des semaines, mais souviens-toi de ton passé Ilana. Rappelles-toi le bonheur que tu as vécu aux côtés de Zark. Il t’aimera bien plus que je n’aurais su le faire, et contrairement à moi, il ne te décevra plus. C’est peut-être trop te demander après tout ce que je t’ai fait subir, mais cette fois il ne s’agit pas de moi, à présent il s’agit de Zark. J’ai bien vu dans son regard la manière dont il m’a regardé, et toi aussi d’ailleurs. Suis-je le seul à avoir perçu toute cette haine ? Où est passé le Zark qui se battrait corps et âme pour sauver sa belle Ilana. Son amour pour toi n’a pas disparu, il est caché, quelque part en lui. J’ai bien tenté de le ramener à la raison, mais l’amour d’un fils est différent de l’amour d’une femme. Voilà ce qui explique ma présence en ces lieux, dans le repère de mon très cher père. Surprise... Je sais que je ne suis pas le bienvenue, mais puisque tu as décidé de résider chez Zark, alors je suis obligé de venir te chercher ici-même. Je te vois, assise sur une chaise en face d’une fenêtre. En réalité il n’y a que ton dos et tes cheveux bruns que j’aperçois.

- Il faut qu’on discute.

Je m’attends déjà à ce que tu te retournes lentement, ton regard à la fois vide et meurtrier me transperçant. Ta peau de plus en plus pâle. Ta voix, froide et sèche à la fois, me sortant les pires insultes. Tes mains légèrement tremblantes, ou alors tes poings fermés, prêts à frapper à la moindre occasion. Ma présence est peut-être de trop dans cette maison, mais je sais que tu réfléchiras un minimum avant de te jeter sur moi. Tu te poseras au moins cette question. Pourquoi suis-je ici ?
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Ilana Alom
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MessageSujet: Re: Il y a les bons et les mauvais souvenirs   Mer 4 Sep - 1:47

Vous savez, la journée, c’est facile. Facile de sourire, facile même de rire à une blague. Le sourire se dessine tout seul sur nos lèvres. Un putain de sourire de circonstance, mais qui satisfait tout le monde. Après tout, les gens se moquent que vous souffriez, se moquent que vous ayez pleuré toute la nuit. Devant eux, ils veulent simplement que vous fassiez comme si tout allait bien. Alors je le fais. J’ai ce putain de sourire joyeux sur les lèvres, mais mes yeux... Mes yeux ne trahissent pas mon chagrin. Ils renvoient à chaque personne qui me regarde ma haine, ma colère, ma tristesse. Les yeux légèrement injectés de sang, je erre dans les rayons. Il fait froid, je dois être dans le rayon des surgelés. Je ne fais même plus attention à l’endroit où je suis, je laisse mes pas me guider. Je sens le regard pesant et interrogateur de mes concitoyens, mais cela m’est égal. Je continue à marcher, le sol est froid sous mes pieds nus. Je n’ai même pas pris le temps de mettre mes chaussures, j’ai simplement décidé de transplaner. J’en ai besoin, il faut que j’en achète. Maintenant, tout de suite. Je n’avais même pas pris le temps de me coiffer et de m’habiller. J’avais une robe longue d’été qui tombait sur mes pieds, les cheveux longs légèrement décoiffés. Où est ce putain de rayon ? Je touche du bout des doigts les différents produits se trouvant sur les étalages. Ce n’est pas ce que je cherche. Je tente de retrouver dans mes plus anciens souvenirs où est ce putain de rayon ? A gauche de celui des légumes ou à droite de celui des cosmétiques ? Un déclic. Bien sûr qu’il est là. J’accélère le pas, je fais fi des voix lourdes de reproches qui affluent dans mes oreilles. Ils peuvent parler, ça m’est égal. J’en ai besoin, il faut que j’en achète. Me voilà devant. Mes yeux fixent cet objet que je veux tant, j’approche la main vers l’article. Elle reste à mi chemin entre mon corps et l’objet. Dois-je le prendre ? Ma main tremble, tout mon corps tremble. Les regards se font de plus en plus pesants. Un groupe de badauds s’agglutine autour de moi. Je sens leur regard lors de reproches et de moqueries. Ça m’est égal. Ils peuvent juger, je m’en fiche. J’approche un peu plus ma main, je caresse l’article. Mon corps est secoué de spasmes et les larmes coulent. Elles glissent sur mes joues, tentent de se frayer un chemin à travers mes lèvres. « Je...Il me les faut ! » Je répète cette même phrase, comme une litanie. Une litanie. Je tente de me persuader qu’il me les faut. A tout prix, j’en ai besoin. Il en a besoin après tout. Mon petit garçon en a besoin. « Un bavoir...il en a besoin. Puis il est si doux.» Je caresse le bavoir où est marqué ; « Maman cuisine comme un chef ». Les spasmes de mon corps s’intensifient. Maman. Maman. Maman. Ce mot percute chaque recoin de mon corps, et j’ai mal. J’ai si mal, car je ne l’entends pas. « Maman...Maman...» Je sens une pression sur mon avant-bras tendu vers l’objet maudit. « Mademoiselle... tout va bien ? » Non, ça ne va pas. Je crève intérieurement, je souffre mais personne ne le voit hein. Je souris, je souris encore. Pourquoi personne ne voit mon chagrin ? Pourquoi est-ce que tout le monde s’en fiche ? Mon coeur est serré dans une main de fer, et je n’arrive pas à l’en défaire. Qui pour m’aider ? « Je... Vous entendez les pleurs ? » Mon fils, il pleure. Je me mets à courir dans les rayons en le cherchant. Mes yeux cherchent mon fils, il cherche cette petite tête aux cheveux bruns. « Mon bébé... il pleure ! Vous n’entendez pas ! » Je percute de plein fouet trois personnes. Je ne comprends pas qu’il s’agit de la sécurité. Je me débats, je pleure. « Mais vous n’entendez pas... il a besoin de moi ! Aidez-moi ! » Ils esquivent mes gestes brusques et mes tentatives de départ. Ils me coincent contre un mur, les larmes coulent encore sur mon visage. Je leur murmure, je leur susurre à l'oreille. « Vous savez... il aurait été épatant.»


Je secoue la tête, mes yeux retrouvent un éclat de vie. Ma main serre plus fort que de raison ma tasse de café. Je viens de revivre ce mauvais souvenir. Encore, encore et toujours. Il s’est passé il y a sept semaines, quelques jours après... Après... Je n’arrive toujours pas à formuler ce qui m’est arrivé. Ce qu’il a fait, je ne peux pas. Mais je vais mieux. Oui, je vais beaucoup mieux. Je ne fais plus de crises d’hystérie. Grâce à lui. Grâce à Zark, j’arrive à contrôler mes émotions. J’arrive de nouveau à contrôler mes pouvoirs, et ça fait un bien fou. Un bien fou de pouvoir avoir le contrôle sur sa personne. Lorsqu’il est venu me chercher dans ce supermarché, j’étais au fond du trou. Je pensais m’y enfoncer jusqu’à ce que la mort vienne me chercher. Il ne m’a pas laissée m’enfoncer. Il était là, et je lui en serai reconnaissante jusqu’à la fin de mes jours. Je bois une petite gorgée de ma tasse de café. Il doit dormir à l’heure qu’il est. Il est tard, je vois la lune se lever à travers la fenêtre. Le soir, c’est plus difficile. Je n’ai rien à faire. Ni courses ni shopping et je... Je pense. J’arrive à repenser à ce petit être qui grandissait en moi. J’arrive à... Il n’aurait pas été heureux. Il n’aurait pas pu vivre dans un monde équilibre. Je ne veux pas que mes enf...enfants vivent dans un tel monde. J’aimerai pouvoir le quitter mais Zark me retient ici. Il ne me l’a jamais dit clairement mais je le sens. Je sens qu’actuellement, je ne suis pas assez forte pour m’éloigner de lui. Il est mon pilier, la seule personne qui m’a raccrochée à la vie lorsque je ne pensais qu’à me foutre en l’air. Je m’apprête à boire une seconde gorgée, lorsque je sens ta présence. Tu es là, juste derrière moi. Je saurais reconnaître ton odeur et ta chaleur peu importe l’endroit, peu importe le nombre de personnes entre nous. Je sens les battements de mon coeur s’accélérer, le sang pulser dans mes tempes. « Il faut qu’on discute.» Je ferme mes yeux. Respire Ilana, ne le laisse pas avoir cet ascendant sur toi. Tu es plus forte que lui Ilana. Respire. Je sais qu’il y a encore quelques semaines, je me serais déjà jetée sur lui pour lui faire mal. Lui faire mal autant qu’il m’a fait mal. Mais pas aujourd’hui, pas ce soir. « Tu as un sacré culot de venir ici.» Mon ton est calme, atrocement calme. Il ne trahit ni haine ni colère. Je n’ai pas encore la force de me tourner vers toi, pas la force de te fixer de nouveau. La dernière fois que j’ai posé mes yeux sur toi, j’étais en train de mourir. En train de crever, et tu n’avais pas bougé. Tu m’as laissée me vider de mon sang, et tu n’as pas fait un geste. « N’essaye même pas. » Je serre ma tasse tellement fort que mes veines ressortent sous ma peau. Je sens que je vais exploser, il ne faut pas. Il n’a plus aucun effet sur toi Ilana, souviens-toi. Souviens toi de ce que Zark t’a dit. Il faut que tu sois plus forte que ta haine et que ta tristesse. Le chagrin s’apprivoise. Tu as déjà fait tant d’efforts, ne le laisse pas tout foutre en l’air. « Pars.» Je finis par me lever de ma chaise. Je ne me retourne pas encore. Ai-je la force ce soir de te faire face, ai-je... Je me retourne dans un volte-face. Je ne te vois pas, mes yeux ne se posent pas sur ton corps. Pas encore. «  Pars ! Dégage de chez moi ! » Chez moi, ces deux mots résonnent dans le silence de la pièce. Je me sens bien ici, moins seule que dans ma maison à moitié ravagée par l’incendie. Je finis encore par te regarder. Mon coeur s’accélère. Si autrefois il battait au rythme de l’amour, aujourd’hui il bat au rythme de la haine. Mes muscles se contractent, mon visage tique légèrement. Ma mâchoire est serrée, je siffle entre mes dents. « Pars Matthew.» C’est la première fois que je dis ton nom. Il m’écorche les lèvres. Je ne veux plus te voir. Jamais.
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Matthew Storm

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MessageSujet: Re: Il y a les bons et les mauvais souvenirs   Mer 4 Sep - 13:25

« L'ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. Voilà l'équation. »

Ce jour-la nous ignorons tous les deux de quoi j’étais capable. Pourrais-je te faire du mal ? Je t’avais pourtant juré que jamais je ne me le permettrais. J’ai mentis, je t’ai regardé droit dans les yeux et j’ai dit ce mensonge. Tout allait beaucoup trop vite Ilana, je ne contrôlais plus rien, et tu sais bien à quel point je déteste ne pas avoir le contrôle des choses. Ton amour, ce bébé... L’impression que le destin me forçait la main, que je n’avais plus d’autres choix, que mon avenir était déjà scellé. J’ai ressentis la peur à ce moment-la, je ne voulais pas être un mauvais père ni un mauvais mari. Je ne voulais pas de cette vie, je n’étais pas prêt. Alors je réagis comme toujours, tentant de changer le destin, de donner un nouveau tournant à mon futur. On pourrait croire que ma décision était égoïste, que j’aurais pu agir autrement. Pourtant j’ai essayé d’accepter la situation, j’ai essayé de me convaincre qu’on pourrait être heureux. Puis il y a eu les Princes, les menaces et cette vision. Alors j’ai compris, toi et moi ne sommes pas du même monde. Ilana Alom et Matthew Storm ne pourraient jamais être heureux ensemble. Tu me connais Ilana, non ? Tu sais bien que j’aime avoir le choix, mais les murs se refermaient autour de moi, et je ne voyais qu’une seule solution, mettre un terme à tout ceci. Tuer cet enfant, te faire souffrir. Je t’avais bien dit qu’avec moi tu aurais trop de problèmes. Pourquoi ne m’as-tu pas écouté ? Pourquoi ne m’as-tu pas repoussé ? Pourquoi a-t-il fallut qu’il y ait cet enfant...

- Tu as un sacré culot de venir ici.

La première étape est l’ignorance. Nous ne savons pas de quoi l’autre est capable. Nous n’arrivons plus à le discerner, à comprendre sa façon de penser, à deviner ses actes. Puis vient la peur, pourra-t-il me faire encore du mal ? Où est passé l’homme que j’avais connu, celui que j’ai aimé. Vient-il m’achever une bonne fois pour toute ? Sommes-nous obligés d’en venir à la conclusion ? Aujourd’hui la violence ne nous apportera rien, à part peut-être te défouler.

- Pars ! Dégage de chez moi !

Ta voix est calme bien que légèrement tremblante. Je te dégoute... C’est mieux ainsi. Alors tu as décidé d’aménager chez Zark définitivement ? Peut-être une bonne chose pour toi, du moins ça le saura lorsque mon père redeviendra celui qu’il était. Tu te retourne enfin, et j’aperçois tes yeux, encore un peu gonflés. As-tu passé tous ces jours à pleurer ? La perte d’un enfant est vraiment cruelle, mais je ne m’imaginais pas que ça t’atteindrait autant. En fait si, je me l’imaginais très bien, mais je préférais ne pas y penser.

- Pars Matthew.

N’as-tu donc pas autre chose à me dire ? Pars. C’est le seul mot qui te vient à l’esprit ? Allons, tu peux faire mieux Ilana, où sont passés tous ces piques que tu t’amusais tant à lancer à tes ennemis ? Où est passée ta rage, ton envie de te battre ? Derrière ce calme, j’ai l’impression que tu es anéantie. Ma simple présence te détruit. Je suis navré, mais il faudra que tu fasses avec, car je ne me déciderais pas à partir tant que je n’aurais pas ce que je veux.

- Je partirais lorsque j’aurais accompli ce pour quoi je suis venu. Tu devras supporter ma présence encore quelques minutes.

Insupportable, misérable, exécrable, insensible... Tu peux penser tous ça de moi, d’ailleurs je ne te contredirais même pas. Tu t’attendais à des excuses Ilana ? A quoi bon, tu ne me pardonneras jamais. De toute façon je n’ai pas besoin qu’on m’offre le pardon. Je regarde un peu autour de moi, observant un peu mieux la maison de Zark. Les rares fois où je suis venu ici, c’était pour tout détruire. Rassure-toi Ilana, aujourd’hui je ne suis pas venu pour ça, la destruction, je la réserve pour d’autres personnes.

- Je ne serais pas là si ce n’était pas important. Il s’agit de Zark, il a besoin de toi. Après tous ce qu’il a fait pour toi, tu lui dois au moins ça.

Je n’emploie peut-être pas les bons mots, mais au moins je suis direct et je ne tourne pas autour du pot. Plus vite les choses seront dites, plus vite nous pourrons agir, et plus vite je partirais de cette maison. Avant que tu ne dises le moindre mot, je reprends la parole, t’annonçant ma vision des choses.

- Toi qui cohabites depuis des semaines avec Zark, tu aurais dû remarquer qu’il était différent. Il est plus... sombre. Il a besoin de ton amour pour redevenir celui qu’il était.

Oui je sais, j’ai le culot de faire des reproches et de parler d’amour et blablabla... Ne jouons pas aux enfants à nous balancer des piques, je ne suis pas venu pour ça. Et même si ma voix est dure, plus tu seras coopérative, et plus vite tu seras débarrassée de moi. Alors Ilana, quel sera ton choix ? Tiens-tu d’abord à reparler des souvenirs douloureux ? Ou voudras-tu simplement coopérer pour que je dégage d’ici. Je te laisse le choix, mais si tu optes pour la première option, sache qu’une fois de plus je ne serais pas tendre avec toi.
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Ilana Alom
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MessageSujet: Re: Il y a les bons et les mauvais souvenirs   Mer 4 Sep - 13:54

Tu me fais toujours face. L’air fier, triomphant. J’aimerai t’arracher avec mes ongles l’air sûr de ton visage, ce regard déterminé. Tu me fixes. Tes yeux s’absentent quelques instants dans les miens. Mes yeux rougis, légèrement boursoufflés te montrent mon chagrin. Ils te prouvent à quel point tu m’as fait mal. A quel point la guérison sera longue. Mon coeur va bien, je n’ai plus aucune séquelle de ton crime. Plus rien. Mais mon âme est un chantier à reconstruire. Un chantier dont je serai le seul architecte. Personne ne pourra m’aider à aller mieux si je n’y crois pas moi-même. Si je ne crois pas que quelque part, je pourrais trouver le bonheur. « Je partirais lorsque j’aurais accompli ce pour quoi je suis venu. Tu devras supporter ma présence encore quelques minutes.» Mon visage se crispe, mes poings se serrent légèrement. Je sens mes ongles pénétrer dans ma chair. Je me fais mal pour empêcher de te faire mal. A quoi servirait donc un combat ? A quoi servirait ta mise à mort ? A me soulager, peut-être. Mais seulement quelques minutes, quelques heures. Pas plus. Je ne serai pas en paix si tu meurs, je le sais. Aussi difficile que c’est pour moi de l’accepter, il faut que tu vives. Que tu vives pour qu’un jour tu vois que j’ai réussi à remonter la pente. La pente sur laquelle tu m’as sans regret poussée. « Je ne serais pas là si ce n’était pas important. Il s’agit de Zark, il a besoin de toi. Après tous ce qu’il a faits pour toi, tu lui dois au moins ça.» Comment....comment peux-tu me parler de Zark ? Comment peux-tu parler de besoin ? Il y a une époque où j’avais besoin de toi Matthew. Seulement de toi, et tu m’as tourné le dos. Pire, tu m’as porté le coup de grâce. Alors qu’en sais-tu des besoins de ton père ? Tu ne t’en es jamais soucié. Je t’entends déjà me dire que tout est plus compliqué, que je ne suis pas au courant de tous les recoins de votre petite relation père-fils, mais je m’en tape. Tu m’entends Matthew ? Je m’en fiche. Je n’ai que fi de tes jérémiades ou tes tentatives d’excuses. D’ailleurs, j’attends encore que tu t’excuses. Pardon, Ilana, pardonne-moi. Tu sais très bien que jamais je ne te pardonnerai alors tu ne dis rien. C’est sans doute mieux comme ça. Tu restes ancré au sol, solide sur tes deux pieds. Mon corps tremble légèrement, mais tu ne le vois pas. Je tente de rester forte devant toi. Quand tu seras de nouveau parti, je sais que je m’effondrais. Je m’effondrai sur cette chaise et je passerai la nuit à penser. A penser à ce qu’aurait pu être notre vie, ma vie à tes côtés. Ses pensées me font souffrir, mais il faut que j’arrive à me convaincre que... Je n’aurais pas été heureuse.

« Toi qui cohabites depuis des semaines avec Zark, tu aurais dû remarquer qu’il était différent. Il est plus... sombre. Il a besoin de ton amour pour redevenir celui qu’il était.» De quoi parles-tu encore Matthew ? Pourquoi faut-il toujours que tes propos soient sibyllins ? Mes yeux te fixent toujours, ta silhouette n’a plus aucun secret pour moi. Que veux-tu que je réponde à ça Matthew à part « Dégage.» Un fou rire me prend, bêtement. Le mot « amour» vient de résonner en moi avec ta voix, et là c’est juste...hilarant, oui hilarant. Mon rire devient tonitruant, presque inquiétant. Je m’avance vers toi, gardant tout de même une distance de sécurité entre nous. « Putain alors ça, c’est la meilleure. Le grand Matthew Storm qui vient me donner des conseils sur l’amour. Ne parle pas de ce que tu ne connais pas. Ne parle pas de ce sentiment qui t’est inconnu.» Mon ton est neutre, mon rire a cessé. Je ne te quitte plus des yeux. Tu vois Matthew, je suis assez forte pour te faire face. Je n’ai plus peur de mon humeur lunatique. Je sais apprivoiser mes sentiments et mes crises de colère. J’ai appris en sept semaines, tellement appris. « Tu ne connais rien de ce sentiment qui dévore tout ton corps. Ce sentiment qui te donne envie de toucher l’être aimé à chaque instant, de lui faire l’amour encore pour lui prouver que son corps vaut toutes les saveurs exotiques du monde. L’amour c’est meilleur que le pouvoir, la force mais ça... Je ne sais même pas je parle de ça avec toi. Casse-toi Matthew...» Je me retourne pour aller m’asseoir de nouveau et de finir mon café qui va bientôt refroidir. Puis, je me retourner. « Non en fait Storm, va te faire foutre. Va te faire foutre car tu n’as pas eu le cran de faire face à tes propres sentiments. Va te faire foutre si tu ne comprends pas ce que je ressens. Va te faire foutre avec ton conseil qui n’en est pas un. Je sais très bien ce qui se passe chez moi. Je n’ai pas besoin de tes putain de conseils pour savoir ce qui se passe entre Zark et moi.» Je finis encore ma tirade, j’ai laissé mes émotions parler. Ça fait un bien fou, c’est libérateur. Je ne te montre d’un geste du menton la sortie. Tu n’as rien à faire ici, Matthew.
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Matthew Storm

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MessageSujet: Re: Il y a les bons et les mauvais souvenirs   Mer 4 Sep - 15:05

"La vie réserve bien des chagrins, bien des déceptions cruelles."

La vie n’est qu’un tumulte d’évènements auquel nous devons chaque jour faire face. Il y a les périodes où tout va bien, où nous arrivons à être heureux. Il y a les moments tragiques qui nous rendent tristes. Il y a ces choses qui nous dépriment. Alors dites-vous simplement que c’est la vie, que vous n’y pouvez rien. Il suffit simplement de ne pas baisser les bras, d’avoir du courage et de continuer à se battre. Et toi Ilana tu as cette force, cette rage qui te permettra d’aller encore très loin. Au final nous sommes un peu pareil, nous subissons, et nous nous battons pour éviter de reproduire les mêmes erreurs.

- Putain alors ça, c’est la meilleure. Le grand Matthew Storm qui vient me donner des conseils sur l’amour. Ne parle pas de ce que tu ne connais pas. Ne parle pas de ce sentiment qui t’est inconnu.

Alors quoi, tu prends l’option reparlons des mauvais souvenirs ? Tiens-tu réellement à ça ? Je sais bien manipuler les mots Ilana, je pourrais t’enterrer avec de simples paroles. Mais à quoi bon ? Si tu as besoin de te défouler, alors défoules-toi, je t’en prie, j’attendrais que tu termines. Tu tiens réellement à parler d’amour avec moi ? Toi qui est passée du père au fils sans la moindre hésitation. Si tu aimais Zark, pourquoi t’être rapprochée de moi ? Pourquoi ne pas m’avoir repoussé, comme tu le faisais si bien durant des années ? Mon rapprochement avec toi était au départ tout à fait calculer, je voulais faire souffrir Zark, et tu m’y as aidé sans poser de questions. Moi j’avais ce but en tête, mais toi, que pensais-tu réellement durant ces premières conversations. L’amour je préfère ne pas le connaître, l’amour cause bien trop de ravages pour me donner envie d’y goûter.

- Tu ne connais rien de ce sentiment qui dévore tout ton corps. L’amour c’est meilleur que le pouvoir, la force mais ça... Je ne sais même pas pourquoi je parle de ça avec toi. Casse-toi Matthew...

Encore une fois tu me repousses, mais tu sais bien que je ne partirais pas, et ce n’est pas toi qui m’y obligeras. Tu peux toujours t’en aller si ma présence t’oppresse, mais je ne bougerais pas d’ici, et je t’attendrais jusqu’à ton retour, et l’on sait tous les deux que tu as besoin  d’être dans cette maison. Voilà en quoi nos deux mondes sont différents Ilana, tu ne vois que par l’amour et le bonheur d’une famille, mais moi ça n’a jamais été mon objectif. Dans le monde des démons, on a besoin du pouvoir pour être heureux, et je n’abandonnerais pas ce combat pour l’amour. Nous ne sommes pas pareils, nous n’avons pas la même façon de penser, nos cœurs sont opposés. Gardes ce cœur plein de bonté Ilana, des tas de personnes l’envierait, peut-être bien que moi-même je l’envie. Mais je me contenterais du cœur noir que je possède, celui qui fait que je respire encore aujourd’hui.

- Va te faire foutre car tu n’as pas eu le cran de faire face à tes propres sentiments. Va te faire foutre si tu ne comprends pas ce que je ressens. Va te faire foutre avec ton conseil qui n’en est pas un. Je sais très bien ce qui se passe chez moi. Je n’ai pas besoin de tes putains de conseils pour savoir ce qui se passe entre Zark et moi.

Entre Zark et toi. En vérité ça a toujours été ainsi, je n’étais que de passage dans ta vie, un simple moment d’égarement. Je ne le supportais pas, tu savais pourtant bien que je déteste partager. Pourquoi es-tu venue à moi... Nous aurions dû continuer à nous détester toute notre vie, les choses étaient bien plus simples avant. J’attends quelques secondes, me demandant si tu as l’intention de bavarder encore un peu. Un petit silence s’installe, je suppose que c’est à mon tour de parler. Une fois de plus, tu risques de ne pas trop apprécier mes mots.

- Tu as fini ?

Toujours ce même ton dur que tu détestes tant. Toujours cette face qui ne montre rien, ni joie, ni tristesse, rien. Je ne montre rien car je ne ressens plus rien. Un vide total de sentiments. Le vide, tu as l’air d’être en plein dedans, alors ce n’est pas la peine de te le décrire. J’irais donc me faire foutre lorsque Zark redeviendra celui qu’il était, car contrairement à ce que tu peux penser, son sort ne m’est pas indifférent.

- Toi qui vois si bien les choses, alors ouvres les yeux Ilana. Ne vois-tu pas ce vide dans son regard ? N’as-tu même pas remarqué que sa voix est plate, complètement dénuée de sentiments. Il ne ressent rien parce qu’il a décidé d’éteindre sa part de sentiments, et tu en es la cause. Alors il n’y a que toi qui peux le faire revenir à la raison.

Comme tu l’as remarqué je suis venu dans un but précis: Zark. Je ne suis pas venu pour parler de moi et de mon comportement indécent. Je ne suis pas venue pour te réconforter ou savoir comment tu vas. Je ne suis pas venu pour parler d’un nous, d’un bébé ou d’une famille qui n’aurait jamais existé. Zark est ma seule priorité, et je ne débattrais pas sur autre chose tant que tu n’agiras pas dans son intérêt.
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Ilana Alom
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MessageSujet: Re: Il y a les bons et les mauvais souvenirs   Mer 4 Sep - 15:37

A un moment précis de la vie, il y a une fourche. Un chemin partant vers la droite et un autre partant vers la gauche. Ils sont si similaires lorsque l’on les regarde vaguement. Pourtant, ils sont si différents. Ils nous mènent à des situations si différentes. Où était cette fourche ? Où ai-je pris le mauvais chemin ? J’ai cherché puis j’ai fini par trouver. La cascade, ce moment, notre premier moment d’intimité. Je n’aurais jamais dû me laisser aller ainsi. J’aurais dû reculer au lieu d’avancer. J’aurais dû t’ignorer au lieu de me rapprocher de toi. J’aurais dû... mais je n’ai pas fait. J’ai pris ce putain de chemin qui n’était pas le bon, et voilà le résultat. « Tu as fini ? » Tu emploies encore ce ton froid. Une envie de te faire ravaler ton petit ton supérieur me prend, mais j’essaye de me contrôler. J’ai réussi à rester calme dans mes gestes depuis le début, ce n’est pas le moment pour tout faire capoter. Je regarde tes yeux et encore j’y vois le néant. Rien, comme si tu ne vivais pas. Comme si tu ne connaissais aucun sentiment. Comme si ton coeur s’était arrêté de battre. Pourquoi n’existe-t-il pas une flamme dans tes yeux ? Cette flamme qui me montrerait que tu es un homme, et non plus un automate. Un automate qui n’agit que pour le pouvoir et la force. Mais je ne la vois pas, l’ai-je déjà vue ? Je ne sais pas. Je ne tiens pas à le savoir. J’ai envie mes sentiments passés, et je ne veux pas que de nouveau ils se ravivent en moi. Plus jamais ils ne pourront se raviver. « Toi qui vois si bien les choses, alors ouvres les yeux Ilana. Ne vois-tu pas ce vide dans son regard ? N’as-tu même pas remarqué que sa voix est plate, complètement dénuée de sentiments. Il ne ressent rien parce qu’il a décidé d’éteindre sa part de sentiments, et tu en es la cause. Alors il n’y a que toi qui peux le faire revenir à la raison.» Je mentirais si je disais qu’une partie de ce que tu dis résonne en moi. Bien sûr que j’ai remarqué son absence. L’absence d’intonation dans sa voix, l’absence de lueur dans ses yeux. Pourquoi ne lui ai-je pas posé la question ? Je ne sais pas... Sans doute, étais-je trop perdue dans mon propre malheur, dans ma propre tristesse.

« Quelle égoïste...» Ces deux mots passent la barrière de mes lèvres dans un souffle. J’avais vu mais je n’avais pas voulu comprendre. Comprendre que quelque chose avait changé en Zark. Je le vois bien quand il me parle. Ses yeux sont fuyants, ses gestes sont flous. Que lui arrive-t-il ? Pourquoi n’ai-je pas cherché à savoir ? Je n’avais pas saisi encore la grandeur de mon égoïsme pendant ces dernières semaines. Je me déteste pour cela Zark. Je me déteste de ne pas avoir vu que toi aussi tu souffrais. Je fixe Matthew de nouveau. Je n’arrive pas à croire que ce soit lui qui m’ait  enfin ouvert les yeux. Encore lui, toujours lui. Je ne te ferais pas le plaisir de te dire ce que je pense de tout ça. Que j’ai encore une fois merdé dans ma relation avec Zark. Comme j’ai merdé il y a quelques mois lorsque je t’ai laissé m’approcher. Je n’arrive pas à croire que nous en soyons arrivés là Zark. Je suis désolée. Si je pouvais te le dire, je le ferais tu le sais ça ? Mais je n’y arrive pas. Te demander pardon me semble inutile. J’ai été enceinte de ton fils et ça... Je n’arriverais pas à me le pardonner. Alors comment pourrais-tu toi le faire ? Dans notre relation, il y a eu tant de pardons et de réconciliations... Pourrons-nous encore nous pardonner ? « Je vais lui parler. Mais avant...» Je fais de nouveau quelques pas vers toi. Je m’approche encore et encore. Que fais-je ? Vais-je de nouveau me perdre dans tes yeux ? Non bien sûr que non. Tu vois à mon regard froid et déterminé que plus jamais je ne reviendrais en arrière. « Je suis désolée Matthew. Désolée que nous nous soyons rapprochés, désolée que nous nous soyons embrassés, désolée de t’avoir aimé. J’ai fait un nombre incalculable d’erreurs depuis que je suis arrivée à PassMagic, mais ma grande plus grande erreur est certainement celle de t’avoir aimé. Mais j’en ai pris note, et j’arriverai à vivre avec cet impair, cette maladresse... Appelle ça comme tu le souhaites.» La nuit vient de tomber sur PassMagic, seule la lumière de la lune nous éclaire. Nous n’arrivons presque plus à distinguer nos deux corps dans la pénombre dans la nuit, mais c’est sans doute mieux que comme ça. J’attends que tu t’en ailles, j’attends que le soleil se lève pour enfin avoir la discussion tant redoutée avec Zark.
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Zark Belsefir
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MessageSujet: Re: Il y a les bons et les mauvais souvenirs   Mer 11 Sep - 20:32

//Une décision, un plan, toute une stratégie que Zark avait mise en place depuis ce fameux jour… Ce jour où Ilana avait perdu l’enfant qu’elle portait de Matthew, ce jour où Zark s’était définitivement ôté tout sentiment. Plus d’un mois s’était écoulé depuis lors, et pourtant, aujourd’hui, Ilana vivait chez lui. Pourquoi l’avoir aidée ? Pourquoi l’avoir recueillie alors qu’il ne ressent plus rien ? Qu’a-t-il donc en tête ? Tant de questions que l’on pourrait aujourd’hui lui poser, et auxquelles il ne pensait pas avoir à répondre, jusqu’à il y a quelques jours.//

//C’était un après-midi ordinaire, du moins pour le démon. Chaque jour, il disparaissait de son repère pour une bonne partie de la journée, mais repassait de temps à autres pour prendre des nouvelles d’Ilana. A certaines reprises, surtout au début, il avait dû se montrer beaucoup plus présent qu’il ne l’aurait pensé. La jeune femme allait très mal, et ne parvenait pas à se remettre de la perte de son enfant. Comment oublier cette fois où il avait dû se rendre au centre commercial pour aller la chercher et la ramener à son repère, après qu’elle se soit mise à hurler que son bébé pleurait et que personne ne l’entendait. Toute cette épreuve l’avait atteinte beaucoup plus que ce que le démon n’aurait cru. Le temps de la guérison allait être long, mais Zark prendrait son mal en patience, car ce qu’il prévoyait était encore pire…//

//Pourquoi attendre qu’elle se remette ? Pourquoi ne pas l’achever maintenant ? Parce que malgré tout ce qu’il s’était passé, ce n’était toujours pas suffisant pour pallier la souffrance qu’elle lui avait infligé en lui préférant son fils… La chair de sa chair… Zark ne voulait pas seulement qu’elle souffre, il voulait qu’elle se remette afin de frapper encore plus fort et définitivement lui retirer goût à la vie, que plus jamais une vague de bonheur ne puisse la traverser, il voulait achever ce qu’il restait de son mental et qui lui permettait encore de tenir debout et de s’accrocher, à tel point qu’il lui ferait naître l’envie de se rendre chez les Princes et de prier pour que ces derniers aient la bonté d’achever ses souffrances. Mais qu’elle se rassure, elle n’allait pas être seule dans cette épreuve, Matthew ne tarderait pas à la rejoindre ç son tour.//

//Vous l’aurez compris, Zark a soif de vengeance, et détruire sa bien-aimée comme son propre fils ne lui poserait pas le moindre problème dans l’état actuel où il se trouvait. Il ne ressentait plus rien, seule la rancœur et la colère l’animent aujourd’hui. Mais ce qu’il ne savait pas encore, c’est que malgré tous les efforts qu’il avait mis afin de se préoccuper d’Ilana et d’éloigner définitivement tout soupçon de ses véritables intentions, il y avait quand même quelqu’un qui avait fini par se rendre compte de son comportement… et ce quelqu’un n’était autre que son fils.//

//Ce fameux après-midi, alors que Zark terminait de mettre au point l’un de ses nouveaux plans avec Lucy, sa nouvelle alliée, Matthew fit son apparition. Il avait donc trouvé le nouveau repère où il se terrait avec Lucy pour préparer ses projets. Jusque-là rien d’anormal, si ce n’est que Matthew avait entendu certaines choses qui le concernaient également personnellement, en plus du fait que Zark avait dit à Lucy qu’il avait l’intention de s’occuper d’Ilana de sorte qu’elle ne puisse plus jamais nuire à personne. Bon très bien, Matthew savait donc maintenant que Zark avait l’intention de nuire à Ilana, et alors qu’est-ce que ça changeait ? Après tout il avait bien lui-même failli la tuer sans que ça ne lui pose plus de problème que ça, et même s’il tentait malgré tout de la prévenir, Ilana ne l’écouterait probablement jamais après ce qu’il lui avait fait. Cela dit, c’est sans doute le fait d’avoir compris que Zark destinait également quelque chose à Matthew, sans qu’il n’ait pu entendre ce que c’était, qui avait dû lui problème. Car en effet, Zark, en revenant dans son repère ce soir-là, croisa Matthew, face à Ilana.//

//Le démon venait tout juste d’apparaître lorsque le regard de Matthew et d’Ilana se posèrent sur lui. Qu’est-ce que Matthew avait eu le temps de dire à Ilana ? Peut-être bien tout. Zark allait donc devoir agir plus vite que prévu… Cela dit, c’était en lui qu’Ilana avait actuellement confiance, certainement pas en Matthew. Il restait donc encore une chance pour que la conversation que Matthew venait d’avoir avec Ilana n’aboutisse à rien. Zark tenta de se mettre à la place d’Ilana. Que voulait-elle à cet instant ? Sans doute que Matthew fiche le camp de son repère. D’ailleurs, Zark était même très étonné de voir que son repère était toujours en état et que la jeune femme n’avait pas déjà sauté sur Matthew pour l’étrangler. Il se tourna vers Ilana.//

- Est-ce que tout va bien ?

//Tout n’était peut-être pas encore perdu… Le démon se tourna donc vers son fils et serra la mâchoire, ne prononçant qu’une seule phrase à son attention.//

- Dégage Matthew…

//Il ne pouvait peut-être plus éloigner les soupçons que Matthew avaient à son égard, mais tant pis, il agira plus vite que prévu avec Ilana. Le fait qu’elle ne se soit pas battue avec Matthew prouvait qu’elle était prête à ce que Zark lui porte le coup de grâce. Il ne manquait plus qu’une seule chose… que Matthew disparaisse de son repère…//

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Matthew Storm

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MessageSujet: Re: Il y a les bons et les mauvais souvenirs   Jeu 12 Sep - 23:18

« Parfois le mensonge explique mieux que la vérité ce qui se passe dans l’âme. »

Il y a ces mots prononcés à voix haute qu’on n’aurait jamais voulu entendre. Ces vérités qui nous éclatent en pleine face, sans même nous avoir laissé le temps de nous armer pour pouvoir y faire face. Ces mensonges que nous faisons croire, mais qui au final se retournent contre nous. Où étaient la vérité et le mensonge dans mon histoire avec Ilana ? Ai-je réellement eu des sentiments pour elle ? M’a-t-elle aimé ? Il y a des questions, et il y a des phrases pour y répondre. Mais parmi elles, il ne reste qu’une seule véritable question sans réponse. Vérité ou mensonge ?

- Je suis désolée Matthew.

Je réalise seulement maintenant que tu t’es rapprochée de moi. Pourquoi ? Je croyais te répugner, t’écœurer. Alors pourquoi te rapprocher si près ? Et ce mot: désolée. Dans la logique des évènements, ça devrait être à moi de te demander pardon et à toi de me répondre froidement. Pourquoi es-tu désolée ? En fait je ne voulais pas connaître la vérité.

- Désolée que nous nous soyons rapprochés, désolée que nous nous soyons embrassés, désolée de t’avoir aimé. J’ai fait un nombre incalculable d’erreurs depuis que je suis arrivée à PassMagic, mais ma grande plus grande erreur est certainement celle de t’avoir aimé. Mais j’en ai pris note, et j’arriverai à vivre avec cet impair, cette maladresse... Appelle ça comme tu le souhaites.

Erreurs, maladresse… Ce sont les deux mots que je retiens. Alors tu m’as mentis durant tous ce temps. Je le savais, en fait je l’ai toujours su, mais j’osais espérer avoir tort. Pourquoi me suis-je lancé dans cette relation avec toi Ilana ? C’était Zark, et ce sera toujours lui. Je le savais dès le début mais à l’époque, je voulais réellement croire qu’un "nous" aurait pu être possible. Tu dis que je ne connais rien en l’amour ? J’aurais préféré, sincèrement Ilana, j’aurais voulu ne jamais t’avoir aimé. Pourtant les choses ont tournées autrement, et tous ce qu’il se passait autour de moi m’échappai. Je voulais t’aimer, je voulais partir avec toi, tenter l’inconnu à tes côtés. J’ai espéré qu’on puisse vivre heureux. Malgré mes sentiments, je t’ai repoussé, encore et encore. Pas parce que je ne t’aimais pas. Pas parce que je ne voulais pas renoncer au pouvoir pour toi. Simplement parce que j’étais bloqué, ma vie de démon m’en empêchait. Je ne voulais pas avoir ta mort sur la conscience, je ne voulais pas t’empêcher de vivre une vie normale. Sais-tu tous les sacrifices que j’ai faits pour toi ? Crois-tu réellement que te faire souffrir m’enchante ? Je le fais parce que je n’ai pas le choix, alors déteste-moi Ilana, aide-moi à ne plus éprouver de remord lorsque je te tourner le dos. Tu dis que le pouvoir n’amène pas le bonheur, mais moi, j’en ai besoin pour pouvoir vivre comme je le souhaite. Si je gouverne l’Enfer, je n’aurais plus personne pour me poser d’interdits. L’amour te rend heureuse ? Moi il me détruit. Voilà pourquoi mon cœur est si noir aujourd’hui, voilà pourquoi je suis devenu ce véritable salop que tu méprises tant. C’est l’amour qui m’a rendu ainsi.

- Est-ce que tout va bien ?

Sa voix résonne dans ma tête. Et de nouveau le preux chevalier est venu à la rescousse de sa princesse en détresse. Avec lui Ilana tu pourras vivre heureuse, du moins lorsqu’il retrouvera toute sa lucidité. Tous ces sacrifices, je les aurais faits pour toi. Finalement je n’aurais même pas eu le temps de répondre à tes excuses, tant pis. Je pose mon regard sur Zark qui semble te scruter, comme si qu’il était à la recherche d’une quelconque blessure. Allons Zark je ne suis mauvais à ce point, je ne vais pas m’attaquer à elle sans la moindre raison.

- Dégage Matthew…

Tu te décides enfin à te retourner vers moi, quelle délicate attention. Coucou papa, c’est moi, ton fils, tu t’en souviens ? Ce n’est pas très gentil de parler comme ça à son enfant. On est même plus bien accueillis chez ses parents...

- Après avoir passé la journée auprès de cette chère Lucy, tu te décide enfin à rentrer pour retrouver ta tendre Ilana. Attention Zark, il va falloir faire un choix.

Toujours présent pour lancer des piques à mon père, on ne change pas les vieilles habitudes. J’adore aussi mettre de mauvaises ambiances entre deux personnes à première vue si proches. Allons Zark, ce n’est plus à toi de jouer au mauvais garçon et de briser des cœurs, reviens donc à la raison. Tu sais, je pourrais t’aider à faire un choix, je suis devenu expert en la matière, mais ça tu l’as vu toi-même. Finalement, après cette petite tension, j’esquisse un petit sourire sournois.

- Puisque je ne suis pas le bienvenue dans cette maison, il ne me reste plus qu’à dégager d’ici, ou à aller me faire foutre, à voir selon les préférences.

Et comme j’aime me faire remarquer en partant, voilà ce qui explique mon geste suivant. Je m’avance vers Ilana et la prend dans mes bras, pour en réalité lui glisser une petite fiole dans sa poche. Un geste qui en répugnera certain, en énervera d’autre. Bref, une sortie comme je les aime. Je colle presque mon visage à celui d’Ilana et lui glisse un dernier murmure.

- Au moment venu tu sauras quoi faire.

Je m’écarte enfin d’elle avant que Zark décide de m’envoyer à travers un mur. C’est que je ne tiens pas à abîmer sa maison, elle est si... Charmante. Je suppose qu’il est inutile de te dire au revoir. Je disparais donc de ton repère, en espérant qu’Ilana réussisse à agir rapidement avant que tu ne la blesses trop.
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Ilana Alom
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MessageSujet: Re: Il y a les bons et les mauvais souvenirs   Dim 15 Sep - 2:28

« Est-ce que tout va bien ? » Ta question transperce mon coeur. Je ne sais pas si je vais bien, je ne sais pas si je vais mal. Je ne contrôle plus mes émotions, je ne sais même pas les identifier. Comment en suis-je arrivée ainsi ? Je t’adresse un mince sourire pour te montrer que je vais bien. Dans les limites du possible, en somme. Pourquoi n’es-tu toujours pas parti Matthew ? Il ne veut pas te voir, je ne veux pas te voir. Tu es indésirable ici, dans ma vie, dans notre vie. C’est étrange... cela fait bien longtemps que je n’avais pas pensé à notre vie Zark. La tienne et la mienne qui ne feraient qu’une. Est-ce encore possible ? Lorsque je croise ton regard, il me répond que cela ne l’est plus. C’est terminé, une page a été tournée. Une page où était inscrit notre amour a été définitivement tournée. L’as-tu déchirée ? Je ne sais pas, je ne sais plus. « Dégage Matthew…» Tu le sommes de s’en aller, mais il ne semble pas te comprendre. Dégage Matthew, barre toi. Contre toi, je n’avais aucun moyen de m’en sortir, mais contre Zark, tu n’as aucune chance. Tu le sais, alors pourquoi restes-tu ici ? Déguerpis, va-t-en. Je ne veux pas d’un bain de sang, je ne veux pas de combats. Pas maintenant, pas ce soir. C’est trop tôt. Prendrais-je parti ? Ou vous laisserais-je vous entretuer ? Ai-je même envie que vous vous battiez ? Je ne sais pas. « Après avoir passé la journée auprès de cette chère Lucy, tu te décide enfin à rentrer pour retrouver ta tendre Ilana. Attention Zark, il va falloir faire un choix.» Lucy ? Qui est donc cette Lucy ? Quel est ce pincement au coeur qui me fait mal ? Je ne devrais pas ressentir cette petite pointe de jalousie. Je n’ai pas le droit, je n’en ai plus le droit. Tu as le droit de voir n’importe quelle fille. Pourtant, je m’interroge. Tu ne m’en as jamais parlé. Alors certes, nous ne discutons pas de banalités mais... plus j’y pense, plus je me dis que nous avons peu parlé depuis quelques semaines. C’était un discours sans mots. Mais, le silence n’est-il pas d’or ? Le mot «choix» percute mon coeur. Il me transperce, encore une fois. Pourquoi devrait-il fait un choix ? Un choix de quel genre ? Je fixe le dos de Zark, j’aimerais lui poser la question, mais je n’en ai pas le droit. Il ne m’en a pas parlé, c’est son choix. « Puisque je ne suis pas le bienvenu dans cette maison, il ne me reste plus qu’à dégager d’ici, ou à aller me faire foutre, à voir selon les préférences.» J’aimerais te mettre mon poing dans la figure pour t’enlever ce petit sourire sarcastique. Pour qui te prends-tu ? Je ferme les yeux quelques instants, tentant de contrôler ma respiration. Zark, fais comme moi. Ne t’emporte pas. Cela ne servirait à rien. Je vois Matthew avancer vers moi, je fais un pas en arrière. Pourquoi vient-il ? Il est de nouveau si près, bien trop près. Ne m’approche pas, ne me prends pas dans tes bras. J’aimerai lui crier ses mots mais ils restent bloqués dans ma gorge. Tes bras entourent mon corps, ce corps qui ne ressent plus rien à la chaleur de ta peau. Un poids tombe dans ma poche. Qu’est-ce que c’est ? Je n’ai même pas le temps de mettre ma main dans ma poche que tu me susurres à l’oreille. Tais-toi Matthew, ne dis rien. Plus rien. « Au moment venu tu sauras quoi faire.» Quel moment ? Que faire ? Je fais un pas en arrière, et tu t’en vas. La chaleur de ton corps a disparu, et je suis soulagée. Je ne veux plus de tes étreintes, je ne veux plus rien venant de toi. Je veux ton absence, ta distance. Le silence s’installe entre Zark et moi. Par où commencer ? « Zark, nous aurions dû avoir cette discussion bien avant.» Je m’avance pour me mettre face à toi Zark. Regarde moi. Oui, regarde moi. Ne pose pas sur moi ce regard froid et vide. Vois plus que mon corps, que mes cheveux ou mes yeux. Vois moi, Ilana Alom, la femme que tu as aimée et la femme... qui t’a trahi. Je sais que tu ressens cette trahison en toi, et je n’ai pas les mots pour te demander pardon. Pardon de quoi ? D’avoir aimé ou de mettre laisser berner encore une fois ? « Ton regard est froid, tu es absent. Je sais que je suis bien la dernière personne avec qui tu as envie de parler de tes états d’âme mais... je tiens à te dire que je suis là. Si tu veux me parler de Lucy, je...je t’écouterai.» Ces mots me font mal, mais je me dois de le faire. Nous pourrions devenir amis Zark, nous échanger des banalités sur la vie. Comme le font tous les amis, nous pourrions partager tant de bons moments. « Pour ce qui s’est passé avec Matthew, je pense qu’il n’y a plus rien à dire. Tu peux te sentir trahi, te sentir sali... je ne te présenterai aucune excuse. A quoi bon ? A quoi cela servirait-il ? J’ai fait une erreur, et crois-moi, j’en paye le prix.» Le prix de la douleur, le prix du chagrin. Mon ton est presque chaleureux, je ne veux pas que tu penses être aux pieds du mur. Je veux simplement que nous discutions Zark, es-tu prêt à faire cela avec moi ? « La seule chose que je n’ai jamais voulue, c’était de te perdre. De t’éloigner de moi et de te voir autant souffrir. Combien de fois ai-je voulu te demander pardon. Combien de fois me suis-je fait violence pour ne pas te prendre dans mes bras une dernière fois. Zark… Tu… tu es la seule chose qui me reste. Personne n’a autant d’importance que toi à mes yeux... Tout est futile comparé à toi. Je t’ai tant aimé et... j’aimerais que cet amour ne se transforme pas en une parfaite indifférence.» Suis-je en train de t’avouer à demi-mots que je t’aime encore ? Je ne sais pas. Mon coeur frappe trop fort dans ma poitrine pour que je puisse en déceler les raisons. Je m’approche un peu de toi, mais ne te touche pas. Je ne veux pas que tu te sentes pris au piège, le comprends-tu Zark ? « On doit trouver une solution tous les deux. Dis moi ce que tu ressens, crache moi à la figure ta haine, ton ressentiment... que sais-je ! On ne peut pas rester dans cette indifférence, je ne l’accepte pas ! On ne peut pas putain... On est Zark et Ilana bordel ! » Et si cette phrase résumait toute notre relation ? Nous sommes Zark et Ilana.
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Zark Belsefir
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MessageSujet: Re: Il y a les bons et les mauvais souvenirs   Sam 28 Sep - 13:50

//La présence de Matthew était de trop. Il devait s’en aller avant de tout faire foirer. Mais contrairement à ce à quoi Zark s’attendait, Matthew l’attaqua sur un autre front qu’il n’aurait pas soupçonné jusque-là.//

- Après avoir passé la journée auprès de cette chère Lucy, tu te décide enfin à rentrer pour retrouver ta tendre Ilana. Attention Zark, il va falloir faire un choix.

//Zark ferma le poing et serra les mâchoires. Il était face à Matthew, dos à Ilana. Son fils venait de prononcer l’unique prénom qu’il n’aurait jamais voulu qu’Ilana puisse associer au sien à cause de ce qu’il préparait. Tu ne sais pas de quoi tu parles Matthew ! Et il aurait mieux valu que tu te taises, car si je ne peux mener à bien mon projet avec Lucy par ta faute, Kalia risquera de te poser encore plus problème à toi qu’à moi d’ici peu.//

- Ne parle pas de choses dont tu ignores tout. Maintenant rentre chez toi. D’après ce que je sais, Elina n’est pas une femme très partageuse. Je ne le répèterai pas une troisième fois Matthew… Dégage ou c’est moi qui te jette dehors !

//Certes, Zark venait de renvoyer la balle à Matthew concernant ses relations. Cela dit, le démon perdait patience. Il faisait un effort monstrueux pour ne pas encastrer Matthew dans un mur après ce qu’il avait dit. Maintenant qu’il avait parlé de Lucy, il savait qu’Ilana n’oublierait pas ce prénom. Si jamais quelque chose arrivait à Kalia, elle savait que cela viendrait de lui… Tant pis, puisque tu l’as cherché Matthew, je me dévoilerai tel que je suis à Ilana juste après ton départ. De toute façon à présent il est trop tard pour faire marche arrière.//

- Puisque je ne suis pas le bienvenue dans cette maison, il ne me reste plus qu’à dégager d’ici, ou à aller me faire foutre, à voir selon les préférences.

//Bien, il s’en allait enfin… Zark resta indifférent à cette dernière étreinte qu’il fit à Ilana avant de partir. Si elle désirait le gifler ou lui coller son poing dans la figure, il savait qu’elle pourrait le faire à sa guise. Et à présent qu’il était parti, le démon sentit que le sujet « Lucy » allait bientôt revenir sur la table, à l’instant même où Ilana lui parla d’une « discussion » qu’ils auraient dû avoir depuis longtemps.//

« Ton regard est froid, tu es absent. Je sais que je suis bien la dernière personne avec qui tu as envie de parler de tes états d’âme mais... je tiens à te dire que je suis là. Si tu veux me parler de Lucy, je...je t’écouterai. »


//Aborder tous ces détails maintenant concernant son attitude distante… Matthew est donc bien parvenu à planter sa graine et à semer le trouble dans l’esprit de la jeune femme. Soit. Le démon se tourna pour faire face à Ilana.//

- Lucy est une alliée. C’est la raison pour laquelle je passe du temps avec elle.

//Sur ce sujet, il ne mentait pas. Quant au fait d’omettre volontairement de lui dire que Lucy l’aide à se débarrasser de Kalia, c’est un autre sujet…//

« Pour ce qui s’est passé avec Matthew, je pense qu’il n’y a plus rien à dire. Tu peux te sentir trahi, te sentir sali... je ne te présenterai aucune excuse. A quoi bon ? A quoi cela servirait-il ? J’ai fait une erreur, et crois-moi, j’en paye le prix.»

//Se sentir trahi… Certes, il l’avait été. Mais aujourd’hui, cela était derrière lui. La peine et le chagrin l’étaient également. Comment pourrait-il en être autrement maintenant qu’il ne ressentait plus rien ?//

« La seule chose que je n’ai jamais voulue, c’était de te perdre. De t’éloigner de moi et de te voir autant souffrir. Combien de fois ai-je voulu te demander pardon. Combien de fois me suis-je fait violence pour ne pas te prendre dans mes bras une dernière fois. Zark… Tu… tu es la seule chose qui me reste. Personne n’a autant d’importance que toi à mes yeux... Tout est futile comparé à toi. Je t’ai tant aimé et... j’aimerais que cet amour ne se transforme pas en une parfaite indifférence.»

//Eprouvait-elle encore un peu d’amour pour lui ? C’était peut-être ce qu’elle essayait de lui faire comprendre, mais le démon n’en était pas certain. En revanche, il était la seule personne à laquelle elle tenait encore. C’était parfait. Zark avait bien fait de la garder chez lui tout ce temps. En l’éloignant de sa maison, il avait privé Ilana du retour de Kalia. Tant qu’elle vivait chez lui, jamais la princesse ne parviendrait à la retrouver. Ilana l’ignorait, mais Zark avait placé un sort tout autour de son repère grâce à Gloria, destiné à dissimuler toute présence qui se trouvait chez lui. C’est pour cela qu’aucun démon n’était venu les attaquer durant tous ces mois à son repère. Si Lucy agissait assez vite, peut-être qu’Ilana n’entendrait jamais parler du retour de Kalia, et qu’elle ignorera ce qu’il préparait. En attendant, comment répondre à sa dernière phrase lorsqu’elle parlait « d’indifférence » ? C’était pourtant cela aujourd’hui, une parfaite indifférence, suite à un vide complet de toute émotion...//

« On doit trouver une solution tous les deux. Dis moi ce que tu ressens, crache moi à la figure ta haine, ton ressentiment... que sais-je ! On ne peut pas rester dans cette indifférence, je ne l’accepte pas ! On ne peut pas putain... On est Zark et Ilana bordel ! »

//Bien, elle voulait donc qu’il lui dise ce qu’il pense. Mais elle allait sans doute être surprise de constater qu’il n’y aura ni haine, ni rancœur, ni colère dans tout ce qu’il allait à présent lui dire, juste une vérité des plus tranchantes. Le démon se rapprocha de la jeune femme jusqu’à ne plus se trouver à quelques centimètres de son visage. Son regard ne quittait plus le sien à présent.//

- Très bien. La vérité Ilana, c’est que je ne ressens absolument rien, parce que je ne t’aime plus. Tu n’as pas besoin de perdre ton temps en excuses, je ne suis ni blessé, ni en colère. Ce que j’éprouve pour toi aujourd’hui n’est que de l’indifférence… Regarde-moi !

//Le démon avait relevé son menton et la forçait à le regarder, l’obligeant à ne pas fuir son regard. Il n’avait pas terminé.//

- Tu te demanderas sans doute pourquoi je t’ai recueillie pendant tout ce temps. Pourquoi je suis venu te chercher à chaque fois que tu sortais d’ici. Tout simplement parce que je souhaitais te mettre à l’écart pour ne pas que tu te mêles de ce que je préparais. Je me devais au moins de t’avouer la vérité avant d’en finir avec toi.

//Le démon sortit une dague de sa poche, et la mit entre Ilana et lui, de sorte qu’elle puisse bien l’apercevoir. Ses paroles ne devinrent qu’un chuchotement lorsqu’il s’adressa de nouveau à elle.//

- A quoi bon continuer à te battre Ilana ? Ton combat est vain et il ne te conduira qu’à plus de déceptions. Tu as perdu tous ceux qui t’aimaient. Tu as perdu l’enfant qui était destiné à naître. Je vais te flaire une fleur… Je vais te libérer de toutes tes souffrances…

//Le démon dirigea la dague au niveau du cœur de la jeune femme. Il n’avait plus qu’à exercer une petite pression, pour que tout soit terminé…//

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MessageSujet: Re: Il y a les bons et les mauvais souvenirs   Sam 28 Sep - 15:21

Deux. Nous ne sommes plus que tous les deux dans cette pièce. Si grande, si vide dans la décoration. Pourtant, elle me semble si petite. J’étouffe presque alors que je viens de te dévoiler ce que je ressens à cet instant très présent. Tu m’écoutes, je le sais. Mais me comprends-tu ? Je ne le saurai que lorsque tu auras pris à ton tour la parole. Je tente de deviner dans tes yeux ce que tu ressens, mais ils me sont fermés. Tes yeux sont vides, presque voilés par l’indifférence... Je ne peux pas comprendre que c’est ce que tu ressens pour moi. Pas après tout ce que tu m’as dit depuis notre première rencontre, pas après tout ce que nous avons fait l’un pour l’autre. Ce n’est pas possible. Il est impossible de passer de l’amour à l’indifférence, ce n’est pas sentimentalement pas... Non. Passer de l’amour à la haine et vice versa, je peux le comprendre. Mais de l’amour à l’indifférence, ce ne serait que des foutaises. Je fixe tes onyx, et je tente de me frayer un chemin dans la petite flamme de ton regard. Pourquoi restes-tu aussi silencieux tout d’un coup ? Tu n’as jamais été du genre à ne rien dire, pourquoi aujourd’hui serais-tu différent ? Les battements de mon coeur frappe ma poitrine à en faire rompre mes côtes, mais je tiens bon. Je ne m’éclipserai pas, je ne fuirai pas. Je l’ai bien trop fait auparavant, et voilà où nous en sommes Zark. Je ne veux pas que nous continuons sur ce chemin qui ne nous mènera à rien sauf à l’éloignement. Je veux... Il m’est impossible de dire où repose ma volonté, mais crois moi à Zark, elle ne repose pas loin de ton coeur. Tu franchis encore les quelques centimètres qui nous séparent. Ma respiration auparavant erratique se bloque dans ma poitrine. Pourquoi t’approches-tu ainsi ? Je fais preuve de toute la force du monde pour ne pas faire un pas en arrière. Ton regard, tes gestes sont durs. Pourquoi sont-ils dirigés vers moi Zark ? Bien évidemment... j’aurai dû y penser. Tu n’as rien pardonné, tu as juste enfoui tous tes sentiments. « Très bien. La vérité Ilana, c’est que je ne ressens absolument rien, parce que je ne t’aime plus. Tu n’as pas besoin de perdre ton temps en excuses, je ne suis ni blessé, ni en colère. Ce que j’éprouve pour toi aujourd’hui n’est que de l’indifférence… Regarde-moi ! » Premier coup de poignard, ce poignard qui me déchire un peu plus le coeur. Mes yeux s’écarquillent quelques instants. Je n’ai jamais su rester impassible face à toi. « Je ne t’aime plus », ces mots résonnent en moi comme une oraison funèbre. Comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi savoir que seule l’indifférence quitte ton coeur face tant mal au mien ? Je pensais ne plus... je pensais... Mais c’était faux. Bien sûr que je t’aime Zark. Je ne cesserai de t’aimer que lorsque je cesserai de respirer. Et comment te dire... je n’ai pas l’intention de mourir ce soir. Pourtant, tes mots ont atteint mon coeur avec tant de force et de hargne que je manque de m’étouffer. M’étouffer sous le poids de ta haine et de ta colère caché derrière ton indifférence. Je baisse les yeux, mais tu me forces à te regarder, fixement, intensément. Pourquoi ? Pourquoi m’avoir accueillie chez toi pendant toutes ces semaines si tu n’éprouves que de l’indifférence ? Foutaises Zark ! Tu... Il doit y avoir une explication, et je la trouverai. Mes yeux ne cessent de fixer ton regard. Il se durcit autant que j’aimerai m’endurcir face à ta haine. Mais elle me fait tant mal Zark, est-ce que cela te faisait plaisir ? Est-ce que ma douleur est la source de ton apaisement ? Contrairement à moi, tu sembles lire l’interrogation dans mes yeux. Tu as toujours été très fort pour deviner ce que je ressentais. Tu n’avais nullement besoin d’utiliser tes pouvoirs pour me deviner, tu lis en moi comme dans un livre ouvert. « Tu te demanderas sans doute pourquoi je t’ai recueillie pendant tout ce temps. Pourquoi je suis venu te chercher à chaque fois que tu sortais d’ici. Tout simplement parce que je souhaitais te mettre à l’écart pour ne pas que tu te mêles de ce que je préparais. Je me devais au moins de t’avouer la vérité avant d’en finir avec toi.» Mes yeux s’agrandissent de stupeur. Je ne comprends pas... M’écarter ? Mais de qui, de quoi ? Que prépares-tu ? Je ne comprends que maintenant l’étendue de mon égoïsme et de mon aveuglement. Pendant que je pleurais la perte d’un être cher, tu t’endurcissais, tu gagnais en force et en détermination. Comment ai-je pu ne rien voir ? Je tente de me détacher de ta poigne mais elle est trop forte. Je suis coincée entre toi et le mur. Alors, tu veux en finir avec moi ? Etrangement, ce ne sont pas tes mots qui me font si mal, c’est ton regard. Ce regard si déterminé à m’achever, à me tuer pour que je ne suis plus un fardeau. Alors c’est ce que je suis pour toi Zark, un fardeau ? Un boulet que l’on traîne et dont l’on aimerait bien couper la chaine ? Est-ce cela Zark ? J’aimerai te poser toutes ses questions, mais je suis comme tétanisée. Paralysée sur place, à ne plus pouvoir articuler un mot plus haut que l’autre. La force de tes yeux pénétrant mon propre regard me laisse sans voix. Tu sors une dague de ta poche, et ma respiration se bloque encore. Mes muscles se tendent, mon sang pulse dans mes veines. Vas-tu me tuer Zark ? Vas-tu de nouveau faire couler mon sang pour qu’il t’éclabousse ? Je regarde la lame se mettre entre nous. Cette lame est représentative de notre relation Zark, toujours à double tranchant. Nous n’avons jamais été pleinement heureux Zark ? Bien sûr, nous l’avons été mais j’aimerai entièrement. Jamais assez. J’aurais encore tant de moments que j’aimerais vivre avec toi. Mais si cela devait se terminer ainsi... alors tu serais le plus grand regret de ma vie. Pourquoi Zark ? Parce que je n’aurais pas été la femme que j’aurais voulu être pour toi. Une femme forte, une femme sur qui tu pouvais compter sans peur qu’elle ne trahisse ta confiance. Tu te penches pour mieux me parler, les poils se hérissent sur ma peau. Tu me fais peur, apprécies-tu cette emprise que tu as sur moi ? « A quoi bon continuer à te battre Ilana ? Ton combat est vain et il ne te conduira qu’à plus de déceptions. Tu as perdu tous ceux qui t’aimaient. Tu as perdu l’enfant qui était destiné à naître. Je vais te flaire une fleur… Je vais te libérer de toutes tes souffrances…» Ne me parle de cet enfant Zark... Tais toi ! Je ne veux pas en entendre parler, pas de ta bouche. Tu craches le terme enfant comme si tu ne regrettais pas ce qui m’était arrivé. C’est ainsi que tu conçois les choses Zark ? Que mon entêtement à vouloir être heureuse m’a menée à ma situation ? Au malheur d’avoir perdu mon enfant. Je sens de l’acidité remonter dans ma gorge mais je ne veux pas vomir. Je veux rester forte en face de toi, ce sera la dernière image que je te donnerais de moi. La pointe de la lame déchire le haut de ma robe lorsque tu es prêt à le pointer dans mon coeur. Les secondes s’écoulent mais elles me semblent durer des heures. Mon corps demande délivrance et ne te crie d’enfoncer la dague au beau milieu de mon coeur...

Mais mon âme et mon coeur... Ma main plonge silencieusement dans ma poche et je saisis avec force la fiole de Matthew. « Au moment venu tu sauras quoi faire.» Je ne sais si je sais quoi faire, mais il faut que je fasse quelque chose. Je ne peux te laisser me tuer Zark, je ne veux pas mourir. Je veux plus de Kalia, de Max, je veux plus de toi. Si je devais mourir ce soir, ce ne serait pas de ta main mais de la mienne. Je t’envoie la fiole dans les yeux, tu t’écartes toussant face à la fumée qui se met à t’entourer. Je m’écarte tout en tentant de reprendre ma respiration. C’est le moment Ilana, le moment pour tout lui dire, pour ne plus lui cacher une once de la vérité. Es-tu capable de te livrer corps et âme à cet homme ? Je fais un pas vers lui alors que tu as un genoux à terre en tentant de t’extraire la fumée opaque qui t’entoure. « J’ai toujours adoré ta façon de faire les choses Zark. Pieds au plancher, plein phare, tout ou rien mais rien à moitié alors il faut foncer. Alors oui, ne fais pas les choses à moitié. Ne me laisse pas sur le bord de la route alors que tu sais très bien que je pourrais être de nouveau un obstacle dans ce que tu t’apprêtes à faire ? C’est à propos de Kalia, de Max ou encore de Mephisto ? Je ne sais pas Zark mais là... je m’en fiche. Parce qu’il s’agit maintenant de nous. Alors avant de m’extorquer mon dernier soupire, laisse moi éclairer ta lanterne.» Les mots sortent, et je n’arrive plus à en contrôler le débit. J’aimerai te dire tant de choses Zark, mais par où commencer ? J’ai l’intime conviction que je n’ai que très peu de temps pour me livrer, alors je vais me lancer. Oui, même si la chute doit être douloureuse et mortelle Zark, je me lance. « J'ai quelque chose à te dire et tu dois m'écouter. Je t'ai aimé dès que je t'ai vu mais je ne me suis jamais autorisé à t’aimer pleinement. J'étais toujours en train de penser à l'avance, de prendre des décisions à cause de ma peur, à cause des autres... Mais je n’ai jamais pensé à pourquoi je t’aimais. Alors ce n’est pas vraiment le moment pour penser vu que tu vas m’embrocher comme un poisson sur le grill mais... on n’a jamais eu le temps Zark. On ne s’est jamais donné le temps pour se dire ce que l’on ressentait l’un pour l’autre. Un je t’aime par là, un câlin par ci, et nous nous en contentions. Je m’en contentais. Mais aujourd’hui, ce n’est plus suffisant. Alors je vais réfléchir et te dire en même temps ce que je ressens maintenant et pour la vie. J’aime que tu sois cet homme qui m’a appris à aimer la part sombre de mon âme. J’aime que tu sois le seul à pouvoir me faire sourire même dans les moments de tristesse. Je n’aime pas que tu veuilles tuer et égorger mes amis, mais j’aime t’avoir à mes côtés parce que quoiqu’il arrive, tu n’abandonnes jamais. J’aime que comme moi, tu n’aimes pas les pâtes pas assez cuites. Je ne t’aime pas parce que tu n’aimes pas le nutella. J’aime ton petit goût interdit, ton petit goût de péché. Quand je t’embrasse, quand tu me fais l’amour, je sais que ce n’est pas bien. Qu’on ne devrait pas ressentir cela, qu’on s’était dit que ce n’était pas bien de ressentir tant de sentiments contradictoires. Parce que putain, j’ai tant galéré à savoir ce que je ressentais pour toi Zark. Je t’ai aimé, puis je t’ai détesté, mais maintenant, je sais que je t’aime et que c’est une constante.... Je, attends je n’ai pas fini ! Je... J’aime que quand je viens me coucher dans le lit, tu retires une couverture parce que tu sais que je vais me blottir contre toi. J’aime quand tu dis que mon café est délicieux alors qu’il a le goût de cirage. Et j'adore que tu sois la dernière personne à laquelle j'ai envie de parler avant de me mettre au lit. Et ce n'est pas parce que je suis à deux doigts de mourir. Si je te dis tout ça ce soir, c'est parce que quand on se rend compte qu'on veut passer le reste de ses jours avec un homme, faut pas traîner des pieds, faut se lancer aussitôt que possible. Alors... je me suis lancé Zark.» Oui, je me suis lancé ! Que viens-je de lui dire ? Je ne sais plus vraiment mais je sais une chose, et ce pour la vie. J’aime Zark, et peu importe sa réponse. Je sais qu’il sait maintenant, et peu importe. « Ah au fait, si ce n’était pas clair... je t’aime Zark ! » J’ouvre les bras pour te dire que tu peux me tuer maintenant, tout de suite, je ne lutterai pas.
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Zark Belsefir
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MessageSujet: Re: Il y a les bons et les mauvais souvenirs   Sam 28 Sep - 18:13

//La vérité venait d’être dite. Du moins, une vérité dépourvue du moindre sentiment, tel que Zark l’était actuellement. Il sentait que chaque mot qu’il prononçait s’enfonçait au plus profond du cœur d’Ilana comme si qu’un poignard venait s’y loger chaque seconde un peu plus lentement. En d’autres circonstances, le chagrin de la jeune femme l’aurait atteint, mais pour l’heure, il le laissait indifférent. Ilana semblait à la fois très surprise de tout ce qu’il lui disait, mais elle paraissait également se faire à cette triste vérité, du moins c’était le cas jusqu’à un certain moment. Il ne voulait pas voir son regard fuyant. Il voulait qu’elle le regarde prononcer chaque mot, et il ne lui laissait pas le choix. A présent qu’elle avait voulu savoir, elle en acceptait le prix.//

//Lorsqu’il tira la dague de sa poche pour la pointer face à Ilana. Il n’aperçut aucune résistance dans ses yeux. Pendant un moment, il crut même lire en elle un profond désir de lui porter le coup fatal, le coup qui la libèrerait de cette vie devenue si dure à Pass Magic. Le démon n’avait pas non plus manqué d’apercevoir son air presque révolté lorsqu’il lui avait parlé de son enfant qui ne verra jamais le jour. Il abordait le sujet de trop. Elle voulait qu’il le fasse, qu’il se décide enfin à planter cette dague. Zark était finalement parvenu au moment qu’il attendait. Elle allait se laisser mourir d’elle-même, complètement détruite. Le démon transperça d’abord le tissu de sa robe qui séparait la lame de sa peau de porcelaine. Finalement, voilà la fin de leur histoire à tous les deux. Voilà la fin de « Zark et Ilana ». C’est sur cette pensée que le démon s’apprêta à enfoncer la lame d’un geste sec, lorsqu’il reçut une fiole en plein visage.//

//Qu’est-ce que c’était que cette fumée qui l’entourait ? Zark recula de quelques pas, la fumée le faisant tousser. Etait-ce donc cela sa dernière tentative ? Essayer de l’aveugler pour le repousser ? Il faudra se rendre à l’évidence, cela n’aura pas duré longtemps. Dès l’instant où le démon put de nouveau apercevoir très distinctement Ilana, il empoigna plus fermement sa lame, et s’apprêta à la lui enfoncer, de gré ou de force, lorsque la jeune femme s’adressa de nouveau à lui.//

//Le démon resta complètement immobile face à tout ce qu’elle lui dit à cet instant. Ne pas faire les choses à moitié, lui extorquer son dernier soupir, mais avant cela d’apprendre ce qu’elle ressentait réellement pour lui. En quoi cela allait-il l’atteindre de toute façon ? C’était peine perdue. Il ne ressentait plus rien ! Mais pourtant, dès l’instant où elle se mit à lui parler à cœur ouvert, quelque chose d’étrange se manifesta à travers lui. Le fait de l’entendre dire que tous deux n’avaient jamais pu réellement se dire ce qu’ils ressentaient l’un pour l’autre, pourquoi est-ce que ça l’attristait ? Le fait qu’il n’aime pas les pâtes pas assez cuites ou qu’il lui dise que son café était toujours bon même lorsque ce n’était pas le cas, pourquoi est-ce que ça lui donnait envie de sourire ? Le fait qu’elle lui dise qu’elle aime son petit goût interdit, pourquoi est-ce que ça lui donnait envie de l’embrasser ? Tout ce qu’elle lui disait, le Nutella, le fait qu’elle n’aimait pas qu’il veuille s’en prendre à ceux qu’elle aimait, les moments de douceurs qu’elle partageait avec lui, ceux où il venait s’allonger près d’elle dans le lit en retirant une couverture pour qu’elle se blottisse contre lui, tout cela déclenchait diverses émotions chez le démon. Mais comment était-ce possible ? Et surtout, comment expliquer sur lui l’impact de la dernière phrase qu’elle venait de prononcer ?//

« Ah au fait, si ce n’était pas clair... je t’aime Zark ! »

//Une phrase si simple, et pourtant avec un impact si gros… Une phrase qui venait de rouvrir le gouffre béant qui régnait dans son cœur depuis ce fameux jour où il l’avait vue avec Matthew. Le démon posa ses yeux sur la jeune femme, la haine se lisant soudain dans son regard.//

- Qu’est-ce que tu m’as fait ? Tu ne peux pas m’atteindre ! J’ai mis un terme à tout ce que je ressentais pour toi !

//Mais alors pourquoi cette dernière image sur l’île déserte continuait à se faire de plus en plus présente au sein de son esprit ? Pourquoi est-ce que ses mains se mirent à trembler de sorte qu’il lâcha sa dague ? Le démon posa ses mains contre sa tête comme pour essayer de sortir cette vision qui se faisait de plus en plus claire au sein de son esprit. Il ignorait que c’était un effet de la potion, qui le ramenait au moment même où son cœur avait volé en éclat. C’est alors qu’un nuage de fumée apparut entre lui et Ilana, et que cette dernière put apercevoir cette vision qui se déroulait dans sa tête. Elle put l’apercevoir au moment où il se rendit sur l’île déserte, tenant un écrin dans sa main. Elle put le voir se faire la conversation à lui-même tandis qu’il marchait sur le sable, essayant de préparer le moment où il allait venir à sa rencontre, en lui faisant divers compliments, sur ses cheveux, ses yeux, son sourire, la personne formidable qu’elle était, mais surtout pour la remercier d’avoir demeuré tout ce temps à ses côtés malgré tout ce qu’il avait pu dire ou faire. Puis, il se perdit un peu dans ses pensées, la gêne commençait à s’emparer de lui et finalement il finit par se dire qu’il improviserait le moment venu. Et c’est alors qu’au moment où il arrivait enfin vers elle, qu’Ilana put l’apercevoir lorsqu’il la vit aux bras de Matthew. Jusqu’à aujourd’hui, elle avait toujours ignoré qu’il avait assisté à cette scène, et que c’était cela qui avait fait prendre un autre tournant au démon. Elle le vit au moment où il l’entendit prononcer les deux mots interdits à Matthew, ces deux mots dont il croyait être le seul possesseur. Elle le vit se décomposer au moment où il assista à la scène de ce baiser échangé avec Matthew. Et elle le vit leur tourner le dos, et ouvrir le petit écrin qu’il tenait si précieusement dans sa main, pour y laisser entrevoir une bague… Une bague qu’il prit dans sa main, et qu’il observa longuement, alors qu’un énorme vide s’emparait de son cœur. Et pour finir, elle le vit jeter la bague au beau milieu de l’océan, et s’en aller, laissant derrière lui cette dernière part de sentiments qu’il possédait à son égard.//

//Cette scène qui se déroula sous les yeux de la jeune femme, Zark la revit également. Et lorsque le nuage se dissipa sous leurs yeux, le démon se retrouva face à Ilana, et resta là à l’observer, complètement immobile. Que s’était-il donc passé ? Qu’allait-il faire à présent ? Cette dague, allait-il la lui planter maintenant qu’elle avait tout vu ? Le démon se rapprocha lentement de la jeune femme. Ce qu’elle venait de voir avait probablement dû la surprendre. Mais il continuait de s’avancer vers elle, sans prononcer le moindre mot. L’effet de la potion s’était dissipé. Ce ne fut que lorsqu’elle recula suffisamment pour se retrouver entre lui et le mur, que le démon s’adressa de nouveau à elle.//

- Ilana… Je te demande pardon…

//Il la prit dans ses bras et la serra fort contre lui. Tous les évènements qui s’étaient produits, depuis le jour où il s’était ôté toute part de sentiments, lui apparaissaient d’une toute autre manière. Comment avait-il pu rester complètement insensible à la mort de son enfant ? Comment avait-il pu avoir failli la tuer ? Le nouveau chemin qu’il avait choisi d’emprunter avait été pire que le précédent. Le démon devait rester ce qu’il était, il avait choisi la voie la plus simple pour se permettre d’aller de l’avant, or de cette façon, il avait failli devenir l’être qu’il avait toujours méprisé, cet être que Félicia avait elle-même choisie de devenir il y a de cela un certain temps. Ilana venait de lui parler à cœur ouvert, elle lui avait avoué tout ce qu’elle ressentait pour lui, et les derniers mots qu’elle lui avait adressés ne quittaient plus son esprit. Le démon fit passer une main dans les cheveux de la jeune femme, et fit glisser une de ses mèches vers l’arrière afin de pouvoir la regarder.//

- Je n’ai jamais cessé de t’aimer… Tu es la première personne qui sois parvenue à faire battre mon cœur de pierre. Tu es la seule à avoir été capable de me faire découvrir ce monde sous un autre angle. Je déteste ton café, mais rien que pour avoir la chance d’apercevoir ton sourire je suis prêt à le boire tous les jours. Je n’ai jamais aimé quelqu’un comme je t’aime Ilana Alom… J’ai commis de nombreuses erreurs, mais plus jamais je ne te laisserai partir. Maintenant si tu le permets, j’aimerais faire une chose que je me retiens de faire depuis trop longtemps…

//Et sans avoir le temps d’attendre une quelconque réponse de sa part, le démon fit glisser ses mains le long des joues de la jeune femme, et déposa ses lèvres contre celles qu’il mourrait d’envie d’embrasser depuis si longtemps qu’il ne serait même plus de dire à quand est-ce que cela remonte, le tout à travers un long baiser passionné.//

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MessageSujet: Re: Il y a les bons et les mauvais souvenirs   Lun 30 Sep - 0:09

Les deux genoux à terre, Zark semblait enseveli sous le poids de mes mots. Comme happé par une force dont il ne soupçonnait plus la présence. La force de mon amour pour lui, la force de mes sentiments qui telle une flamme éternelle ne s’éteindra jamais. Il était resté si stoïque pendant mon discours, je ne sais plus quoi penser. A-t-il compris l’ampleur de mes sentiments ? A-t-il saisi que ma vie sans lui, je ne l’imagine plus ? As-tu saisi tout ça Zark ? Réponds moi, dis moi quelque chose. Je t’en prie, je ne supporte plus ce silence. Il m’est insupportable. Alors énerve toi, tue moi, je ne sais pas mais ne me laisse pas dans un tel désarroi. Je fais un pas vers toi le bras levé pour te toucher lorsqu’une fumée noire m’englobe à mon tour. Qu’est-ce donc ? Des hypothèses germent dans mon esprit à une vitesse incontrôlée. Que nous as-tu fait Matthew ? L’épaisse fumée noire m’empêche de distinguer le corps de Zark, mais la lumière me permet encore de garder les yeux ouverts. Qu’est-ce que ce... Je reconnais l’île déserte. Pourquoi une telle image arrive maintenant ? D’un geste de la main peu assuré, je tente de dissiper la fumée mais elle semble s’intensifier. Je te vois Zark, marchant d’un pas lent mais résigné vers une direction que je n’arrive pas encore à deviner. Etrangement, tu te mets à parler, seul. Aucune présence féminine à tes côtés. Tu parles de la beauté de ses yeux, du bonheur que tu as de la voir sourire... Je suis perdue dans les souvenirs de Zark. Pourquoi me montrer une telle scène ? Et pourquoi un sentiment de jalousie me tiraille les viscères ? Quelle est la femme qui mérite tant de compliments Zark ? Malgré cette jalousie qui me bouffe de l’intérieur, je ne dis rien. Je n’ai pas le droit de te dire quoique ce soit. Si tu devais rencontrer une autre femme, je ne ferai aucun esclandre. Je resterai à tes côtés en tant qu’amie. Je ne te ferai jamais deviner ma jalousie puisque toi aussi, tu as le droit de trouver le bonheur. Je vois Zark s’arrêter net, son visage se décomposent, ses membres se crispant. Que peux-tu bien... J’entends une voix. Ma voix, mes mots, ma présence et Ma... Tu étais là, pendant toute cette scène. Tu m’as vue dans les bras de Matthew, tu m’as entendue lui susurrer des mots d’amour. Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à te demander pardon ? Pourquoi mes mots s’évanouissent-ils sur ma langue ? Parce que je n’ai rien à dire. Tu as vu ce qui s’est passé ce jour-là. Tu m’as vue dire à Matthew que je... que je l’aimais. Je fixe tes yeux, ce visage où la tristesse et une certaine forme de colère se lisaient. Les membres paralysés au sol, je n’arrive plus à faire un pas. Tous ses mots, tous ses compliments, se pourrait-il qu’il les ait prononcés pour moi ? Une main serre davantage mon coeur, mes poumons souffrent du manque d’oxygène. Je ne savais pas Zark, je te promets que je ne savais pas que tu étais là. Je ne t’aurai jamais imposé ma présence ici depuis des semaines si j’avais su. Je vois ton visage se décomposer lorsque Matthew et moi nous embrassons. Ta douleur est mienne aujourd’hui, je la comprends. Comment pourrais-tu me pardonner une telle trahison ? Que mes sentiments envers Matthew aient été forts ou non, toujours d’actualité ou non, comment pourrais-tu bien me pardonner ? Je recommence à respirer, sachant pertinemment que ce sont mes dernières minutes de vie. Tu sembles faire demi-tour et bêtement je fais un pas en avant comme pour te suivre. Mais je ne le peux pas, ce n’est pas le présent. C’est le passé, et c’est douloureux. Douloureux de voir que je ne peux plus rien faire pour te retenir Zark. Tu t’éloignes et je ne peux pas te courir après. Tu sors un petit écrin de ta poche, un petit écrin en velours noir. Ma respiration auparavant erratique est devenue presque inexistante, je n’arrive plus à respirer. Tu regardes longuement une petite bague que tu finis par jeter à la mer. Tu jettes à la mer cette bague, symbole des sentiments passés que tu as éprouvés pour moi. Je ne peux pas la rattraper Zark, tu sais j’aimerai pouvoir le faire. A cet instant précis, j’aimerais pouvoir plonger dans l’océan pour rattraper le bijou qui m’était destiné. Pourtant, toi et moi savons que je n’y ai plus droit. Je t’ai fait tant souffrir, et je... je ne mérite plus tout ça. La fumée noire finit par se dissiper. Je suis si proche de toi, je n’avais pas vu que je m’étais autant rapproché. Tu as toujours la main serrée sur le manche de la dague. Je regarde la lame scintiller. Ilana, ta dernière heure est arrivée. Je ne bouge cependant pas, presque résignée par la sentence qui sera le mienne dans quelques instants. Je mourais de ta main, et d’une façon... j’ai toujours su que si je devais mourir jeune, ce serait toi qui m’achèverais. C’est idiot, mais mourir à tes côtés ne m’effraye pas tant que ça. Est-ce de l’inconscience ? Sans doute.

Ton regard aussi perdu que déterminé me pousse à faire plusieurs pas en arrière. Je vais mourir, je le sais mais... l’instinct primaire, si ce n’est primate, m’oblige à m’éloigner de toi, mon futur assaillant. Mon dos percute le mur, je ne peux plus m’enfuir. Zark, tu es maître de la situation. Transperce mon coeur et je meurs, laisse tomber la dague et je vis ou du moins je survis. Je ne te dis rien, je te laisse le choix Zark. C’est égoïste de ma part de te laisser faire un tel choix, mais je... je peux pas t’implorer de me laisser la vie sauve. Pas après tout ce que j’ai enduré, pas après tout ce que je t’ai fait endurer Zark. Ce ne serait pas juste, et ce soir, j’ai décidé de l’être envers toi. « Ilana… Je te demande pardon…» Le temps que je percute la portée qu’auront tes mots, tu me prends dans tes bras. Nos deux corps se heurtent pour n’en former qu’un. Ton étreinte me coupe le souffle. Pourquoi es-tu si prêt de moi ? Pourquoi as-tu lâche la dague ? Je l’entends percuter le sol, ce soir j’aurai la vie sauve. Ton regard s’ancre dans le mien, mais je n’arrive pas encore à comprendre cette lueur dans tes yeux. Cette lueur qui avait disparu depuis des semaines voire des mois. Pourquoi sembles-tu apaisé ? Tes caresses me donnent le début de la réponse mais j’ai besoin de moi. De tes mots pour comprendre où tu veux en venir. Tu sembles lire en moi comme dans un livre lorsque tu fais glisser derrière mon oreille une mèche de mes cheveux. Encore une fois, ma respiration se coupe. Si la dague ne me tue pas, le manque d’oxygène finira par s’en charger. J’attends que tu prennes la parole, sans savoir quelle portée ils auront. « Je n’ai jamais cessé de t’aimer… Tu es la première personne qui sois parvenue à faire battre mon cœur de pierre. Tu es la seule à avoir été capable de me faire découvrir ce monde sous un autre angle. Je déteste ton café, mais rien que pour avoir la chance d’apercevoir ton sourire je suis prêt à le boire tous les jours. Je n’ai jamais aimé quelqu’un comme je t’aime Ilana Alom… J’ai commis de nombreuses erreurs, mais plus jamais je ne te laisserai partir. Maintenant si tu le permets, j’aimerais faire une chose que je me retiens de faire depuis trop longtemps…» Je ne t’ai pas interrompu, comme sonnée par la signification de tes mots. Mais je souris bêtement, j’ai l’air stupide mais ça m’est égal. Je n’ai pas le temps de répliquer que nos deux bouches s’unissent pour n’en former qu’une. Je savoure le goût qu’ont tes lèvres. J’avais oublié la douce saveur qu’ont tes baisers Zark, mais je ne recule pas. Je te serre davantage contre moi, ne coupant pas le baiser que tu as initié. Je veux te goûter encore et encore. Découvrir à nouveau la douceur ta peau, la saveur de ta salive. Les secondes passent, mon coeur bat dans ma poitrine à toute rompre. Seul le bruit de nos respirations haletante trahit le silence de cette nuit. Je ne suis plus dans cette pièce de ton repère, je ne sais plus où je suis, et je ne me pose la question. Je veux juste profiter. Profiter de toi, de ton étreinte, de tes baisers. Ses baisers qui m’ont tant manqué et auxquels je croyais ne plus avoir droit. Tes mots s’ancrent un peu plus dans mon âme. Tu n’as jamais cessé de m’aimer... une larme coule le long de ma joue. Je n’avais plus pleuré de bonheur depuis... Je ne sais même plus. Nos deux bouches se séparent, mais nos deux nez restent collés l’un à l’autre. Nos deux peaux se frôlent, comme si nous apprenions à nouveau à nous apprivoiser. Ce baiser, c’est comme revenir à la maison après des mois d’absence, des mois d’errance. C’est exactement ce que je ressens en cet instant. J’ai l’impression de revenir dans un lieu que je n’aurais jamais dû quitter, tes bras, ton aura, ton âme. Je suis tout à toi Zark. C’est stupide de le dire ainsi mais c’est ce que je ressens. Je ne voudrais être nulle part ailleurs, plus jamais. Mon nez se faufile dans le creux de ton cou. Je respire ton odeur, cette odeur qui est la tienne et qui n’appartient à nul autre. Je souris, peut-être sens-tu mon souffle caresser ta peau. « Zark... je... Je ne veux plus jamais te quitter mon amour. Plus jamais.» Mes quelques mots sont sortis dans un souffle, mais j’aurai aimé les crier. Oui les crier à la terre entière pour qu’elle sache que ma vie est à tes côtés à présent. « Je sais que tout ce que nous nous sommes infligés ne s’effacera pas ce soir...» Nous savons tous les deux que nous allons encore devoir travailler dur pour retrouver une relation seine et épanouissante. Cependant, je suis prête à travailler si dur pour que nous retrouvions le bonheur des premiers jours. Je souris encore en pensant à notre premier baiser. Notre relation n’a jamais été calme, bien au contraire. Zark et Ilana rime avec embûches, avec conflits et épreuves. Mais cela ne rend pas notre amour plus fort et plus beau Zark ? « Je suis prête à t’épauler, à te consoler, à t’écouter... Je ne partirai plus jamais Zark, je te le promets.» Je romps notre étreinte mais mes yeux ne te quittent pas. Je te regarde, je t’admire. Je ne veux pas rater une miette de ton visage, de ce visage heureux et serein. « Ecoute moi Zark... Je ne sais pas de quoi sera fait notre avenir.» Notre avenir, pas le tien, pas le mien. Le nôtre, celui que nous avons de construire ensemble. Je ne veux plus parler de mon seul avenir, de moi seule sans toi. Je veux que nous ne formions qu’un. Je ne veux plus de séparations, je ne veux plus de non-dits... Je te veux toi, comme tu es. Je ne veux pas simplement ta beauté ni ta loyauté. Je te veux toi, comme un tout indissociable. « Je ne sais pas quelles seront les futures épreuves que nous aurons à traverser. Je ne me leurre pas, notre relation ne sera pas aussi simple que d’autres couples mais...» Je te fixe plus intensément, je veux y croire. Je veux croire encore en Zark et Ilana. Je veux y croire pour toujours mon amour. Mes yeux brillent, mais ils brillent de bonheur. « Tout ce que je sais... c’est que des fois, tu m’as tellement manqué, que j’avais envie d’en crever tellement ça faisait mal.» Une autre larme coule le long de mes joues mais je l’essuie d’un revers de main. Ce n’est pas le moment de pleure, c’est le moment de célébrer notre amour. Je me penche une nouvelle fois pour t’embrasser. Nos deux langues se mêlent l’une à l’autre dans un tourbillon de sentiments indiscernables mais si puissants. Je pose ma tête sur ton torse, juste au niveau de ton coeur et dans un souffle, je prononce ces quelques mots qui n’ont jamais cessé de tourner dans mon esprit. « J’étais prête à tourner la page mais... c’est la page qui ne veut pas se tourner Zark. Je ne veux pas qu’elle se tourne, plus jamais. Je veux qu’on écrive notre histoire à deux. Rien que tous les deux, avec personne d’autre. Personne.»
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Il y a les bons et les mauvais souvenirs
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