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 Une présence de trop [Elena]

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Matthew Storm

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MessageSujet: Une présence de trop [Elena]   Sam 6 Juil - 21:52

« La médisance est encore le plus grand lien des sociétés. »

Chaque jour nous faisons de nouvelles rencontres, nous croisons des personnes que nous ne connaissons pas et qui sans doute ne nous intéresserons jamais. Puis il y a ces autres personnes, celles qui nous intéressent, celles qui parviennent à trouver une place dans notre vie. Nous devons donc irrémédiablement faire face aux liens, que ce soit les bons comme les mauvais. Des amis, des ennemis, des coups de cœur, des amants d’un soir, des confidents, des membres de la famille, des proies, des victimes… Les liens se forment selon la personnalité de chacun, leurs intérêts commun, ou pour les plus vicieux par rapport à la puissance et à l’argent. Pourtant il ne faut pas oublier qu’il y a une part de bon et de mauvais en chacun de nous. Tout le monde peut-être vicieux, tout le monde peut devenir un meurtrier, tous peuvent devenir des héros. Finalement les liens sociaux ne sont qu’une formalité de la vie quotidienne, alors à quoi bon s’y accrocher.

Au-delà des liens apparaissent des sentiments. J’ai toujours dit que certaines émotions sont destinées aux êtres humains, aux personnes faibles. Aimer par exemple, ce sentiment peut vous briser, il est la preuve que vous avez un cœur. Je n’en ai pas un, ou plutôt je n’en ai plus un. Pourtant, malgré tous mes efforts pour éliminer complètement mes sentiments, il y a tout de même quelqu’un qui parvient à les secouer. Mais ne vous méprenez pas, quand bien même des émotions puissent exister au plus profond de moi, le monstre que je suis est bien réel, et bien plus fort. Ilana Alom serait sans doute ravie de vous le prouver, après tout malgré mon amour pour elle j’ai éliminé son enfant, notre enfant, et j’ai failli la tuer avec. A ma place, un être humain dirait sans doute qu’il regrette son acte, à moins qu’il ne s’agisse d’un véritable psychopathe. Pourtant moi ce n’est pas mon cas, je ne regrette rien, et si c’était à refaire je recommencerais. Non je ne suis pas un fou, je ne suis pas un être dérangé, je suis un démon tout simplement, c’est dans ma nature de tuer. Elina Sawyer est sans doute la seule à réellement me cerner aujourd’hui, la seule qui parvient encore à me bouleverser et qui arrive à conserver cette toute petite lueur de sentiments qui réside en moi. Même si je le nie, en vérité cela ne me dérange pas. Elina est la fille de Lucifer, alors je sais que personne ne pourra m’atteindre à travers elle.


*Tu as provoqué les Princes, c’est une chose. Que dirais-tu maintenant... de les renverser ?*

Renverser les Princes de l’Enfer, en voilà une belle ambition. Piéger sa propre famille, je savais que je pourrais compter sur Elina, même lorsqu’il s’agit de lien du sang. Renverser l’Enfer n’est pas une simple idée folle, c’est une idée que nous mettrons en place dans les plus brefs délais. Mais en attendant ce jour, plusieurs choses restent encore à mettre en place. Voilà ce qui justifie ma présence en plein cœur de la forêt de Pass-Magic. Ici au moins personne ne me dérangera, du moins c’est ce que je pensais. Je patiente quelques minutes avant que six démons de haut rang apparaissent en même temps en face de moi.

- Pile à l’heure. Les Chárti̱s au complet, quelle chance.

Les Chárti̱s représentent un groupe composé de six membres. Six puissants démons recomposant le plan de l’Enfer. En grec "chárti̱s" signifie carte, et il se trouve que j’ai en face de moi la carte complète de l’Enfer, dans les moindres détails. Les six membres se regardent entre eux, l’incompréhension se lie dans leurs yeux.

- Oh pardon, j’ai omis de préciser que j’invitais le groupe au complet à ma petite fiesta. Inutile de faire les présentations je suppose ?

Certains membres, déjà agacés, tentent de partir, en vain. J’esquisse un sourire machiavélique lorsqu’ils réalisent enfin qu’ils sont tombés dans un piège. Ils ont également dû se rendre compte qu’ils sont situés au centre d’un cercle délicatement tracé par mes propres soins.

-De quoi s’agit-il jeune Storm ? Comment osez-vous vous permettre de nous piéger ? Sachez que les erreurs se payent au prix fort.

- Vous avez raison. Mais avant de vous tuer, j’aimerais récupérer quelque chose.


Maintenant que leur agacement est plus que lisible il serait temps d’intervenir. Avant que les démons ne se dispersent autour de moi, je lance sur eux une potion spécialement crée par Gloria Fost. Une fumée noire les submerge l’instant de quelques secondes avant de se dissiper pour laisser voir ces six membres allongés sur le sol, inconscients. Une fois la fumée totalement dissipée j’entre à mon tour dans le cercle et fais apparaître une dague dans ma main droite. Après avoir fait une entaille sur mon poignet, je fais couler quelques gouttes de mon sang sur le front des six membres ici présents.

- Oi anamní̱seis sas eínai orycheío, orycheío chárti̱.

Si j’ai prononcé cette petite formule correctement comme Gloria me l’a indiqué, alors d’ici quelques secondes je devrais avoir en mémoire tous les morceaux de la carte de l’Enfer. En effet, une sorte de vapeur blanche s’échappe du cerveau de ces six membres pour rejoindre directement le mien. Le voilà donc ce fameux plan, je peux enfin le voir, l’analyser, et je suis le seul à pouvoir le faire.

- Gloria Fost, ton don est magnifique.

Alors que je m’apprête à achever ces démons, l’un d’entre eux ouvre difficilement les yeux et esquisse un sourire narquois avant de prononcer une dernière phrase à voix basse.

- La carte te conduira à ta propre perte jeune démon.

Cette carte conduira à ma victoire, mais tu ne seras pas de ce monde pour le voir. Je me doute qu’un problème se posera forcément tôt ou tard, tout s’est bien trop facilement déroulé pour qu’aucun souci ne se pose. J’attendrais ce moment, et je surmonterais ce problème, comme tous les autres. J’aspire alors l’énergie de chacun des démons jusqu’à leur dernier souffle. En ces temps de guerre, plus de puissance n’est jamais de trop. C’est alors que six de mes espions apparaissent devant moi.

- J’ai une nouvelle mission pour vous.

Je change leurs apparences, je change leurs âmes, je change leurs souvenirs. A présent j’ai de nouveau en face de moi les Chárti̱s, avec cependant le plan de la carte en moins et une fausse identité.

- Partez, et évitez de vous faire remarquer.

Ils exécutent donc mes ordres et s’éclipsent les uns derrière les autres. Il ne me reste plus qu’à faire disparaître ces cadavres et j’en aurais fini pour aujourd’hui. Après avoir fait disparaître les cadavres de la forêt quelque chose attire mon attention, ou plutôt quelqu’un. Cette présence m’est pourtant inconnue. Est-ce donc là que va se poser un piège ? Non, c’est encore autre chose. Quelqu’un qui n’a aucun rapport avec la carte, ni même avec l’univers de l’Enfer. J’aperçois son visage un peu plus loin. Depuis combien de temps est-elle ici ? Je vais sans doute devoir la tuer. Je vois ses longs cheveux, cette expression étrange sur son visage. Je pose alors mon regard perçant dans le sien avant de prendre la parole en premier. Si mon regard semble dévastateur, j’opte pour une voix à la fois plus calme et déstabilisante.

- Bien le bonjour mademoiselle. Êtes-vous perdue ?

Pauvre petite âme égarée, le destin aura mal fait les choses pour toi en te conduisant à moi. Mais qui sais, peut-être que si tu n’as rien vu j’épargnerais ta vie. Ou bien je pourrais aussi te hanter jusqu’à ton propre suicide. Soit, nous verrons cela en temps voulu, selon tes agissements, selon mes humeurs, selon tes réponses. Je m’approche de toi, laissant tout de même une certaine distance entre nous. Essayes de t’enfuir et je n’hésiterais pas une seconde à t’achever. Après tout je suis un démon, et les personnes de mon espèce adorent faire couler le sang.
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Elena Carnesîr
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MessageSujet: Re: Une présence de trop [Elena]   Dim 14 Juil - 10:12

Elena n'aimait pas faire des rencontres. Elle n'aimait pas être entourée de gens, elle n'aimait pas échanger des formalités, elle n'aimait pas faire connaissance et se lier avec les autres. Elle préférait rester seule, silencieuse. À l'orphelinat, ils l'avaient compris, tout le monde. À l'école aussi, au collège, au lycée. Les enfants, les professeurs. Nombreux avaient été ceux qui avaient essayé de l'aider. Elle avait dû rendre visite à l'infirmière scolaire, puis on l'avait fait rencontrer des psys. À force, ils avaient fini par comprendre. Ils ne l'approchaient plus, du moins pas plus que nécessaire, et ne lui parlaient que quand ils devaient. Ceux qui ne la connaissaient pas, typiquement dans la rue ou à la gare, ne la remarquaient pas plus que ça, pour autant que leurs yeux ne se posaient pas sur elle plus d'une seconde, et elle ne donnait pas l'air d'être ni dépressive ni délinquante. Une jeune fille calme, timide, discrète, qui semblait mature et intelligente. Une jeune fille sans défauts, en fait, pas vraiment parfaite mais à laquelle personne ne reprocherait rien. Elle s'habillait normalement, simplement mais avec des couleurs, pas tout en noir, donc il n'y avait autour d'elle aucun préjugé basé sur le style vestimentaire, comme il y en avait autour des émos ou hippies. Non, comme ça, de l'extérieur, elle donnait vraiment l'impression d'être une jeune fille normale. Si elle n'avait pas cette aura bizarre dont elle n'avait pas conscience mais que personne ne pouvait ignorer. C'était quelque chose dans ses cheveux, c'était quelque chose dans ses yeux, dans son visage, son expression, c'était peut-être quelque chose dans sa démarche... Il y avait quelque chose, chez elle, quelque chose qu'elle ne voyait pas, quelque chose d'inné et donc d'inconscient, il y avait quelque chose qui faisait que les gens la trouvaient bizarre, différente. Quelque chose qui la rendait en quelques sortes attirante et dans le même temps lui valait des regards méfiants. Certains avaient fini par s'y faire à ça aussi, s'ils la côtoyaient depuis longtemps, le personnel de l'orphelinat par exemple, ou les jeunes de son âge. Mais au fond, tout le monde savait qu'elle était bizarre, particulière. Et plus personne ne cherchait à se lier d'amitié avec elle. Elle n'avait pas d'ennemis non plus, elle n'avait pas de confidents, et n'était jamais sortie avec personne. Si elle aimait être seule ? Non, pas vraiment non plus. Mais elle ne voulait pas des autres, elle voulait pas de leur pitié, elle ne voulait pas de leur sympathie. Depuis cette fameuse soirée, l'année de ses huit ans, elle était en quelques sortes contrainte à être seule. Elle n'aurait pas pu expliquer pourquoi, mais elle n'aimait pas les rencontres ni les liens. En fait, peut-être qu'elle était égoïste, peut-être au contraire trop solitaire, quoi qu'il en soit, elle n'aimait pas partager, ni ses souvenirs ni ses émotions ni même ses pensées.

Elle venait d'emménager à Pass Magic. C'était une ville au nom un peu bizarre – mais elle n'avait pas envie de savoir ni de comprendre, comme d'ordinaire – dans laquelle avaient habité ses parents qui, après leur mort, y avaient laissé une maison à leur fille, maison qu'elle avait pu récupérer le jour de ses dix-huit ans, et dans laquelle elle venait d'emménager. Pour le coup, elle savait qu'elle ne pourrait pas espérer ne pas rencontrer de nouvelles personnes. Rien que le soir de son arrivée ici elle avait eu l'honneur de parler à un certain Max Legrand, en sortant du cimetière dans lequel se trouvait la tombe de ses parents qu'elle était allée visiter en premier lieu. Elle ne doutait pas du fait qu'ici aussi les gens finiraient par comprendre qu'elle n'était pas quelqu'un de social et d'ouvert, pour le moins qu'on puisse dire. Mais elle allait devoir en faire la connaissance. Ce n'était pas une grande ville, loin de là, et à ce qu'elle avait compris, les habitants se connaissaient personnellement, ce qui ne lui plaisait pas du tout, certes, mais elle ne pouvait rien faire contre. Bah, ça n'allait pas la tuer, quelques bonjours, quelques bises gênées, une ou deux invitations peut-être, au bout d'un certain temps ça finirait par cesser et elle survivrait. Alors, elle pourrait enfin vivre sa vie tranquillement, comme elle le faisait depuis le début, depuis dix ans déjà. Le jour elle vivait, la nuit elle revivait. Elle revivait chaque nuit le même instant de sa vie, elle revivait ce soir où tout avait basculé, ce soir où, dans une ruelle sombre, son père lui avait intimé de rejoindre maman à la maison en vitesse, lui disant qu'il arriverait plus tard. Mais elle ne l'avait pas fait, aussi fort qu'elle l'ait voulu. Elle n'avait pas eu le temps de le faire, bien trop tôt des hommes étaient arrivés et elle avait regardé, de l'autre bout de la ruelle, son père se faire tuer. Elle se réveillait en larmes et en sueurs à chaque fois, elle ne se rappelait pas d'une seule nuit qu'elle aurait passée à dormir d'une traite jusqu'au lever du soleil.

Emménager à Pass Magic n'était peut-être pas la meilleure chose à faire pour ce qui était de ses cauchemars et autres formes de souvenirs. Ils seraient d'autant plus vifs, d'autant plus réels, d'autant plus forts, ici, puisque c'était dans cette ville qu'elle avait tout perdu. Mais elle se connaissait, elle savait qu'elle était destinée à vivre ici, qu'elle n'avait en quelques sortes pas d'autres possibilités, elle n'oublierait jamais de toute manière, et depuis toujours elle avait voulu retourner à l'endroit où on l'avait laissée seule et y rester. Comme pour attendre. Attendre quoi ? La mort, à long terme, mais à court terme ? Elle ne savait pas, peut-être attendait-elle des explications, des éclaircissements, bien qu'elle n'ait jamais été le type de gens à vouloir tout comprendre coûte que coûte. Elle savait aussi qu'elle retournerait dans cette ruelle, même si elle n'avait aucune idée laquelle c'était. Elle retournerait au conservatoire où elle prenait des cours de violon jadis, et elle essayerait de retracer le chemin que son père avait bien pu emprunter pour rentrer. Car ces deux endroits, elle les connaissait, ou du moins pouvait les connaître. Le conservatoire ne serait pas difficile à trouver, et sa maison, elle l'avait retrouvée le soir de son arrivée ici. Elle avait même déjà défait les valises et repris un tant soit peu ses repères. Elle y croyait, elle réussirait à vivre ici, elle se ferait à la ville, à ses habitants, à la maison, à la météo. Elle surmonterait tout. Elle avait toujours tout survécu. Passivement, discrètement, mais survécu. Elle se croyait fragile, et on la croyait fragile et vulnérable. Au fond, elle ne l'était pas tant que ça. C'était traître, les apparences étaient traîtres. Elle se croyait peureuse, et pourtant elle n'aurait pas pu citer une chose concrète de laquelle elle avait vraiment peur. Elle se croyait lâche, et pourtant elle affrontait chaque jour les réalités de la vie. Elle ne voulait pas comprendre, comme si elle avait peur de comprendre, et pourtant au fond de soi, inconciemment, elle avait tout compris. C'était paradoxal, elle était paradoxale, et le pire paradoxe était qu'elle n'en avait même pas conscience.

Elena n'aimait pas faire des rencontres, et elle n'aimait pas prendre ses repères. Peut-être bien parce que cela signifiait qu'elle était perdue. Mais ici, elle devait. Autant le faire sans protester, sans se le rendre encore pire. Elle sortit de la maison. Sa maison. Elle se retrouva dans la rue, sa rue, il y avait quelques passants de l'autre côté qui, tous, tournèrent les yeux vers elle, affichant un visage étonné et curieux. Une nouvelle habitante à Pass Magic, ça devait être très excitant. Youpi. Elle n'avait pas envie d'aller vers eux, pas encore. Elle était trop nouvelle pour ça, il fallait qu'elle se sente à l'aise – et après l'événement du cimetière, c'était plutôt mal parti, à vrai dire, mais bon. Elle décida qu'il lui faudrait d'abord faire connaissance de la ville elle-même, ainsi que de ses alentours. Elle replaça son sac à main comme il faut sur son épaule de laquelle il avait commencé à glisser et se mit à marcher. Elle venait de se laver les cheveux et ils étaient encore mouillés. Ça ne la gênait pas plus que ça, et au contraire, elle appréciait le doux parfum de fleurs qui s'en échapait. Elle aimait laver ses cheveux, elle se sentait légère après. Épais comme ils l'étaient, ses cheveux bruns gardaient longtemps l'odeur du shampoing et n'étaient pas gras rapidement. Elle les lavait deux fois par semaine au maximum – si elle les attachait, elle aurait pu tenir la semaine entière, mais elle n'aimait pas ça – et plusieurs fois déjà, alors qu'ils pleuvait, l'humidité avait su raviver le parfum de son shampoing. Ils sècheraient rapidement, à l'air libre, et la petite brise qui se levait ne pourrait qu'accélérer le processus. Elle contourna le centre, elle ne voulait vraiment pas se retrouver autour de plein de gens inconnus qui se connaissaient entre eux. Et alors qu'elle marchait dans une rue tournant la tête en direction de chaque ruelle qui s'en séparait, son regard fut attiré par l'entrée dans une forêt. La nature, c'était ce qu'il lui fallait pour se détendre. Marcher, seule, sur des sentiers entourés de verdure, elle ne connaissait rien de plus décontractant, paisible, serein. Quelques instants plus tard, elle passa à côté des premiers arbres. Un sourire aux lèvres, elle avançait, tranquillement, dans la forêt. Elle était comme changée, transformée, rares étaient ceux qui l'avaient vue dans cet état là. Heureuse. Elle se sentait vraiment bien, et se félicitait d'avoir trouvé cette forêt. Elle ne s'éloignait pas du sentier principal afin de pouvoir retrouver sa route, et elle regardait chaque détail autour d'elle, chaque insecte, chaque tronc d'arbre, chaque oiseau. Elle n'était pas une fille de la campagne, elle avait toujours vécu dans la ville, grise, bruyante, pleine de gens. Et elle n'avait jamais aimé ça. Peut-être venait-elle de trouver son élément ? Elle sut à cet instant qu'elle reviendrait souvent se promener dans cette forêt. Elle aimait les lieux où il ne se passait rien, les lieux calmes, et elle venait d'en trouver un. Elle ne se doutait pas encore que c'était tout autrement. Et ce fut là qu'elle entendit, sortant de nulle part, un mot. Le mot. “Démon”. Qui avait dit ça ? L'expression de la jeune femme changea instantanément. Immédiatement, elle devint méfiante, comme si elle avait peur. En fait, elle avait peur. Sans savoir pourquoi. Elle avait toujours peur, peur de l'inconnu, peur de l'invisible. Son sourire disparut en une fraction de seconde, ses yeux se dilatèrent comme à leur habitude, et ses traits reprirent leur expression à la fois vide et pleine. Pleine de questions, d'incompris, de craintes. Et elle ne voulait pas en savoir plus. Elle n'avait pas confiance. Elle voulait partir. Et là, sorti de nulle part, il y eut devant elle un homme. Il la regardait dans les yeux, et elle aurait cent fois aimé baisser la tête, rien n'y fit, ses yeux étaient comme des aimants. Des yeux mauvais. Il prit la parole.

- Bien le bonjour mademoiselle. Êtes-vous perdue ?

Sa voix était calme, posée, douce. Trop douce. Elle n'aimait pas ça. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle n'aimait pas ça, c'était ainsi. C'était instinctif.

- Bonjour, je... non non, je me promène juste, merci.

Elle avait réussi. Elle avait eu assez de forces pour cacher les chevrottements, paraître posée, sûre d'elle, malgré sa respiration qui s'était accélérée et la pression qui était montée en elle. Quelque chose clochait, quelque chose ne tournait pas rond. Ce mot, démon, c'était la seconde fois qu'elle l'entendait, dans la bouche d'inconnus. Déjà la première fois, inexplicablement, il avait provoqué en elle quelque chose d'indescriptible, elle ne voulait plus jamais l'entendre, alors que c'était juste un mot, comme monstre, et pourtant, démon, était différent. Elle ne l'avait pas imaginé, son esprit ne lui jouait pas des tours. Elle se savait assez réaliste pour savoir ce qu'elle avait entendu. Ce n'était qu'un mot, elle n'avait pas entendu le début ni la fin de la conversation ni même de la phrase. Elle avait juste entendu un mot, un seul, comme s'il se réverbérait dans les feuilles d'arbres, comme s'il était venu la trouver elle. Mais là n'était pas la question actuellement, elle n'en avait vraiment rien à faire, au fond cela n'avait pas tant d'importance que ça et le meilleur pour elle serait d'oublier. Car actuellement, elle se trouvait devant un inconnu, encore un. Courir ? Ridicule. Et sans doute inutile, il n'avait pas l'air de quelqu'un de faible, de passif ni d'handicapé et aurait tôt fait de la rattraper, c'était sûr. Et puis, elle n'avait rien fait de toute manière, elle ne le connaissait pas plus qu'il ne la connaissait, alors, aucune raison de paniquer. Elle devait plutôt continuer à essayer de paraître naturelle. Elle tenta un sourire et de sa main gauche elle coinça quelques mèches brunes derrière son oreille droite. Ce n'était pas fait exprès, mais elle venait de briser le contact visuel, et cela lui fit du bien, même s'il fut rétabli dès que sa main se replaça le long de son corps.

- Et vous ? Que faites vous ici ? Vous êtes la première personne que j'ai rencontrée ici depuis le début de ma promenade.

Ceci n'est pas un interrogatoire, vraiment. C'est seulement un semblant de conversation normale.
Et ce mot, toujours ce même mot, se réverbère à l'intérieur de sa tête, à l'intérieur de son être entier... Démon.

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Merci Kalia ! =D
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Matthew Storm

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MessageSujet: Re: Une présence de trop [Elena]   Ven 2 Aoû - 16:46

« Qui a rejeté son démon nous importune avec ses anges. »

Un monde ordinaire n’existe pas. Il y aura toujours des évènements surnaturels qui apparaitront tôt ou tard dans vos misérables vies d’humain pour vous rappeler que nous sommes là. Des bruits inexpliqués, des apparitions étranges, l’image floue d’un fantôme errant. Puis il y a nous, les anges et les démons, ceux qui se fondent quotidiennement dans la masse et qui agissent discrètement. Qui a donc décrété cela ? Pourquoi nous cacher au lieu de vous gouverner ? Même sur Terre nous pourrions avoir notre propre armée, mais l’humanité ne nous intéresse pas, car les humains sont trop faciles à manipuler. C’est la peur qui vous contrôle, si demain je vous menace de mort alors vous m’obéirez puisque l’au-delà vous effraie. Pourtant si les anges viennent vous secourir, alors vous me trahirez sans hésiter. Les humains ne sont pas dignes de confiance, ils sont méprisables et pour la plupart faibles. Je les déteste tous. Gouverner l’Enfer est un projet bien plus intéressant, mais qui surtout me rapportera plus que de régner sur la Terre. Vous vivez votre petite vie d’humain tranquillement, paisiblement, sans même oser imaginer ce qu’il peut se passer autour de vous. Le surnaturel vous effraie, en fait tout ce qui est plus puissant que vous ne l’êtes vous fait peur.

Et toi, jeune demoiselle, as-tu peur de moi ? Tu ne dis rien, tu restes immobile, tu cherches la bonté dans ce regard si mauvais. Ne cherches pas trop, tu ne trouveras rien de bon en moi. Qui es-tu donc ? A part une jeune étudiante un peu trop curieuse peut-être. Non, tu n’es absolument pas curieuse, je connais ce regard. Ton apparence montre que tu es sûre de toi, mais tes yeux te disent de t’enfuir. Pourtant tu le sais bien que tu ne m’échapperas pas, n’est-ce pas ? Bien sûr que tu le sais, sinon tu serais déjà en train de t’épuiser à courir.


- Bonjour, je... non non, je me promène juste, merci.

Douce voix angélique, trop innocente. Ton âme empeste la pureté. Est-ce possible ? Une humaine qui a effacé son côté le plus sombre et le plus maléfique ?  Ou peut-être n’es-tu tout simplement pas celle que tu espères me montrer. Puisque tu crois si bien pouvoir me tromper, alors je rentrerais dans ton jeu. Attention la partie est ouverte, faîtes vos jeux. Humaine ou bien ange ? Je compte bien dissiper ce doute.

- Et vous ? Que faites-vous ici ? Vous êtes la première personne que j'ai rencontrée ici depuis le début de ma promenade.

Alors finalement tu es un minimum curieuse, à moins que cette conversation t’est utile uniquement pour gagner un peu de temps. Intéressant comme jeu, un mélange entre un cache-cache et attrape-moi si tu le peux. Pourquoi pas, trouve toi une très bonne cachette ma douce, car peu importe où tu iras, je te trouverais. Tu l’as lu à travers mes yeux n’est-ce pas ? Que je suis démoniaque, que je t’ai choisie comme proie.

- J’étais avec des amis, c’est dommage tu les as raté de peu, ils sont déjà partis.

Partis dans l’au-delà. Partis brûler en Enfer. Veux-tu les rejoindre ? Finalement je crois bien avoir touché le gros lot, pour une journée censée être banale, voilà que j’ai droit à une nouvelle habitante au caractère mystérieux et avec des secrets. J’aime découvrir les secrets. Je m’avance encore de quelques pas vers toi, toujours en respectant ton espace personnel, du moins pour le moment. Je veux te regarder de plus près, sentir la puissance de ton âme. Je te tends alors ma main, après tout, nous ne nous sommes pas encore présenté, quelle impolitesse.

- Matthew Storm, enchanté de faire votre connaissance.

Tu es hésitante, pourtant tu sais bien que tu vas saisir cette main. Je suis poli envers toi alors sois respectueuse et ne tente pas le diable. C’est après quelques secondes d’hésitation que tu saisis enfin la main que je tends vers toi. Nos peaux entrent en contact l’espace de deux secondes à peine, mais pourtant ces secondes là me sont parfaitement suffisantes pour lire en toi. Aurais-je oublié de préciser que mon pouvoir est lié à l’énergie ? Il n’est jamais trop tard pour avouer ses dons. Ce contact ma chère, il m’a permis de savoir que tu n’as pas une énergie d’humaine, et encore moins un cœur de petit mortel. Je la vois, cette petite carapace autour de ton âme, tu cherches à la protéger de la vérité. Tu cherches à la protéger du surnaturel et de ce que tu es vraiment. Pourtant je vois également quelques fissures, tu es déjà entrée en contact avec le mal et ta vision du monde pourrait bientôt changer. Intéressant, très intéressant. Enfin de compte je vais peut-être te rendre un service ma belle, je vais réveiller le surnaturel qui sommeille en toi, et après ça je te tuerais.

*Petite âme innocente qui descendra fatalement la pente.*

Oh tu ne lis pas dans les pensées, si ? Ce serait absurde puisque tu ne connais même pas l’étendue de tes pouvoirs. Je plonge à nouveau mon regard dans le tien. Mes yeux imposants te montrent une fois encore que tu devrais fuir, que tu as en face de toi un véritable assassin. Mais comme tout bon bourreau, avant de m’en prendre à ma victime, j’aime parfois savoir comment elle se nomme.

- Quel nom peut donc bien se cacher derrière ce visage d’ange ?
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Elena Carnesîr
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MessageSujet: Re: Une présence de trop [Elena]   Dim 4 Aoû - 10:43

La peur, ce sentiment dévastateur, le plus puissant de tous les sentiments qu'elle connaisse, et qui ne l'a jamais quittée depuis ses huit ans. Lui laisser la main libre pour gouverner revient à signer son propre arrêt de mort. La peur conduit à des réactions inédites, elle engendre des comportements irréfléchis, emprunts de panique, de folie. C'est eux qui conduisent à la fin, à la chutte. Du moins, c'est le cas pour la majorité des humains. Il y a parfois quelques exceptions, puisque de toute manière c'est les exceptions qui confirment la règle. Elena était peut-être une de ces exceptions. Elle n'en était pas consciente, par contre. Il y avait une peur profonde au fond de son âme, une peur d'un peu tout, de tout et de rien comme on dit. Mais elle vivait avec, et c'était ça le truc. Elle savait vivre avec sa peur, elle essayait de l'ignorer, de l'éviter – surtout ne jamais faire face à quoi que ce soit. Elle avait accepté la peur, elle avait accepté sa présence en elle, la peur faisait partie d'elle. C'était peut-être un de ses paradoxes inconscients. Car en un sens, c'était comme si elle avait vaincu la peur, mais de l'autre côté, elle ne lui avait jamais fait face. Elle ne l'avait jamais affrontée, et pourtant, elle n'était pas sous son joug. C'était difficile à expliquer, elle même ne s'en rendait pas compte du tout, mais les faits étaient là. N'importe qui pouvait lire dans son regard une peur bel et bien réelle, mais aussi une force inexplicable.

Elle n'était pas courageuse, elle n'avait jamais été comme ces héros de romans ou de télé qui n'avaient peur de rien, ou au moins qui n'avaient pas peur de la peur. Elle était quelqu'un de passif, d'introverti. Si elle essayait de cacher quelque chose ? Inconsciemment peut-être. Mais elle se savait transparente, elle savait qu'on pouvait comprendre la plupart de ce qu'elle ressentait, elle ne se faisait pas d'illusions. Elle n'essayait pas d'être quelqu'un qu'elle n'était pas. Elle savait très bien qu'elle n'était pas une bonne actrice, et une encore pire menteuse. Cela ne mènerait nulle part qu'elle cache quelque chose, en fait elle n'avait rien à cacher. Le truc, c'était qu'elle ne se connaissait pas elle-même, que ce qu'elle cachait aux autres lui était inconnu à elle aussi. D'ailleurs, c'étaient souvent les autres qui percevaient quelque chose de plus en elle que ce qu'elle connaissait de soi. Elle n'aimait pas les autres, elle ne se sentait pas à l'aise avec les autres, elle n'appartenait pas à leur monde. Elle n'appartenait nulle part, et elle voulait rester seule. Elle les évitait, tous, s'isolait le plus qu'elle pouvait. Elle n'avait pas besoin d'eux, ne cherchait pas d'amis ni d'amoureux, elle voulait simplement qu'on lui foute la paix. Pourtant, si ce n'était pas le cas, si elle croisait la route de quelqu'un – ou si quelqu'un croisait la sienne – elle savait bien ce qu'il fallait faire. Elle restait polie, elle restait gentille. Polie, gentille, réservée. Excessivement. Elle finissait par les ennuyer, tous. Elle était plate, informe, fade, inintéressante. Et c'était tant mieux.

Elle préférait la nature. La nature, elle n'était pas envahissante, marlgré ce qu'on puisse penser. Dans la jungle la plus sauvage, elle se sentirait plus à l'aise qu'entre les hommes. C'était sans doute pour ça qu'elle n'avait pas hésité lorsqu'elle avait vu la lisière de la forêt et y était rentrée, en espérant qu'elle n'y soit pas dérangée. Elle avait besoin de se remettre à l'aise, parce qu'emménager à un endroit plein d'inconnus n'avait vraiment rien de rassurant, surtout pour quelqu'un comme Elena. Mais, si le début de sa promenade s'était déroulé sans incident et avait été détendant à merveille, elle avait bientôt fini par devenir plus mystérieuse et effrayante qu'elle ne l'aurait apprécié. D'abord, il y eut ce mot, ce mot qui se réverbéra dans son cerveau, dans son corps puis dans son âme. Démon. Ce mot qu'elle avait déjà entendu de la bouche de ce Max Legrand qu'elle avait rencontré dès son premier jour à Pass Magic alors qu'elle sortait du cimetière où se trouvait la tombe de ses parents. Démon. Ce mot qui maintenant était arrivé jusqu'à elle comme si les feuilles d'arbres l'avaient transporté, parce qu'il n'y avait apparemment personne en vue. Mais d'un coup, sans prévenir, un jeune homme sorti de nulle part se trouva à quelques mètres d'elle, entre les arbres. Il la fixait dans les yeux, et elle savait qu'il pouvait y lire cette peur profonde qui l'empêchait de faire quoi que ce soit. C'étaient des yeux mauvais, elle avait beau chercher, c'était sans espoir, car il n'y avait rien de bon dans ces yeux, tout comme il n'y avait rien de bon dans cet homme. Pourtant, lorsqu'il la salua et lui demanda si elle était perdue, il le fit d'une voix douceureuse, mielleuse. Elle avait envie de crier, de hurler, et de s'enfuir. Mais cela ne servirait à rien, elle le sentait. Elle essaya de se persuader que de toute manière, elle n'avait rien fait de mal, qu'il n'avait aucune raison d'en vouloir à quelqu'un qu'il ne connaissait pas, et elle lui répondit qu'elle se promenait simplement, en le remerciant, pour rester polie. Petite, vulnérable, fragile, oui tout ça elle l'était. Et pourtant, elle essaya d'engager une conversation qui se voulait normale. C'était idiot que d'avoir peur sans raison, c'était complètement idiot. Alors, pourquoi avait-elle peur ?

« J’étais avec des amis, c’est dommage tu les as ratés de peu, ils sont déjà partis. »

Tutoyement ? Bizarre. Mais sa seule réaction fut un court fronçage de sourcils. Cela ne valait pas la peine d'être relevé. Car le plus inportant, c'était ces yeux, ces yeux indescriptibles tellement ils étaient puissants, magnétiques, insistants. C'était peut-être idiot que d'avoir peur sans raison, et c'était absurde qu'il lui veuille du mal alors qu'il ne la connaissait pas, mais elle sentait que c'était le cas. Il aimait la peur qu'il pouvait lire dans ses yeux à elle, il aimait son air incertain, enfantin, incapable de se défendre. Elle serait une proie facile. Il pourrait jouer avec elle avant de l'achever, il pourrait s'amuser en faisant d'elle ce qu'il voudrait sans qu'elle ne puisse faire quoi que ce soit contre. Déjà, il faisait quelques pas en sa direction, et elle eut envie de hurler. Il restait certes à une distance raisonnable, mais rien que ces quelques pas l'inquiétèrent comme s'il les avait fait un poignard ou un pistolet à la main et le sourire diabolique. Il lui tendit la main d'un air tout à fait normal, décontracté, désinvolte. Il était sûr de lui, il était confiant, et il était mauvais – tout ce qu'elle n'était pas.

« Matthew Storm, enchanté de faire votre connaissance. »

Elle lui sourit faiblement. Sa main, tendue devant lui, attendait qu'elle la saisisse. Elle baissait les yeux vers elle et les montait à nouveau vers son visage. Plusieurs fois. Son cœur qui s'était déjà mis à battre plus vite auparavant accéléra encore un peu. Elle eut envie de pleurer. Qu'est ce qui se passait ? Elle ne comprenait pas qu'est ce qui se passait, ça la dépassait complètement, et c'était menaçant, dangereux. Elle n'aimait pas ça, elle n'aimait pas ce regard insistant, et cette main impatiente, et cette présence à côté d'elle, et ce mot resté dans sa mémoire. Qu'est ce qu'elle faisait là ? Elle finit par prendre la main qu'il lui tendait, rapidement. Un court instant, leurs peaux se touchèrent, et elle ne vit plus rien, n'entendit plus rien. Du noir partout autour d'elle, et un bourdonnement, comme du tonnerre, dans ses oreilles. Un arrière plan neutre, vide, alors que dans son âme se passait l'impossible, l'incroyable. Un éclair, une déchirrure. Un combat ? Un combat entre bien et mal... C'était ridicule, complètement idiot, cela n'avait aucun sens. Mais le sens n'avait rien à faire dans tout ça, et fut écarté sans ménagements. C'était surnaturel. Et elle n'était pas la petite fille discrète et fragile qu'elle croyait être, elle n'avait pas succombé, sa partie à elle était forte. Quelques secondes à peine, puis à nouveau elle entendit les oiseaux et vit la verdure autour d'elle. Sa main, conduite par sa motivation première d'écourter au maximum le contact, était à nouveau le long de son corps. Elle était redevenue la jolie petite brune qu'elle était, et qui ne voulait pas faire face à quoi que ce soit. Elle n'avait rien compris à ce qui s'était passé, mais elle savait qu'il était mauvais. Et cette partie inconsciente en elle, cette lumière si pure qui était sortie de la déchirrure et s'était battue contre le noir alentours, elle, avait compris que l'ennemi, le démon, c'était ce Matthew Storm qui se trouvait devant elle.

« Quel nom peut donc bien se cacher derrière ce visage d’ange ? »

Ah oui, il lui avait dévoilé son identité, mais elle ne lui avait pas encore dit la sienne. De sa main droite, elle coinça quelques mèches de cheveux derrière ses oreilles, constatant qu'ils étaient encore mouillés, et répondit :

« E-Elena. »

Sourire, toujours aussi hésitant. Voire même plus encore que les précédents.

« J'emménage. »

Silence de quelques secondes.

« Je me disais que... que je devrais prendre l'air. Mais... mais maintenant il faudrait que je rentre, je dois... je dois encore faire quelques courses avant que ça ferme... »

Tu ne la laisseras pas partir, hein ? Cette partie inconsciente en elle, qui commence seulement à se montrer, sait bien que tu ne la laisseras pas partir, que cela serait absurde. Ou alors, si tu la laisses partir, tu la retrouveras plus tard et ce même si – et c'était tout à fait involontaire – elle ne t'a pas dit son nom de famille. Mais la partie peureuse, la partie discrète, la partie consciente, espère, naïvement sans doute, mais sincèrement, que tu la laisseras partir, que tu ne t'intéresseras pas de plus près à l'être fade et dénué d'originalité qu'elle est, que tu te détourneras d'elle ennuyé.

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Merci Kalia ! =D
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Matthew Storm

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MessageSujet: Re: Une présence de trop [Elena]   Mer 7 Aoû - 0:55

« L'ignorance préserve de la peur. »

Comment peut-on avoir peur de l’inconnu ? Avouons-le, nous ne pouvons pas avoir peur de ce que nous ne connaissons pas. Peut-être est-ce pour cette raison que l’être humain refuse de croire en l’existence du surnaturel. Pour eux la magie est fausse, c’est simplement quelque chose de beau, capable d’émerveiller les passants, de faire croire en des rêves, d’espérer peut-être. Personne ne voit le mal à travers la magie. Pourtant les démons sont bien présents, et leur magie n’est pas utilisée pour servir de spectacle. Le feu peut-être contrôlé et destructeur, demandez donc à ce cher Max Legrand. L’énergie peut se retourner contre l’humanité et vous tuer, je peux moi-même vous en faire une petite démonstration. Tout peut être contrôlé, tout peut être détruit. En réalité votre survie dépend de nous, de nos humeurs, de nos envies... Admettez-le, l’humanité est faible face au monde de la magie. C’est mon point de vue, et je suis prêt à le prouver en tuant tout un quartier en l’espace de quelques secondes. Ou peut-être qu’une ville entière vous impressionnerait plus ? Un pays ? A quoi bon de toute façon. C’est bien plus amusant de choisir une seule cible et de la pourchasser. Le plaisir de lire la peur sur son visage, de trouver un peu d’espoir, d’être anéantie. Nous ne pourrions pas profiter de ces instants si nous vous tuons tous d’un seul coup.

L’ignorance préserve de la peur. Alors vous préférez ignorer notre monde pour pouvoir vivre paisiblement. Tu préfères ignorer ce que tu es parce que tu as peur de ce qui n’est pas ordinaire. La preuve, tu as peur de moi. Etre un démon est vraiment plaisant, du moins lorsque l’on est puissant, car nous n’avons que rarement peur. Je vais te faire une confidence, les humains que je prends le plus de plaisir à chasser sont les chasseurs, ironique n’est-ce pas ? J’adore les voir paniquer lorsque tout ne se déroule pas comme ils l’avaient prévu. Encore plus lorsque le plan B et C ne peut plus être appliqué. Alors ils cherchent à se protéger, à se préserver de la mort, mais nous les démons sommes toujours là pour leur rappeler que l’Enfer est tout près. J’aime faire couler leur sang. J’aime goûter leurs larmes. J’aime entendre leur hurlement, surtout pour ceux qui essayent de garder la face jusqu’au dernier instant. Tu aurais sans doute pris pour un fou l’humain qui t’aurait décris toutes ces choses. Mais moi je ne suis pas un psychopathe, je suis tout simplement un démon, et la mort fait partie de ma nature.

Pauvre petite chose fragile incapable de trouver une solution. Tu sais que le mal est tout près, car tu sais que le mal, c’est moi. Alors dis-moi, que vais-je bien pouvoir faire de toi ? Te laisser courir puis te rattraper et te tuer ? Sans doute un peu trop court, et pas tellement amusant. Peut-être te ligoter et te torturer ? Après tout nous sommes dans une forêt, ici personne ne viendra à ton secours. D’ailleurs c’est bien dommage. J’aurais bien aimé que tes cris attirent l’attention et que je puisse me défouler sur quelques autres petits êtres. La peur Elena, je peux clairement la lire sur ton visage, et j’adore te voir afficher cette expression lorsque tu me regardes.


- Je me disais que... que je devrais prendre l'air. Mais... mais maintenant il faudrait que je rentre, je dois... je dois encore faire quelques courses avant que ça ferme...

Cherches-tu déjà à me fausser compagnie ? Ce n’est vraiment pas poli de me laisser là alors que je cherche simplement à te connaître un peu plus. Ta voix tremble jeune humaine, tout en toi montre que tu as peur. Tu répètes des mots. Tu cherches une mauvaise excuse pour t’échapper d’ici, excuse vraiment banale soit dit en passant. Je ne sais pas, tu aurais pu innover un peu, moi à ta place j’aurais plutôt dit : « je dois m’en aller, j’ai encore quelques humains à tuer, un Enfer à gouverner… ». C’est déjà un peu plus original non ? Et vrai surtout. Toi je vois bien que tu mens.

- Vous m’abandonnez déjà, Elena sans nom ? J’en suis vraiment triste.

J’ai bien remarqué que le tutoiement ne t’a pas vraiment plu, mais il n’est pas trop tard pour remettre un peu de courtoisie dans notre discussion. Un petit sourire maladroit et tu te retourne déjà, commençant à marcher le long de la forêt pour rejoindre la sortie, surement le plus vite possible. Ce n’est vraiment pas bien de tourner le dos à ses ennemis, on ne te l’a donc jamais enseigné ? Pourtant c’est une règle d’or. J’attends quelques minutes, de ne presque plus t’avoir dans mon champ de vision. Puis sans crier garde, j’apparais juste devant toi, te bloquant le passage. Surprise ! Oh de la magie. Oui ma belle, le surnaturel existe bien.

- Ce n’est vraiment pas correct de laisser un homme triste tout seul dans une forêt.

Cette expression de terreur dans ton regard... C’est un vrai régal. Finalement je crois bien que je vais m’amuser un peu aujourd’hui. Avec tous ces plans de gouverner l’Enfer et de renverser les Princes, je me rends compte que je n’ai pas tellement pris le temps de me distraire un peu, enfin tout dépend de quelle manière. Je me rapproche de toi pas à pas, tandis que tu recules, ne regardant pas derrière toi, n’osant même plus quitter mes yeux. Mon regard si mauvais. Pourtant tu devrais, car tu te retrouves rapidement bloquée contre un arbre, avec moi juste en face de toi. J’esquisse un petit sourire sadique, sans doute un sourire que tu n’oublieras pas de si tôt.

- Que vais-je bien pouvoir faire de toi...

J’aurais aimé connaître ta puissance avant de te tuer. Savoir de quoi tu es capable, pouvoir constater l’étendue de tes pouvoirs. Mais pour cela il faudrait déjà que tu te rendes compte de ta véritable personnalité, puis après s’en suivra un long, très long entrainement. On ne devient pas fort du jour au lendemain, mais peut-être ne connaitras-tu jamais ta puissance. En revanche, je peux au moins faire en sorte de te révéler ta propre identité avant de te tuer. Je pose alors ma main droite sur ton épaule. Une main qui semble tant te répugner.

- Les anges se font rares de nos jours. Alors dis-moi, lequel de tes parents a le plus souillé ton âme ? Une mère ange avec un idiot d’humain ? Ou bien l’inverse ?

Cette fois ton regard passe de la peur à la colère. Bien, très bien. C’est un bon début. La peur bloque tes pouvoirs, mais la haine en revanche, elle t’aidera à devenir plus forte. Pourtant tu ne fais toujours rien. Alors avec ma main posée contre ta peau, j’aspire peu à peu ton énergie vitale. Toujours rien ? Ce que ça peut-être ennuyant... Finalement je perds peut-être mon temps avec toi. Tu es trop renfermée dans ton petit monde pour comprendre ce qu’il t’arrive.

- J’aurais préféré que ce soit un peu plus distrayant petite ange, mais tant pis. Je vais t’aider à rejoindre le paradis.

Une boule d’énergie se forme dans ma main gauche. Je n’ai plus qu’à visé le cœur ou bien la tête et tu es finie. Finalement petite humaine, tu aurais mieux fait de ne jamais mettre les pieds à Pass magic. Cette ville est bien pour les anges et les démons. Or tu refuses bien trop d’admettre ce que tu es pour te considérer comme une véritable ange.

- Au plaisir de t’avoir rencontré.
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Kalia Alena

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MessageSujet: Re: Une présence de trop [Elena]   Dim 1 Sep - 23:55

//Première nuit depuis son retour à Pass Magic. Ne devrait-elle pas se trouver chez elle ? Kalia n’arrivait définitivement pas à repasser les portes de sa maison, à croire qu’elle redoutait que son passé lui ressurgisse d’un seul coup à la figure… Ou bien parce que sa place n’était peut-être tout simplement plus ici, c’est du moins ce qu’elle avait pensé jusqu’à cette nuit.//

//Une bonne balade dans la forêt, rien de tel pour évacuer les épreuves de ces derniers jours. Venir en aide à Mephisto… Si elle avait su qu’elle aurait dû faire ça un jour… Peut-être qu’elle aurait demandé à Elias de l’achever avant tant ça la répugnait. Pourquoi avait-elle quitté Pass Magic finalement ? Pourquoi avoir passé une année entière à s’entrainer si durement si ce n’est dans le but de ne plus jamais se faire forcer la main par qui que ce soit ? Cette fois-ci pourtant, les choses avaient été bien différentes des fois précédentes. Si Kalia avait accepté d’aider Mephisto, c’était uniquement pour la sécurité de son royaume, par devoir, et non pas par faiblesse. C’est pourquoi elle ne regrettait pas son choix. La jeune femme n’avait aujourd’hui plus rien à voir avec celle qu’elle était en quittant Pass Magic.//

//Adossée à un arbre contre la forêt et perdue dans ses pensées, Kalia ressentit soudain une présence des plus étranges dans les alentours… Une présence tellement dissimulée que c’est tout juste si elle parvint à sentir l’ange qui se trouvait dans les parages. C’était la première fois qu’elle ressentait ce genre de présence, comme si quelque chose dissimulait volontairement l’aura d’ange qui ne demandait qu’à exister. Pourtant elle était tout de même présente. Curieuse de savoir qui pouvait bien être cette personne, Kalia commença à avancer dans la direction d’où provenait cette aura si discrète. Mais c’est alors qu’elle ressentit une autre présence dans les parages… Une présence qu’elle connaissait très bien… Celle d’un membre du chaos.//

//Pas de temps à perdre, l’un des siens était en danger, et elle le ressentit parfaitement lorsque l’aura de l’ange, au départ complètement minime, se fit soudain beaucoup plus forte en réaction à la panique. Cette personne, qui qu’elle soit, était en danger. C’est alors que Kalia déboula à l’endroit où se trouvaient les deux présences, et aperçut Matthew, face à une jeune femme.//

- J’aurais préféré que ce soit un peu plus distrayant petite ange, mais tant pis. Je vais t’aider à rejoindre le paradis.

//Une boule d’énergie venait d’apparaître dans sa main. Si elle n’intervenait pas, il allait la tuer. Et ça, c’était absolument hors de question. Kalia joignit ses deux mains et frappa soudain le sol si fort en direction de Matthew qu’un bruit de tremblement de terre se fit ressentir à travers toute la forêt et une immense fissure se forma à l’endroit où se trouvait Matthew de telle sorte qu’il fut obligé de reculer. Et profitant de ce moment où il perdait l’équilibre, elle s’abattit comme un boomerang dans l’esprit du démon, pour le faire entièrement relâcher prise faire disparaître sa boule d’énergie qu’il tenait dans la main, tandis qu’elle s’avançait pour se mettre entre la jeune femme et lui, avant de relâcher la douleur mentale qu’elle lui infligeait.//

- Eh bien quoi tu ne me salues même pas depuis tout ce temps ? Tu t’es assez amusé comme ça. Il est hors de question que tu touches à cette fille… Si tes pulsions te démangent, je me ferai une joie de venir les apaiser. Après tout mon poing commence lui aussi à me démanger depuis le temps.

//Kalia n’aurait même pas besoin d’engager un véritable combat avec Matthew pour qu’il constate à quel point elle avait pu changer depuis leur dernière rencontre. Elle avait toujours été combative, mais avait toujours eu un peu de mal à bien maitriser ses pouvoirs. Cette fois, il n’en était rien, et ça pouvait se sentir rien qu’au regard sûr qu’elle lui lançait et à la façon dont elle était arrivée. Elle se retourna vers la jeune femme, et essaya de la rassurer, de peur l’avoir complètement terrorisée. Elle n’avait volontairement pas prononcé le mot « ange », se demandant si Matthew ne venait pas de lui révéler une vérité dont elle n’avait même pas encore conscience jusqu’à présent.//

- Ne t’en fait pas, il ne te touchera pas, tu as ma parole. Mais pour cela tu vas devoir me faire confiance et ne pas t’enfuir, car s’il se téléporte, je ne pourrai pas faire de même.

//Contrairement à pas mal de monde à Pass Magic, Kalia n’avait pas le pouvoir de se téléporter. Et malgré le fait qu’Elena ne lui fasse peut-être absolument pas confiance après tout ce à quoi elle était en train d’assister, il valait tout de même mieux qu’elle se retrouve entre ses mains à elle plutôt qu’entre celles de Matthew non ? Si seulement son côté ange était un peu plus présent, elle ne douterait pas du fait qu’elles se trouvent toutes les deux dans le même camp.//

- Alors Matthew ? Cherches-tu à déclencher une guerre avec moi ? N’en as-tu pas déjà assez à gérer avec ton propre camp ?

//Les rumeurs qui circulaient sur le démon à propos de ses différends avec les Princes de l’Enfer et en particulier Satan, Kalia en avait entendu parler, mais elle ne savait pas encore si elles étaient confirmées ou non. Quoi qu’il en soit, Matthew savait que s’il décidait d’engager le combat contre elle aujourd’hui, ça ne serait pas sans conséquences.//

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❀ On ne naît pas maître de son destin, on le devient. Plus le pouvoir lié à notre rang est élevé, plus les personnes qui tenteront de nous nuire seront nombreuses. Mais chaque obstacle renforce ma détermination. Plus je les haïrais, plus mon courage se manifestera. Je me suis fixé un but et je n'en démordrai pas.
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Elena Carnesîr
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MessageSujet: Re: Une présence de trop [Elena]   Sam 7 Sep - 1:02

« Vous m’abandonnez déjà, Elena sans nom ? J’en suis vraiment triste. »

Ironique, et hypocrite. Il n'avait vraiment pas l'air triste, au contraire, il semblait plutôt bien s'amuser de l'effet qu'il avait sur elle, de comment elle essayait de lui fausser compagnie, comment elle le regardait, soumise et impuissante, petite et frêle face à quelqu'un comme lui, face à ses yeux mauvais, son air mauvais, sa carrure mauvaise, sa taille mauvaise. Tout sur lui était mauvais. Beau, mais mauvais. Elle le sentait jusqu'au plus profond de son âme, et quand il l'avait touchée, quand il avait serré sa main en se présentant, il lui avait semblé qu'à l'intérieur de son corps, une tempête se déchaînait, une guerre faisait rage et dévastait tout sur son passage. Elle ne comprenait pas qui il était, ce qu'il lui voulait, pourquoi il prenait cet air faussement dépité alors qu'à l'intérieur, il était évident qu'il jubilait. Elena savait que s'il décidait de la poursuivre, elle n'aurait aucune chance de lui échapper. S'il voulait jouer avec elle, elle n'aurait d'autre choix que de lui servir de jouet. Alors, il fallait simplement essayer de ne pas l'intéresser, de ne pas lui donner de raison de la suivre. Ne pas le vexer, ne pas se disputer avec lui, ne pas lui poser de question. Rester banale, car elle était banale. Elle s'était toujours mêlée à la foule, elle avait toujours fait en sorte de ne pas attirer les regards, de se confondre parmi les autres, de dissuader chacun qui manifesterait ne serait-ce qu'un peu plus d'intérêt que les autres. Il lui fallait rester polie, sourire un peu, tant bien que mal, et s'éloigner lentement, comme si de rien n'était. Un pas après l'autre, les oreilles aux aguets. Mais il n'y avait aucun bruit. Apparemment, elle avait réussi. Il était resté immobile, ou peut-être s'était il éloigné. Mais elle n'entendait pas de pas derrière elle, elle ne voyait pas d'ombre suspecte. Calme plat. Et là était l'erreur. C'était ce calme plat qu'elle aurait dû trouver suspect. Ce silence. Elle avait crié victoire bien trop tôt, et elle s'en rendit compte dès que le sentier qu'elle avait emprunté esquissa un virage. Car alors, il fut à nouveau là, devant elle, lui barrant le passage. Sorti de nulle part. Apparu comme par magie. Elle eut un hoquet de surprise et porta une main à sa bouche pour ne pas crier. Ses yeux se dilatèrent à nouveau, et elle reprit cette expression appeurée qu'elle avait au départ. Quoi ? Qu'est ce qu'il faisait là encore ? Qu'est ce qu'il lui voulait ? À quoi ça rimait, tout ça ? Elle ne comprenait pas, et sentait que son cœur s'accélérait : elle commençait à paniquer. Elle remit sa main le long de son corps, et força sa respiration à se calmer.

« Ce n’est vraiment pas correct de laisser un homme triste tout seul dans une forêt. »

Cet homme était mauvais. Elle n'était vraiment pas à l'aise avec lui, au point de vouloir fuir loin, partir en courant, s'enterrer quelque part, le plus profondément possible, rester terrée pendant très longtemps... Elle avait peur. Non, elle était terrifiée. Elle recula. Elle avait envie de pleurer. Elle faillit trébucher à trois reprises, et sentit une branche la griffer sur la cuisse par derrière, laissant perler une goutte de sang, mais elle resta debout, reculant toujours plus loin alors qu'il s'approchait toujours plus près. Et là, dans son dos, elle sentit quelque chose de dur lui barrer le chemin. Un tronc d'arbre, qu'elle tâta, l'entourant de ses bras, s'accrochant à ses irrégularités par les doigts, comme si elle pouvait se fondre avec lui. Et IL était là, réduisait de plus en plus la distance entre eux, maintenant qu'elle ne pouvait plus fuir. Son regard encore plus perçant qu'avant, son sourire pervers, cruel, sadique, alors qu'il s'approchait lentement, pas à pas, vers elle, se délectant visiblement de son air d'animal traqué, pris au piège...

« Que vais-je bien pouvoir faire de toi... »

Tout près d'elle, à quelques centimetres. C'était trop près, il avait brisé son espace personnel, avait pénétré à l'intérieur de la sphère qui la délimitait des autres, de son entourage. Elle sentait la chaleur de son corps, son souffle calme et profond, et se retenait de hurler. C'était comme si on la comprimait à l'intérieur d'un tuyau, elle se sentait proche de la claustrophobie, rien qu'en sa présence un peu trop rapprochée à son goût. Il ne l'avait même pas touchée, il était juste là à la regarder encore et toujours, les yeux plissés espièglement, fourbement, les dents blanches et parfaitement allignées dévoilées sous ses lèvres étirées en un sourire qui la dérangeait au plus haut point. Elle revit alors cet événement qu'elle avait réussi à se sortir de l'esprit et en avait été heureuse, elle revit ces trois hommes dans la ruelle sombre, le soir de son arrivée, qui l'avaient encerclée. Elle revit celui qui l'avait empoignée fermement, sans pitié, par le bras, au dessus de son coude, et maintenue debout, dompté ses essais de se débattre. Elle revit celui qui, un couteau à la main, lui avait soulevé les cheveux, avait rapproché son visage de sa nuque, et – au lieu de la mordre comme elle aurait presque cru qu'il le voulait – lui avait ordonné, la bouche tout près de son oreille, de parler, de crier, pour les amuser. Elle revit celui qui, assis sur le capot de la voiture derrière laquelle elle avait eu la mauvaise idée de se cacher, regardait la scène avec un petit air pervers, regardait son sang couler lorsque l'autre avait coupé la veine de son bras, puis la lèvre inférieure... C'était sa première soirée à Pass Magic, et déjà, elle en avait un mauvais souvenir. Elle avait réussi à l'oublier depuis, mais dans la personne de Matthew Storm, elle retrouvait les trois inconnus. Trois en un ! Il l'immobilisait avec le seul pouvoir de son apparence, de l'impression de force qu'il donnait. Il pouvait sentir son odeur et la mutiler comme il le voudrait. Et il pouvait se délecter du spectacle, avec ce petit sourire frustrant, mauvais. Elle avait envie de pleurer. Mais, venue de nulle part, car elle était bien trop peureuse pour ça d'habitude, il y avait cette petite flamme qui brûlait en elle, et qui lui disait qu'elle ne lui ferait pas ce plaisir, qu'elle ne lui servirait pas de distraction. Il leva sa main et quand il la posa sur son épaule gauche, elle sentit qu'il n'avait pas le droit, pas le droit de le faire. Tout contact direct entre leurs peaux était interdit, impossible. Déjà que la proximité lui était inconfortable, là c'était tout simplement intenable. Fronçant les sourcils, elle descendit de quelques centimètres le long du tronc en pliant les genoux, puis bougea son épaule, marmonnant indistinctement quelque chose comme « Ne me touchez pas ! », mais rien y fit, la main était là, et elle n'avait pas d'autre choix que de la laisser se poser à même sa peau douce, réprimant un frisson.

« Les anges se font rares de nos jours. Alors dis-moi, lequel de tes parents a le plus souillé ton âme ? Une mère ange avec un idiot d’humain ? Ou bien l’inverse ? »

Un mot, un seul, le mot. Il avait réussi à le trouver, le prononcer, et réveiller ainsi en elle ce sentiment indescriptible qu'elle éprouvait à chaque fois qu'on parlait d'eux. De ses parents. Il était en train d'insulter ses parents, et ça, elle ne comptait pas le laisser passer. Le sentiment indesciptible prit aussitôt une forme bien concrète : la colère. De la colère timide, refoulée, faible – à son image –, certes, mais bel et bien de la colère. Bon d'accord, il n'y avait pas que ça, il y avait aussi de la tristesse, mais la colère, aussi étonnant que ça soit chez elle, était là. L'avait-il fait exprès ? Avait-il reconnu que c'était un sujet particulièrement sensible pour elle et voulait-il la faire souffrir le plus qu'il pouvait ? C'était quoi son but, qu'est ce qu'il cherchait à faire ? Voulait-il un petit spectacle ? Elle n'avait pas l'impression qu'il veuille abuser d'elle, même si le lieu s'y serait bien prêté, tout comme le soir de son arrivée, dans la ruelle sombre. Il pouvait s'attendre à ne pas être dérangé, ici. Non il n'avait pas l'air d'un violeur, il avait l'air bien pire. D'un malade mental, qui aimait l'impression de puissance, de pouvoir. En plus, il racontait des idioties. Rien que la première phrase, les anges se font rares de nos jours. De quoi il parlait ? C'était n'importe quoi. D'ailleurs, qu'est ce qu'ils avaient tous à parler d'anges et de démons ? Vivaient-ils tous dans un monde de fous qui se croyaient entourés du surnaturel ? Était-ce de la pure malchance qu'elle soit tombée sur les mauvaises personnes, ou la ville entière était de ce genre là ? Et cette allusion à son âme ? Aucune personne normale ne se souciait de l'âme des autres ! Alors qu'auparavant, elle avait "simplement" eu l'impression de se trouver face à un criminel, là, il lui semblait désormais qu'en plus, il était complètement fou. Dingue. Elle était toujours en colère contre lui, et ses yeux devaient sûrement bien le lui montrer – elle avait beaucoup de mal à cacher des émotions spontanées – pourtant elle ne fit rien. Elle aurait bien voulu le giffler, se dégager de lui, et se mettre à courir... mais non seulement n'aurait-elle aucune chance de lui échapper, mais en plus elle ne ferait que ce qu'il voulait qu'elle fasse, et elle ne voulait pas lui faire ce plaiser. Et par dessus tout – car elle n'était pas du tout du genre à résister aux autres exprès – elle était encore trop sonnée par ce qu'il venait de lui dire.

« Je... je ne comprends pas. De quoi vous parlez ? Que voulez-vous de moi ? Je... »

Sa voix se brisa et elle lutta pour ne pas que ses paupières se ferment. Elle avait l'impression que ses forces la quittaient, que ses membres se faisaient plus lourds, plus engourdis, qu'elle n'avait plus de souffle et qu'elle était près de s'écrouler. Ses mains se retrouvèrent bientôt le long de son corps, se décrochant des irrégularités qu'elles avaient trouvées dans l'écorce de l'arbre auquel elle était adossée. Que se passait-il ? Qu'est ce qui lui arrivait ? Il lui semblait qu'elle n'avait même plus la force de réfléchir. Pourtant, dans son esprit, une lueur de compréhension commençait à poindre. Quelque chose aspirait son énergie, quelque chose la vidait de ses forces. Quelque chose ou quelqu'un. Avec tout ce qui venait de se passer, elle doutait que ça puisse être l'arbre qui puise en elle. C'était lui, c'était cet homme devant elle, au regard si magnétique et si mauvais, au sourire sadique, charmeur et pervers, au corps si imposant et effrayant... Il était en train de l'affaiblir, de plus en plus. Elle comprit que c'était par ce contact, par cette main sur la peau nue de son épaule, qu'il aspirait son énergie. Peut-être que si elle avait été en possession de toutes ses forces, elle n'aurait jamais pensé ça ; peut-être que justement grâce à cette faiblesse physique, elle avait moins de mal à penser ce qu'autrement elle aurait considéré comme absurde, elle était moins réticente à accepter des idées qu'elle aurait chassées. Son esprit sain n'avait plus de forces et laissa sa place à son imagination la plus profonde et la plus irréelle. Le rêve, ou plutôt le cauchemar, devint réalité. Et enfin, le contact brûlant entre leurs corps se brisa, et elle expira, soulagée. Elle porta sa propre main à l'endroit où la sienne était restée si longtemps posée, et frotta lentement, doucement, comme si elle pouvait effacer la trace.

« J’aurais préféré que ce soit un peu plus distrayant petite ange, mais tant pis. Je vais t’aider à rejoindre le paradis. »

Elle leva les yeux, à nouveau incompréhensifs, et devant elle, devant son nez, se trouvait la main de l'homme, la paume vers le ciel, et au dessus, une boule lumineuse, flottant dans les airs et tournant lentement sur elle-même. À nouveau, elle tenta de reculer, mais ne fit que se coller un peu plus au tronc de l'arbre derrière elle, alors elle l'entoura une fois de plus de ses bras, comme si les tirer vers l'arrière pourrait l'aider à s'éloigner. Vainement. Petite ange ? Il venait de l'appeler petite ange ! Dans sa tête, il y eut un flash. Elle ferma les yeux et inspira brutalement, comme lors d'un hoquet. Et ce n'était pas la lumière dans la main de l'homme qui lui faisait peur. Non, là, c'étaient les souvenirs. Petite ange, c'était comme ça que son père l'appelait, comme ça qu'il appelait sa mère aussi. Petite ange, ou simplement ange. Mon ange. C'était le dernier mot qu'elle avait entendu venant de lui, en ce jour fatal, lorsqu'elle s'était ruée sur son corps inerte et avait collé son oreille à son cœur. Un surnom affectif commun, normal, banal... mais Matthew Storm ne l'utilisait pas dans ce sens là. Et si, jadis aussi, il ne signifiait pas ce qu'elle croyait qu'il signifiait ? Petite ange... et démon. Ce mot qui s'était si longtemps répercuté dans sa tête et dans son âme, quelques minutes auparavant, sans qu'elle ne sache d'où il était venu et qui l'avait prononcé. Ange et démon ? Alors donc ce jeune homme qu'elle avait croisé en sortant du cimetière n'était pas fou lui non plus ? Elle avait l'impression de se retrouver dans un conte de fées incroyable, dans lequel elle n'appartenait pas. Elle ne comprenait rien de ce qui se passait autour d'elle, et elle ne voulait pas comprendre. Pourquoi ne la laissait-on pas vivre sa petite vie tranquille ? Pourquoi tout était obligé de changer ? C'était la seconde rupture dans sa vie à peine entamée. Ce sentiment, elle le connaissait. Ce sentiment d'être perdue, privée de repères, prisonnière d'une spirale infernale, emportée dans un ouragan incontrôlable... Tout son petit monde se bouleversait. Mais le tremblement de terre n'était pas que dans sa tête, il était bel et bien réel, et devant ses yeux, à quelques centimètres de ses pieds, la terre s'ouvrit, se fendit, et apparut une énorme crevasse. Horrifiée, elle recula au maximum, se mettant sur les pointes de ses pieds et s'accrochant désespérément à l'arbre qui penchait malheureusement justement vers le côté où il y avait la faille. Paniquée, la jeune femme n'avait même pas l'idée de contourner l'arbre pour s'enfuir par autre part maintenant que l'homme nommé Matthew ne l'en empêchait plus. Il avait dû reculer de plusieurs pas, et même la boule brillante dans sa main était disparue. Elena regarda sans comprendre une jeune femme arriver et se poster devant Matthew et s'adresser à lui comme si de rien n'était, ou non, pire, comme si elle pouvait lui faire face. En fait, elle le menaçait. Un peu de bon sens, de logique, dans ce désordre. Il fallait qu'elle se calme, et elle le savait. Au vu de comment c'était parti, elle risquait une crise cardiaque, si elle ne se mettait pas à réfléchir comme une personne normale. Elle ne voulait rien avoir à faire avec ces deux là. Même si la fille avait pris sa défense et elle devrait lui en être reconnaissante, Elena ne comptait pas rester là ne serait-ce qu'une minute de plus, et n'aurait aucun problème à la laisser se débrouiller seule, à l'abandonner. Elle se força à se détendre un peu, ses émotions étaient décidément bien trop fortes et ça la désavantageait plus qu'autre chose. Relâchant légèrement son emprise autour de l'arbre, elle remit ses talons à terre et souffla un bon coup. Discrètement, elle commença à s'éloigner. Sauf qu'à ce moment là, la fille se tourna vers elle, et Elena se figea à nouveau.

« Ne t’en fais pas, il ne te touchera pas, tu as ma parole. Mais pour cela tu vas devoir me faire confiance et ne pas t’enfuir, car s’il se téléporte, je ne pourrai pas faire de même. »

Hein ? Il pouvait se téléporter ? C'était donc pour ça qu'il lui était apparu soudainement devant elle, avant de la coincer contre cet arbre maudit. Il ne la touchera pas... Elena n'en était pas si sûre. Il donnait l'air d'être quelqu'un qui ne renonçait pas à ses buts si facilement, surtout face à une jeune femme comme celle qui venait d'intervenir entre les deux. Ce dont la petite brune ne se doutait pas, c'était que Matthew avait face à lui une adversaire redoutable. Mais même si elle l'avait su, elle ne lui aurait pas accordé sa confiance pour autant. La confiance, c'était quelque chose qu'Elena n'avait pas, et qu'elle ne donnait pas. Elle ne faisait confiance à personne, même pas vraiment à elle même. Lui dire qu'elle allait devoir faire confiance à quelqu'un était donc peine perdue, car elle savait d'ores et déjà qu'elle ne le ferait pas. Pourtant, elle obéit et ne prit pas ses jambes à son cou, car au fond, l'autre donnait l'air de savoir ce qu'elle faisait, et si vraiment Matthew savait se téléporter – ce qui lui semblait être complètement impossible, mais comme tout était apparemment possible ici, elle l'admit –, fuir ne servirait à rien. Mine de rien, c'était un énorme effort qu'elle faisait là, car tout en elle lui criait, lui hurlait de partir en courant et rentrer chez elle sans se retourner. Au lieu de quoi, elle restait debout, à les regarder de ses yeux foncés encore dilatés par la terreur, la bouche légèrement entre-ouverte, à essayer de se resaisir, de ne pas perdre la face plus que ce n'avait déjà été le cas.

« Qu.. qui êtes-vous ? Et qu'est ce que vous me voulez ? J'ai rien fait, laissez moi rentrer chez moi ! »

Pour un peu, elle se serait mise à pleurer. Des fois, ça marchait, les gens s'attendrissaient et vous permettaient de faire ce que vous vouliez. Mais là, elle doutait que ça ne change quoi que ce soit, à part la ridiculiser un peu plus encore. Le ridicule ne tue pas, certes, mais bon, si elle pouvait éviter, aucune raison de ne pas le faire. Elle leva sa main et la porta à ses cheveux pour coincer des mèches rebelles derrière ses oreilles. Croisant le regard de l'homme, elle sentit son sang se glacer dans ses veines, sa respiration se bloquer. Mais déjà, l'autre jeune femme s'adressait à nouveau à lui, le menaçant de lui déclarer la guerre, ce qui ne l'arrangerait apparemment pas trop, vu ses affaires avec son propre camp. Elle les regardait à tour de rôle, comme si elle suivait un match de tennis. Finalement, elle reprit la parole.

« Je... je veux rien savoir, ça m'intéresse pas, et je ferais tout ce que vous voulez, mais laissez moi tranquille, je vous en supplie, je veux rentrer... »

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Merci Kalia ! =D
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Matthew Storm

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MessageSujet: Re: Une présence de trop [Elena]   Dim 8 Sep - 20:39

« A la guerre, l’audace est le plus beau calcul du génie. »

A la guerre, le sang coule, des corps tombent les uns après les autres, une odeur de mort règne dans l’arène. Il y a des pertes de tous les côtés, mais un seul vainqueur au final. Contrairement à une grande majorité de démons, je ne suis pas particulièrement fan de la guerre. Pas que je sois un de ces pacifistes, seulement que je préfère régler les choses à travers l’art de la manipulation. Pourtant nous le savons tous, il n’y aura jamais de paix entre les anges et les démons. Un dicton dit, sois proche de tes amis, et encore plus de tes ennemis. Que dirais-tu que je fasse d’elle ma marionnette Kalia, je suis sûr que ça pourrait te plaire, et à moi aussi. Tu n’aurais pas dû t’interposer, ni déclencher ce tremblement de terre. Mais ce que je déteste par-dessus, ton foutu pouvoir mental. Je n’ai toujours pas trouvé de techniques pour y faire face, en revanche, j’ai trouvé une personne qui saurait t’affronter. Lorsque ton camp combattra le mien, tu ne seras pas la seule à faire usage d’un pouvoir capable de pénétrer les esprits.

- Eh bien quoi tu ne me salues même pas depuis tout ce temps ?

Je déteste lorsque l’on s’avise d’entrer dans mon esprit. Je déteste cette douleur que ton pouvoir me procure et contre lequel je ne peux rien faire. Mais sais-tu ce que j’aime Kalia ? Atteindre ton mental d’une toute autre façon. Ton pouvoir a la possibilité de me faire mal quelques minutes ? Moi je te ferais souffrir pour toute une vie. J’atteindrais ton petit cœur d’ange en tuant ceux à qui tu tiens. L’esprit Kalia, on peut le torturer par bien des manières. Demande donc à ton amie Ilana, elle connaît déjà un amer goût en ce qui concerne la douleur mentale. Après cette entrée magistrale, tu te permets de te mettre entre moi et la nouvelle venue, me balançant tout un tas de menaces à la figure. Sans parvenir à me retenir, je me mets à rire, un rire sadique, un rire de psychopathe. Tu as peur Elena ? Pourtant tu ignores de quoi je suis capable.

- Kalia Alena, moi qui croyais que soigner ton grand ami Mephisto te prendrait tout ton temps, il semblerait que je me sois trompé. Peut-être aurais-je dû le torturer un peu moi aussi avant de le libérer.

Oh, ai-je dit libérer ? Zut. Quel effet ça fait Kalia, de savoir que ton bourreau a été libéré grâce à moi, et que tu dois donc te rabaisser à le soigner à cause de moi ? Moi en tous cas, j’y prends un certain plaisir. C’est alors qu’elle prend la parole, la fragile petite humaine totalement apeurée. Inutile de demander à l’aide, ton secours est déjà arrivé, et je t’assure que Kalia est un très bon garde du corps. Malgré ta terreur, tu parviens à lâcher quelques phrases d’une voix tremblante.

- Qu.. qui êtes-vous ? Et qu'est ce que vous me voulez ? J'ai rien fait, laissez moi rentrer chez moi ! Je... je veux rien savoir, ça m'intéresse pas, et je ferais tout ce que vous voulez, mais laissez moi tranquille, je vous en supplie, je veux rentrer...

Qui êtes-vous ? Qu’est-ce que vous me voulez ? Je ferais tous ce que vous voulez. Je vous en supplie... Il n’y a que les faibles qui supplient. Les forts n’ont pas peur, les forts se battent. Mon regard se pose quelques secondes sur Elena, bien trop effrayée pour soutenir le mien. Regarde-la Kalia, regarde qui tu protèges. Une fille qui a peur de ce qui l’entoure, une fille qui a même peur de toi. Tu n’arriveras à rien avec elle, cette Elena est bien trop bornée pour réaliser ce qui lui arrive. Je m’adresse donc à Kalia, qui est bien plus en mesure d’entendre et de comprendre mes paroles.

- A quoi bon perdre ton temps avec cette fille... Comme si tu n’avais pas mieux à faire.

Sais-tu pourquoi je ne t’apprécie pas Kalia ? Parce que je déteste les personnes qui n’assument pas leur rôle. Peut-être viens-tu la sauver parce qu’elle te ressemble. Elena n’accepte pas le fait qu’elle soit une ange malgré tous ce qu’on pourrait lui dire. Et toi Kalia, tu n’assumes pas pleinement le fait d’être princesse des anges, tout ça pour espérer vivre normalement avec un homme qui t’aimera. Entre ta fuite au royaume des anges, ton aventure avec un démon et en plus de ça la naissance d’un démon, ton parcours n’est vraiment pas glorieux. Voilà pourquoi je ne t’apprécie pas. Moi je dois me battre pour avoir un royaume, pour pouvoir être roi et diriger l’Enfer. Alors que toi, tu as déjà tout à ta portée, mais ça ne te suffit pas.

- Alors Matthew ? Cherches-tu à déclencher une guerre avec moi ? N’en as-tu pas déjà assez à gérer avec ton propre camp ?

Serait-ce de la provocation ? Tu as mal choisi, ce n’est pas ce sujet la qui risque de m’atteindre. J’assume pleinement le fait de foutre le bordel parmi les miens, et j’assumerais pleinement le fait de trahir les Princes pour prendre leur place. Quant à toi Kalia, tu ferais bien de t’entrainer encore, car la guerre éclatera bientôt, et les anges n’en seront pas épargnés. J’esquisse un sourire malsain avant de répondre à tes questions.

- C’est bien aimable de te faire du souci concernant ce qu’il se passe en Enfer, mais ne t’en fais pas, les choses rentreront bientôt dans l’ordre, je m’en assurerais. En ce qui concerne une guerre... Tu te rendras compte bien assez tôt du moment où tu devras enfin assumer d’être princesse et diriger les tiens.

Encore une fois mon regard se pose sur Elena. Tu as eu de la chance pour cette fois ma jolie, mais il n’y aura pas toujours quelqu’un pour te porter secours, en revanche il y aura toujours un démon caché derrière ta porte. Je reporte de nouveau mon regard sur Kalia. Je crois bien qu’il est temps pour moi de m’en aller, je te combattrais bien assez tôt, mais en attendant ce jour, je te laisserais encore quelques instants de répits.

- Prends bien soin d’elle et entraine la, je m’amuse bien mieux à tuer quelqu’un qui me résiste plutôt que quelqu’un qui me supplie. Et puis, un soldat de plus à envoyer au front te sera bien utile dans quelques temps. La guerre se rapproche lentement, et lorsqu’elle sera là, elle frappera fort.

Tu ne pourras pas dire que je ne t’aurais pas mise en garde princesse, au moins maintenant tu es fixée, tu sais qu’une guerre risque bientôt d’éclater. Mais avant de m’en prendre aux tiens, je compte d’abord régler le problème qui se pose en Enfer. Je disparais donc, te laissant seule avec Elena, il faut croire qu’un long et dur travail t’attend avec cette nouvelle ange.
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Kalia Alena

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MessageSujet: Re: Une présence de trop [Elena]   Dim 29 Sep - 21:36

//Les chemins de Matthew et Kalia ne s’étaient que très rarement croisés à Pass Magic jusqu’à présent. Cependant, la jeune femme savait que tout cela était sur le point de changer. Matthew suivait les traces de sa mère, cela ne faisait aucun doute. Quant à Kalia, elle faisait également de même du côté de sa lignée. Avec son départ de Pass Magic, elle avait eu le temps de beaucoup réfléchir quant à ce qu’elle allait décider, non seulement pour elle, mais aussi pour son royaume. Les évènements qui se préparaient dans l’ombre avaient également accéléré sa décision de reprendre les choses en main, d’assumer pleinement le rôle qu’elle avait à jouer, et de devenir la future reine qu’elle était destinée à être. Matthew, tu n’imagines pas à quel point l’ange que tu as connu a pu évoluer et gagner en puissance en l’espace d’un an.//

- Kalia Alena, moi qui croyais que soigner ton grand ami Mephisto te prendrait tout ton temps, il semblerait que je me sois trompé. Peut-être aurais-je dû le torturer un peu moi aussi avant de le libérer.

//La jeune femme resta de marbre face à aux paroles du démon. Ainsi, c’était lui qui avait libéré Mephisto. La fierté se lisait dans son regard, mais d’après les souvenirs de Kalia, elle n’était pas la seule que la présence de l’Archange dérangeait. Et maintenant qu’elle en avait fini de le soigner, les choses allaient pouvoir reprendre leur cours.//

- Tu aurais dû en effet. Vois-tu, j’ai pu apprendre un certain nombre de choses très intéressantes en pénétrant son esprit pour le guérir. Si une guerre éclate, tu peux être certain qu’il sera bien plus près de servir mes intérêts que les tiens. Alors finalement, je devrais peut-être te remercier, tu m’as rendu service en quelque sorte.

//La jeune femme afficha un sourire satisfait à son tour. Alors Matthew, qu’est-ce que ça te fait de voir que l’esprit que tu aurais pris plaisir à torturer est devenu impénétrable ? Certes, même si Kalia venait d’apprendre que Mephisto était en réalité toujours un Archange et non un démon, elle aurait tout de même préféré qu’il pourrisse en Enfer après tout ce qu’il lui avait fait. Mais cela, Matthew n’avait pas besoin de le savoir. Ce fut cependant la voix d’Elena qui la mit plus mal à l’aise.//

- Qu.. qui êtes-vous ? Et qu'est ce que vous me voulez ? J'ai rien fait, laissez moi rentrer chez moi ! Je... je veux rien savoir, ça m'intéresse pas, et je ferais tout ce que vous voulez, mais laissez moi tranquille, je vous en supplie, je veux rentrer...

//La jeune femme se retourna vers Elena. Elle venait de prononcer des mots qu’elle n’aurait peut-être pas dus étant donné la manière à laquelle elle réagissait à tout cela. Cependant, son désarroi lui fit comprendre une chose : elle n’avait absolument aucune idée de ce qu’elle était réellement. Elle devait même jusqu’à complètement ignorer l’existence des anges et des démons jusqu’à aujourd’hui. Il allait falloir que Kalia parvienne à la calmer pour essayer de lui expliquer calmement tout ça. Mais d’abord, elle devait se débarrasser de Matthew. Et celui-ci semblait penser qu’elle perdait son temps avec Elena. Tu te trompes grandement… Chez les anges, personne n’est laissé à l’abandon ou mis de côté. C’est ce qui fait leur force. Les démons peuvent bien s’entretuer de leur côté, c’est leur problème, mais ce n’est pas ler genre de reine que veut devenir Kalia. C’est pourquoi tous ceux qui osent s’en prendre à un ange, quel qu’il soit, s’expose à tous se les mettre à dos.//

- C’est bien aimable de te faire du souci concernant ce qu’il se passe en Enfer, mais ne t’en fais pas, les choses rentreront bientôt dans l’ordre, je m’en assurerais. En ce qui concerne une guerre... Tu te rendras compte bien assez tôt du moment où tu devras enfin assumer d’être princesse et diriger les tiens.

//Tu ne crois pas si bien dire Matthew… Et la jeune femme ne perdit pas une miette de ce qu’il venait de lui dire. « Remettre les choses en ordre », qu’entendait-il par-là ? Avait-il l’intention de prendre personnellement en main la prochaine armée destinée à tous les attaquer ? Si c’est le cas, tu deviendras l’ennemi numéro un de tout le royaume.//

- Prends bien soin d’elle et entraine la, je m’amuse bien mieux à tuer quelqu’un qui me résiste plutôt que quelqu’un qui me supplie. Et puis, un soldat de plus à envoyer au front te sera bien utile dans quelques temps. La guerre se rapproche lentement, et lorsqu’elle sera là, elle frappera fort.

//La menace était donc bien réelle. Matthew allait véritablement s’apprêter à déclarer une guerre avec son royaume. Qu’il vienne, les anges seront là pour le recevoir, lui et toute son armée. Le royaume des anges a toujours bénéficié des meilleures défenses jamais égalées à ce jour, et Kalia n’avait pas l’intention de faire en sorte que les choses changent//

- Matthew !

//La jeune femme souleva une manche de son haut jusqu’à son avant-bras droit, où Matthew put très distinctement apercevoir un tatouage se former et s’illuminer de toutes parts, avant de disparaître de la même manière qu’il était apparu. Il savait ce que cela signifiait. Elle reprenait désormais les choses en main sur tout ce qui concerne son royaume et ne laissera rien ni personne s’attaquer aux siens.//

- Le jour où la guerre frappera, je serai en première ligne… Et ce jour-là, j’espère que tu feras de même, car peu importe où tu te trouveras, je ne te manquerai pas.

//Les hostilités étaient désormais ouvertes, et Matthew ne tarda pas à s’éclipser. Tous deux se reverront très bientôt, c’est une certitude. Mais en attendant, l’heure n’était plus à penser à Matthew. Kalia se retourna, pour apercevoir une jeune femme terrifiée. Comment expliquer à une humaine qu’elle n’en est pas réellement une ? Il allait bien falloir qu’elle improvise sur ce coup.//

- Je t’en prie, essaie de te calmer. Je sais que tout ce à quoi tu viens d’assister est assez difficile à expliquer, mais te promets qu’il ne t’arrivera plus rien ce soir. Je m’appelle Kalia, et je suis du même côté que toi.

//Tenter d’établir un dialogue avec elle, c’était pour l’instant l’objectif. Kalia ne voulait pas qu’Elena s’en aille complètement apeurée. Il fallait qu’elle parvienne à lui expliquer un maximum de choses sans que tout cela ne l’effraie, mais surtout, Elena devait être au courant des dangers qu’elle courre en étant venue s’installer à Pass Magic. Le seul avantage qu’elle avait pour l’instant et qui pourrait peut-être jouer en sa faveur, c’est qu’elle avait toujours eu un côté rassurant auprès de tous ceux qui l’entourent. Reste à espérer qu’Elena parvienne également à le voir en passant au-dessus de toute cette peur.//

- Ecoute. Je sais que ce que je vais te dire va peut-être te paraître effrayant, mais Pass Magic est une ville un peu particulière. Ce que je vais te dire maintenant va peut-être bouleverser tes convictions, mais cette ville n’abrite pas que des gens ordinaires. Elle sert aussi en quelque sorte de refuge à d’autres créatures, comme les anges et les démons.

//Dans un premier temps, Kalia se dit qu’Elena la prendrait peut-être pour une folle. Mais après tout ce qu’elle venait de voir, elle allait bien devoir admettre qu’elle disait peut-être dans le vrai… C’est pourquoi Kalia poursuivit.//

- Celui que tu viens de rencontrer, Matthew, fait partie de l’un des démons de la pire espèce. Quant à moi, les quelques dons un peu particuliers que je possède sont dus au fait que je ne suis pas non plus une humaine. Je suis une ange.

//Pour l’instant, mieux valait commencer par. Ensuite, et seulement après qu’elle aurait commencé à accepter les faits, peut-être qu’elle allait pouvoir lui parler un peu plus précisément de sa véritable nature et du fait que du sang d’ange coule également dans ses veines.//


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❀ On ne naît pas maître de son destin, on le devient. Plus le pouvoir lié à notre rang est élevé, plus les personnes qui tenteront de nous nuire seront nombreuses. Mais chaque obstacle renforce ma détermination. Plus je les haïrais, plus mon courage se manifestera. Je me suis fixé un but et je n'en démordrai pas.
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Elena Carnesîr
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Localisation : Pass Magic, ancienne maison de ses parents assassinés

MessageSujet: Re: Une présence de trop [Elena]   Sam 12 Oct - 0:29

Ils parlaient de choses auxquelles elle ne comprenait rien. Auxquelles elle ne voulait rien comprendre. Elle ne voulait rien entendre de ce qui se disait là, elle aurait mille fois préféré être à l'autre bout du monde, ignorante comme au premier jour, naïve et inculte, sans expérience ni savoir faire. Mais la vie n'était pas comme ça, elle n'épargnait personne et offrait des vécus à tout le monde. Souvent on entendait des mots qu'on ne voulait pas entendre, voyait des images qu'on ne voulait pas voir. Mais en fait, on n'avait pas le choix. Elle n'avait pas le choix, elle était coincée là, adossée et s'agrippant à ce foutu arbre, à peine sortie de l'étrange emprise énergétique qu'avait eu l'homme inconnu sur elle, mais toujours comme en plein rêve, ou plutôt en plein cauchemar. Des cauchemars, elle en avait chaque nuit. Des qui la faisaient transpirer, pleurer, suffoquer. Chaque nuit, depuis ses huit ans. Elle ne se souvenait pas d'une nuit où elle ne se soit pas réveillée en larmes et en sueurs pour se rendre compte qu'elle était en sécurité dans son lit... toute seule. Elle s'y était faite, et il était vrai que désormais, elle ne s'en préoccupait plus trop. Lorsqu'elle se réveillait, il lui suffisait de passer ses mains sur son visage, essuyer les larmes de ses joues, se retourner dans son lit et se rendormir. Face à ça, il était vrai que la situation qu'elle était en train de vivre dans la forêt était anodine et banale, mais ses rêves, c'était son quotidien, sa petite routine, elle y était habituée, tandis que ce qui se passait en ce moment devant ses yeux, c'était pour elle quelque chose de terrorisant. Elle voulait partir, elle voulait qu'ils la laissent tranquille. Elle ne leur demandait rien d'autre que ça, et elle serait prête à leur donner n'importe quoi en échange, mais elle voulait s'en aller et oublier tout ce qui se disait là. Des anges et des démons, et des royaumes et des guerres... Elle était complètement larguée, elle ne comprenait plus rien, et même si une partie d'elle avait toujours eu envie de comprendre ce qui se passait autour d'elle, l'autre partie avait souvent eu le dessus et là aussi elle l'encourageait à ne pas chercher, à ne pas poser de questions, à oublier au plus vite tout ce à quoi elle était en train d'assister. Sauf qu'en fait, elle voulait pas l'admettre, mais au fond elle savait bien qu'elle n'oublierait pas. C'était pas quelque chose qu'on oubliait facilement. En fait c'était pas une chose qu'on oubliait tout court. Elle allait y repenser en boucle, elle le savait bien. Mais elle ne voulait pas, justement, c'était ça qu'elle voulait éviter. Elle ne leur avait rien demandé, alors pourquoi devait-elle se torturer l'esprit avec ça ? Non seulement leur concept d'Ange VS Démon la perturbait au plus haut point, mais en plus de ça ils parlaient d'une guerre, et c'était la dernière chose qu'il lui fallait, qu'elle soit mêlée à une guerre. Elle voulait seulement partir, et tant pis s'ils la prenaient pour une lâche et une idiote, après tout c'était bien ce qu'elle était et si ça pouvait lui éviter les problèmes, alors elle ne changerait pas. Sauf que malheureusement les problèmes, il semblerait qu'elle y soit abonnée, et ce depuis son plus jeune âge.

L'homme inconnu commença à s'éloigner. Enfin. Automatiquement, ses muscles se relâchèrent un peu, ses doigts se décrispèrent de l'écorce, sa respiration se fit un petit peu plus profonde... Elle sentait qu'elle allait bientôt pouvoir partir. Peut-être se réjouissait-elle un peu trop vite, mais ça faisait un bien certain que de se dire qu'elle allait bientôt pouvoir quitter cet endroit qu'elle aimait décidément de moins en moins. Mais à cet instant là, elle commença à éprouver une sensation étrange au creux de sa poitrine. Et non ce n'était pas le sentiment de soulagement qui provoquait cette sorte de chaleur. Elle avait l'impression qu'une radiation bizarre la traversait. En fait non. Elle avait l'impression d'être la source d'une radiation. De se sentir légère, aussi. Mais cela ne dura qu'une fraction de seconde. Tout de suite, elle reprit son air effrayé et fébrilement elle coinça quelques mèches de cheveux derrière son oreille, pour ensuite commencer à se mordiller la lèvre inférieure. La femme inconnue s'était approchée d'elle, et commença à lui parler. Lui dire qu'il ne fallait pas qu'elle ait peur, ou plutôt qu'elle devait essayer de se calmer. Elle lui promit qu'elle n'aurait plus de mésaventure de la soirée, et puis elle se présenta. Kalia. Prénom étrange. De toute manière, elle ne le retiendrait pas. Elle ne voulait pas avoir à le retenir. Sans doute resterait-il tout de même dans sa mémoire, mais elle n'avait rien demandé à personne, elle ne cherchait pas à faire connaissance avec qui que ce soit, et encore moins quelqu'un qui prétendait être dans le même camp qu'elle. Car elle n'avait pas de camp, elle était seule, depuis dix ans désormais. Et non, elle ne cherchait pas l'amitié ou l'amour des autres, et encore moins leur pitié. N'empêche qu'elle étira ses lèvres en un faible sourire et se força à se détendre encore un peu plus. Après tout, même si elle n'avait jamais demandé à la rencontrer, cette Kalia n'avait pas l'air de lui vouloir du mal contrairement à l'homme inconnu nommé Matthew, et elle n'avait plus trop de raisons d'être tendue. À part le fait qu'on lui parle d'anges et de démons, de guerres et de camps... Car ça, ça la mettait dans un état de stress et de tension palpable. Et malheureusement, c'était de ça que Kalia avait commencé à lui parler. Son sourire disparut tout de suite.

« D... d'accord, ben c'est bien, mais... mais je suis fatiguée, et j'ai rien à voir avec tout ça, alors... alors bonne journée ! »

Elle avait commencé à faire quelques pas en marchant, et elle finit par se retourner complètement et partir rapidement. Maintenant, elle pouvait fuir sans craindre que quiconque ne la rattrape, et elle comptait bien le faire, quitte à passer pour une lâche. La vérité, c'était qu'avec le temps, elle finirait bien par se rendre compte que tout ce que disait la jeune femme était vrai, et qu'elle était en effet une ange, mais en même pas une heure, toutes ces informations faisaient un peu l'effet d'une cascade et elle n'arrivait pas à ni ne voulait les admettre.

Fini pour moi


HRP:
 

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Merci Kalia ! =D
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