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 Il ne suffit pas de tourner la page, mieux vaut la déchirer.

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Matthew Storm

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MessageSujet: Il ne suffit pas de tourner la page, mieux vaut la déchirer.   Mar 19 Fév - 17:16

En cette douce soirée, je quittais les quartiers des démons en compagnie d’une ravissante jeune femme. C’est une sacrée aguicheuse à vrai dire, du moins elle l’est avec moi. Je ne la ramenais bien sur pas chez moi, en fait, c’est plutôt elle qui m’invite à passer le reste de la nuit à ses côtés dans sa demeure. Je la suis sans broncher, ayant une idée précise en tête de comment allait se dérouler cette soirée, sans doute pas la même que la sienne… Une fois enfermé chez elle, à l’abri de tous les regards, la jeune démone me tourne autour et me plaque sauvagement contre un mur avant de venir partager un long baiser. Pauvre enfant, tu ne comprends donc pas que tu es sur le point de mourir. Je partage ce baiser, lui donnant sans doute le goût à une dernière saveur avant la fin de son existence, et puis il faut dire qu’elle embrasse plutôt bien. Ce qui fit rompre cette passion ? Le bout de ma lame collée contre sa gorge. Je la laisse elle-même rompre ce baiser, avant de pouvoir profiter de l’expression de son visage, pleine d’incompréhension.

- Mais... Qu’est-ce que tu fais ?

- Vois-tu ma douce... Lorsque quelqu’un te paye pour accomplir une mission, veille à en connaître les moindres détails avant de l’accepter.


Elle s’éloigne de moi de quelques pas. Dommage, j’aimais bien la sentir contre moi... Mais j’aime autant plus lire sa peur sur son visage. J’esquisse un mince sourire, qui n’annonce rien de très bon pour elle. Cette fois-ci c’est à mon tour de jouer au plus malin. Je m’avance lentement vers elle, la faisant reculer peu à peu en arrière. J’aime effrayer mes victimes avant d’en finir.

- Tu dis n’importe quoi...

- Vraiment ? Laisse-moi regarder un peu mieux. Brune aux cheveux longs, de beaux yeux clairs, une fine silhouette, un corps en sécurité contre moi et surtout une troublante ressemblance avec une certaine personne que je côtoyais... Saches que tu es tout de même loin de lui ressembler.

- Oh je suppose que tu veux parler d’une certaine Ilana Alom ?


Cette fois c’est elle qui esquisse un sourire narquois. Pauvre folle. C’est aussi elle qui t’a demandé de prononcer son nom ? Tu n’aurais pas dû. En une fraction de seconde, elle se trouve expulser contre sa table en verre, qui éclate suite au choc, laissant des tas de morceaux s’infiltrer dans sa peau.

- Croiser le chemin de Vicky a failli m’être fatale, en ayant accepté sa mission tu as signé ta propre mort.

Mes yeux changent de couleur pour passer au regard du démon. Alors que son corps saigne suite aux multiples morceaux de verres, je fais en sorte de lui faire comprendre qu’elle ne s’est pas mêlée de la bonne affaire. Chaque morceau de verre s’enfonce un peu plus dans son corps, la faisant de cette manière souffrir le martyre. Je ferme les yeux, appréciant l’odeur du sang, et également ses cris de détresse. J’arrête alors de la faire souffrir. Sa respiration est haletante, mais c’est son parquet qui est le plus à plaindre. Mes yeux reprennent leur couleur initiale avant de se plonger dans les siens.

- E-Elle m’avait promis que tu succomberais...

- Vicky est une manipulatrice, elle ne tient jamais ses promesses.


Je suis pensif, même hésitant. A vrai dire, maintenant elle me fait pitié… Elle a tout comme moi était victime de l’enchantement de cette démone, sans vraiment considérer la menace qui pesait réellement. Elle lui faisait confiance, tout simplement. Je ne reste pas bien longtemps plongé dans mes songes car la jeune femme se jette sur moi, nous téléportant au passage dans un tout autre lieu. Les falaises. Je me retrouve donc plaqué au sol, le visage dans le vide avec elle sur moi. Je la laisse me frapper sans broncher. C’est bien ma seule victime à qui je laisserais ce privilège avant la mort. Elle hurle de rage, elle se sentait manipulée, piégée, et elle l’était.

- Je ne pense pas que tu aies été payé pour devenir mon bourreau. En revanche je dirais plutôt qui tu es un sacrifice de plus sur son jeu d’échec.

Je la bouscule pour me retrouver au dessus d’elle. Bien qu’elle se débatte, je parviens à lui bloquer les mains et aspire à présent lentement son énergie. Oui je savoure toujours avec passion l’énergie d’un démon... Alors qu’il lui en reste tout juste pour rester plus ou moins debout, je la relâche et l’aide à se redresser.

- Vicky si tu m’observes... Prends ceci comme un avertissement.

J’enfonce ma main dans le corps de la jeune femme et lui arrache son cœur, laissant son corps tomber lourdement du haut des falaises avant de venir s’éclater au sol. Tu as bien joué Vicky, une fois de plus tu m’as mis en colère. Je lâche le cœur que je tiens entre mes mains, le laissant retomber près du corps de son propriétaire. Je sais que tu m’observes Vicky, et c’est pour ça que je l’ai tué ainsi, afin de te faire comprendre que si tu as survécu à cette mise à mort contre Zark, tu ne survivras pas à la mienne.


Je suis resté assis au bord des falaises toute la nuit à songer, le regard dans le vide. En fait je n’ai même pas fait attention que le soleil était levé. La dernière fois que j’avais mis les pieds aux falaises, c’était en compagnie d’Ilana. Je me souviens, avant de venir ici, j’avais accomplis un véritable massacre afin de la venger, de la protéger. C’est aussi en ce lieu que je l’ai repoussé, une fois de plus, que j’ai regretté. J’évite de penser à elle à présent, moins elle hantera mon esprit et mieux je me porterais. C’est fini le temps ou nous nous amusions à nous charmer, fini de vouloir contrôler sa vie et fini de la protéger. Ilana est assez forte pour se débrouiller seule, elle me le disait tant de fois... Aujourd’hui je l’écoute. Te voilà libre Ilana, aucune accroche avec moi, pas de démon pour venir t’espionner ou tenter de t’influencer. Nous prenons tout deux un chemin différent, est c’est sans doute mieux ainsi. Autrefois, je serais certainement venu te voir à l’heure qu’il est. Mais aujourd’hui, je pense juste à toi lorsqu’on évoque ton nom, puis le lendemain j’occupe mon esprit à autre chose. J’y suis parvenu finalement, je ne suis plus hanté par ta personne.
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Ilana Alom
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MessageSujet: Re: Il ne suffit pas de tourner la page, mieux vaut la déchirer.   Mer 20 Fév - 11:39

    //Je marche, traîne les pieds, flâne. Je suis revenue, enfin. Presque sept ans après mon départ, je reviens sur les liens de mon enfance. Ce quartier, je le connais comme ma poche. Je souris en voyant qu’il y a toujours cette libraire papeterie au coin de la rue où j’avais l’habitude d’acheter quelques bonbons lorsque j’étais enfant. Ma grand-mère me donnait souvent quelques sous en début de semaine pour que je me fasse un petit plaisir. Nous vivions chichement mais nous vivions bien, toutes les deux. Ma grand-mère me protégeait, une protection que je pensais banale. La plupart des grands-parents prennent soin de leurs petits-enfants, surtout lorsqu’ils sont orphelins. Sans père ni mère, ma grand-mère fut mon seul modèle. Elle était douce mais ferme lorsqu’elle voulait que je l’écoute. Elle avait l’habitude de me dire que j’étais un peu espiègle, ce qui m’avait valu quelques longues punitions dans ma chambre. Je commence à me perdre dans mes souvenirs d’enfance, tout en continuant de marcher. Ma grand-mère m’avait protégée, tellement protégée...Cette protection, je n’en ai compris l’ampleur qu’il y a peu. Elle avait tout fait pour que je n’apprenne jamais l’existence de Pass-Magic, de mes pouvoirs, de ce monde si dangereux dans lequel j’évolue depuis plus de sept ans. J’aurais tant aimé que sa protection ne soit pas vaine. J’aurais dû rester dans ce quartier, continuer mes études, trouver un emploi. Vivre, tout simplement. Non pas survivre. Aujourd’hui, je survis. Je n’ai aucun objectif. Je n’ai... Pouf. Aïe. Je sens un choc au niveau de mes jambes. Je viens de me prendre un bandeau...Pas banale comme collision n’est-ce pas ?//

    « Oh Madame...Veuillez m’excuser, je ne regardais pas devant moi.»

    //Je regarde cette jeune femme qui se confond en excuses. Mes yeux s’écarquillent instantanément. Elle lui ressemble tellement. Elle a mon âge, ces mêmes cheveux noirs qui descendent en cascade sur ses épaules. Ce regard...Cette fossette sur la joue gauche. Je dois avoir l’air totalement stupide à la fixer ainsi. La jeune femme fronce les sourcils. Je sens son inquiétude, son incompréhension. Elle doit avoir l’impression de voir un fantôme. Je lui souris, pour la rassurer, pour me rassurer ? Est-ce vraiment elle ? N’est-ce pas seulement un mirage ? Je doute. Alors pour qu’elle me reconnaisse, j’arrange mes cheveux en chignon comme ma grand-mère avait l’habitude de les coiffer. Sur le visage de Clara, je lis une pointe de frayeur qui laisse rapidement place à l’étonnement. Ses yeux me fixent, son air interrogateur me laisse perplexe. Est-ce vraiment elle ? Suis-je devenue folle ? Puis, elle tend une main vers mon visage, et finit par combler ce silence pesant qui s’est installé entre nous.//

    « Ilana... Ilana c’est toi ?
    - Oui Clara...Comme c’est étrange. J’ai l’impression de revenir sept ans en arrière.
    - Et moi alors ! J’ai l’impression de voir un fantôme. Où étais-tu passée ? Tu es partie, du jour au lendemain ! Je me suis inquiétée tu sais ! Pourquoi n’avoir donné aucune nouvelle ? Pourquoi être partie Ilana ?
    - Tant de questions en si peu de temps...Tu n’as pas changé Wood !
    - Brady.
    - Pardon ? »

    //Elle me tend sa main. Je suis presque aveuglée par une bague, le diamant brille sur un anneau d’argent : c’est sobre & classique. C’est Clara, tout simplement. Je lui adresse un immense sourire.//

    « Et dire que ce n’est pas moi qui t’ai passé la bague aux doigts ! Brady...Ca me dit quelque chose...Oh ! NON !»
    - Si... J’ai épouse Frédéric !
    - Le petit garçon brun qui tirait tout le temps tes couettes ?
    - Oui ! Il a bien évolué...Quoique ! »

    //J’éclate de rire. C’est bon de revoir Clara, c’est comme familier. J’ai l’impression de ne l’avoir jamais quittée. Elle était ma meilleure amie depuis ma plus tendre enfance, elle m’a tant manqué. Je remarque dans ses yeux une pointe de tristesse. Si je pouvais lui expliquer pourquoi je suis partie, pourquoi je ne lui ai donné aucune nouvelle. Cela aurait été trop dangereux...Pour elle, pour sa famille. Pour effacer ce moment de tristesse, je me penche sur le landau.//

    « Quel âge a-t-il ?
    - A peine trois semaines, et déjà que du bonheur... Et toi alors ? Un mari, des enfants, une maison ?
    - Voyons Clara... Personne ne me passera la corde au cou, et en plus, tu as pris le seul gentleman que je connaisse ! »

    //C’est à son tour de rire. Ne suis-je pas maligne ? Je suis capable de détourner la conversation lorsque le sujet devient trop épineux. Je regarde plus attentivement le petit garçon endormi, il a l’air si paisible. Il est adorable. Je lui touche le bout du nez, c’est trop mignon.//

    « Ilana, je dois le déposer chez sa nourrice. J’ai rendez-vous chez le médecin...Mais nous avons tellement de temps à rattraper ! Passe demain soir à la maison. Frédéric sera ravi de te voir, j’en suis persuadée.
    - Je...Clara.
    - Ilana AL-OM ! Tu pars pendant plus de sept longues années, sans donner le moindre signe de vie. Je me suis fait un sang d’encre. Tu...Tu dois venir ! »
    - Toujours aussi persuasive Wood.
    - J’ai appris de la meilleure Alom.»

    //Elle me tend sa carte de visite, me somme une dernière fois de venir ce soir et m’embrasse. Je la vois s’éloigner avec son enfant. Clara a donc fini par construire sa vie, à fonder une famille. Je souris bêtement, sachant que moi, je n’y arriverais jamais. Pas de mari, pas de maison avec un jardin et une niche. Pas d’enfant.//

    ________________________________________________________________________

    « Il est huit heures du matin. Un temps clément sur tout l’ensemble de la région, aucun risque de pluie. Sortez ! Après cette petite météo rapide, le nouveau titre du chanteur préféré de ces demoiselles : Lenodiro Dicarpio ! »

    «Par pitié non ! »

    //Je viens d’envoyer valser le réveil. Le dernier titre de ce chanteur pour midinettes, merci bien. J’ouvre un oeil, puis l’autre, tout en me relevant sur mon lit. Je m’étire, sentant la pièce tanguer autour de moi. Aïe. J’ai encore trop bu hier, il faudrait que je ralentisse sur la bouteille, tout comme ce très cher Zark me l’a fait remarquer. Je souris en repensant à Kalia. Cette jeune femme avait une sacrée descendante, mais je ne suis plus en reste. Je tente de me mettre un premier pied à tard. Maudite cuite, je sens que la journée va être difficile. Je regarde à côté de moi, le lit est vide. Ouf, j’ai eu la bonne idée de ne pas ramener un parfait inconnu dans mon lit, je m’autofélicite. Ne me regardez pas ainsi. Depuis quelques semaines, je ressens le besoin de me défouler, de croquer la vie à pleines dents avant de retourner vers une vie plus posée, plus «normale». Normale...Ce mot heurte mon esprit et me fait repenser à Clara. Cette dernière a belle et bien une vie normale : un emploi, un époux, le début d’une famille. Je me réjouis d’avance de pouvoir la voir ce soir. Je sais que ce n’est pas une bonne idée de quitter le monde des démons juste pour une soirée. Lorsque l’on quitte Pass-Magic, il faut que ce soit définitif. Et si jamais un démon me suivait ? S’il transplanait au beau milieu du salon des Wood-Brady. J’avoue que j’aurais du mal à leur expliquer. Je secoue la tête pour ôter ces pensées de mon esprit. Argh, mauvaise idée ! Je sens un début de nausée, saleté de cuite. Je patiente quelques secondes, assise sur le rebord de mon lit. J’inspire, j’expire. Cette nausée va bien finir par passer...Apparemment non. Je cours vers ma salle de bain pour pouvoir faire passer cette nausée. La tête au-dessus de la cuvette des toilettes, je baragouine des remords : «Plus jamais je ne bois ! Jamais». Et dire que je dis ça presque tous les lendemain matins de cuite. La nausée me reprend de plus belle. Je ne suis vraiment pas belle à voir. Pourtant, je suis étonnée. Lorsque je prends une bonne cuite, je ne me lève pas à huit heures du matin, j’ai les membres totalement engourdis et je vomis rarement. Là, il est huit heures, je n’ai aucune courbature, mais mon estomac est totalement sans dessus dessous. Les minutes passent, et je reste tranquillement installée au-dessus de mes toilettes. Charmant tableau Ilana. Pourvu que cela agisse comme un électrochoc et que j’arrête de boire. Je finis par me relever, tire la chasse d’eau et m’accroche au lavabo. Je me regarde dans le miroir : les traits tirés, les yeux cernés. Je suis magnifique, une femme splendide ! Si je veux faire bonne impression ce soir, il faut que je prenne l’air. Je commence à me refaire une tête, une sorte de ravalement de façade. Crème anti-cernes, masque anti-fatigue, et tutti quanti. J’ouvre un autre tiroir et tombe sur ma...pilule ?//

    «Oh...Oh...Ilana réfléchis. Réfléchis ma vieille ! »

    //Je réfléchis, encore et encore. Ma plaquette de pilules est vide...Ce n’est pas vrai ! Je sors en courant de ma salle de bain, dévale les escaliers pour trouver un carnet. Je cherche dans le salon, dans ma cuisine. Où est ce foutou calepin ? Je finis par tomber dessus. Nous sommes le 20. Je cherche une page, deux pages, trois pages, quatre pages, cinq pages..Six ! Oh mon...Cela fait six semaines, six semaines ! Je m’affale sur le canapé de mon salon.//

    « Comment j’aurais...? Bon oui je sais comment on..mais...Je.»

    //Oh c’est la mer-de.//

    « Ilana...On se détend. C’est peut-être une fausse alerte. Calme toi ! Voilà que je parle toute seule.»

    //Je reste assise, me tape sur le coin du visage. C’est une fausse alerte, j’en suis persuadée. Tous les hommes avec qui j’ai eu des relations ces dernières semaines, il n’y en a pas eu beaucoup je vous rassure, étaient protégés. Je commence à respirer normalement. Avec tout la tension que j’ai eue ces dernières semaines avec la vente de ma maison, mes problèmes avec Zark, l’absence de Kalia, c’est normal que mon corps soit déréglé. Parfaitement normal.//

    ________________________________________________________________________

    //Quelques heures plus tard, j’étais assise sur le bord de la falaise. Les pieds dans le vide, insouciante, inconsciente ? Plusieurs pensées martelaient mon esprit : « Que faire ? Qui est le père ? Pourquoi ? » La nuit ne va tomber que dans quelques heures, et pourtant, je l’appréhende déjà. Je reste là, l’esprit ailleurs, assise sur le rebord des falaises lorsque j’entends derrière moi des bruits de pas, qui se rapprochent, de plus en plus. Je tourne légèrement la tête et aperçois enfin une silhouette. Un homme, un démon, un fils. Je regarde de nouveau l’immensité du vide qui me fait face. Sur un ton froid et sarcastique, cachant le débat intérieur qui se jouait en moi, j’articule doucement.//

    « Sur tous les démons de Pass-Magic, il fallait vraiment que je tombe sur toi Storm.»

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Matthew Storm

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MessageSujet: Re: Il ne suffit pas de tourner la page, mieux vaut la déchirer.   Dim 24 Fév - 14:59

En fin de compte je m’ennuie... Terriblement. J’ai tellement cherché à occuper mon esprit ces derniers jours que j’ai rattrapé toutes mes missions en retard. J’ai récupéré certains objets, j’ai torturé pour avoir des réponses, j’ai aussi bien évidemment tué. Je me suis entrainé, encore et encore à développer mes pouvoirs, après tout il le faut bien si l’on veut s’affronter à l’Enfer. Je n’ai jamais été autant au point de toute ma vie. Me voilà donc bien aujourd’hui, assis au bord d’une falaise, à regarder le vide durant de longues heures... à penser encore et encore. Penser à quoi ? Penser à qui... Cela faisait des jours, des semaines que je ne l’ai pas revu, que je n’ai pas pensé à elle, et là voilà aujourd’hui. Oui, je sens sa présence aux falaises, mais si je reste ici elle ne me verra pas, après tout cet endroit est vaste. J’attends de longues secondes qui me paraissent presque interminables. Que faire ? En fait je sais très bien quoi faire, je dois partir, quitter les lieux, tout simplement. C’est en effet ce que je compte faire, je n’ai pas tourné la page tous ce temps pour revenir vers elle maintenant. Je me relève, jette un dernier coup d’œil vers le grand vide qu’il y a devant moi. Je sens alors quelque chose. Une autre présence. Humaine ? Démoniaque ? Je ne serais le dire. En fait, je n’ai jamais eu l’occasion de ressentir ce genre de présence. Pars Matthew, ce n’est plus ton problème si elle est en danger, elle se débrouillera seule. J’essaie tant bien que mal de m’en convaincre, mais à vrai dire c’est ma curiosité qui l’emporte sur tous le reste. Je veux savoir quelle est cette sensation.

Je m’éclipse à quelques mètres d’elle, veillant à dissimuler ma présence afin qu’elle ne me remarque pas. Ilana est tout simplement là, assise sur le bord d’une falaise à observer le paysage. Exactement comme moi quelques secondes plus tôt. Ce qui m’intrigue, c’est qu’il n’y a personne d’autre excepté elle. Pourtant, en me rapprochant de la jeune femme, l’aura que je ressentais semble de plus en plus forte. Je cherche quelques secondes dans les alentours. Finalement il n’y a qu’elle et moi, au beau milieu de nulle part. Je la regarde quelques instants, ne semblant ni triste ni même heureux, à vrai dire je n’ai plus aucune émotion aujourd’hui. Je pourrais partir, la laisser tranquille et ne plus songer à elle. Pourtant l’affaire Alom semble attirer mon intérêt. L’aura que je ressens n’est pas extérieure. En fait elle provient d’Ilana elle-même. Je décide donc de dévoiler ma présence.


- Sur tous les démons de Pass-Magic, il fallait vraiment que je tombe sur toi Storm.

J’esquisse un sourire sans émotion, que tu ne vois pas puisque tu me tourne le dos. La situation m’amuse un peu, enfin, en quelque sorte. J’avais presque oublié à quel point notre relation était tendue autrefois, heureusement, tu es là pour me le rappeler, j’aurais bien pu faire une erreur sinon... En fait, c’est de te voir me tourner le dos qui m’amuse le plus. Je me souviens lorsqu’autrefois, tu me répétais sans cesse que ce n’était pas poli de te tourner le dos, que tu préférais voir mes yeux, voir chaque trait de mon visage. Oui, je me souviens, mais toi je t’ai fait tout oublier. Il faut donc que je reprenne le rôle du grand méchant avec toi. Promis, j’essaierais de ne pas faire de gaffe mais par pitié ne me tente pas.

- Ilana Alom... J’espérais que ma présence t’émoustille un peu plus.

Provocateur, comme autrefois. Oh ne te vexe pas Ilana, maintenant que tu as oublié le "bon" côté de ma personne, tu dois sans doute te remémorer à quel point je t’exaspère. Continuons donc ainsi, c’était bien plus simple avant en fin de compte. Je m’avance de quelques pas vers toi. A chaque fois que je me rapproche un peu plus de ta personne, je sens cette aura devenir de plus en plus forte. Qu’est-ce donc ? Suis-je le seul à la ressentir ? J’en ai bien l’impression… En revanche, j’ignore pourquoi. Peut-être tout simplement l’un des effets de la magie de Gloria après avoir utilisé l’amulette. Possible, mais j’en doute, c’est bien plus que ça, j’en suis presque convaincu.

- La nuit a été courte à ce que je vois.

Je parle bien sûr de ton sommeil. Auquel cas je suis persuadé que ta nuit a été bien longue, avec toutes ces boissons alcoolisés et ces hommes, poussé par le désir de leur seul membre qui leur sert de cerveau. Oh je ne te juge pas Ilana, aujourd’hui tu vis ta vie comme tu l’entends, je trouve juste cela dommage qu’une belle femme comme toi en soit réduite à ça. Certes je ne suis pas forcément le mieux placé pour parler de ça, après tout on passe tous par des périodes où l’on souhaite seulement oublier. Mais toi Ilana, je t’ai justement permis d’oublier pour que tu puisses avancer, alors j’espère seulement qu’il s’agira d’une courte période de ta vie.
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Ilana Alom
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MessageSujet: Re: Il ne suffit pas de tourner la page, mieux vaut la déchirer.   Dim 24 Fév - 18:53

    //L’air frais du soir pénètre dans tout mon corps, alimentant chaque partie de mon corps, de mon coeur, de mes muscles. Je respire par petites inspirations, profitant de la douceur de cette soirée qui vient à peine de commencer. Tout en contemplant la beauté de ce vide qui me fait face, je me dis que j'ai bien fait de sortir ce soir, j’avais l’impression de suffoquer chez moi, suite à cette incroyable nouvelle. Oui réellement, c’était incroyable. Comment avais-je pu tomber...Enceinte ? J’avais pourtant pris toutes les précautions, du moins aussi loin que je me souvienne. Parce que je dois bien avouer que j’ai un trou de mémoire, rien de bien dramatique, j’avais déjà vécu pire. J’ai comme l’impression d’avoir oublié un élément capital depuis quelques semaines, depuis plus de cinq semaines pour être précise. Bien évidemment, j’ai réussi à me souvenir de mes achats en regardant mes tickets de caisse ou encore mes comptes en banque. Pourtant, sur mon état d’esprit, mes ressentis, c’est le vide...Total.//

    « Ilana Alom... J’espérais que ma présence t’émoustille un peu plus.»

    //J’en avais presque oublié ta présence Matthew. Et en quoi, Storm, ta présence m’émoustillerait-elle ? Tu n’es rien d’autre pour moi qu’un vulgaire démon, un parmi tant d’autres. Vous êtes tellement nombreux, entre ceux qui se cachent, tapis dans les quartiers mal famés de PassMagic ou ceux qui ressemblent à des humains et qui ont l’air...gentil. Ceux-là, ce sont les pires. Ils vous parlent, vous charment, vous font baisser votre garde. Tout ça pour mieux vous dépouiller autant physiquement que psychologiquement. Et toi Matthew, tu fais partie de cette dernière catégorie. Lorsque l’on te croise la première fois, on voit un jeune homme bien sous tout rapport, mignon, agréable à regarder. Oh oui Storm, je viens bien de te faire un compliment. Ton charme n’est plus à démontrer, tu dois sans aucun doute l’utiliser, à outrance, pour achever certaines de tes victimes. Pourtant, il n’aura aucun effet sur moi. Pourquoi ? Parce que derrière ce beau visage, je sais qui tu es. Un démon froid, calculateur, sans aucun sentiment. Peut-être qu’un jour, tu ressentiras quelque chose de fort pour une personne, et ce jour-là, alors, tu seras perdu. Tu auras signé ta perte comme moi j’ai signé la mienne il y a maintenant plus de sept longues années. Je ne tourne toujours pas mon visage vers toi. Si je ne te réponds pas, peut-être finiras-tu par partir ? Ce soir, je suis fatiguée, et je n’ai pas envie de me battre. Je ne peux pas me battre. Je te sens t’approcher, je sens les graviers rouler sous tes semelles. Que vas-tu faire ? Me pousser dans le vide, et hop, pas vu pas pris ? J’en doute. Tu as bien trop d’orgueil. Comme dirait un certain Corneille : « A vrai sans péril, on triomphe sans gloire». Et toi, à défaut de rechercher la gloire, tu ne craches pas dessus. Je finis par me retourner, les jambes toujours dans le vide. Je lève mon visage pour te fixer. Les yeux dans les yeux. Tu n’as pas l’air dans un meilleur état que moi. Que viens-tu de faire ? As-tu pris ton pied à torturer une pauvre âme damnée, ou pire encore, as-tu tué ?//

    « La nuit a été courte à ce que je vois.»

    //Je t’adresse un mince sourire. En effet, la nuit fut très courte. Pourtant, j’ai l’impression que nous n’entendons pas cette phrase de la même façon. Sous-entends-tu que j’ai passé la nuit dans les bras d’un homme qui, à défaut d’être le prince charmant, a réussi à m’offrir quelques heures de plaisir ? Malheureusement non mon cher. Plus tu te rapproches de moi, plus je sens une sensation bizarre. Quel est cet aura qui semble t’entourer ? Cette puissance magique qui émane de tout ton corps me rends légèrement mal à l’aise. J’ai l’impression de la ressentir au plus profond de moi, comme si elle était en moi. Aurais-tu gagné en puissance Matthew pour que même tes ennemis soient dérangés par tant de magie ?//

    « Et elles ne sont pas prêtes de s’allonger.»

    //Du bout des lèvres, j’ai lâché cette petite phrase, plus pour moi-même que pour toi à vrai dire. Qui disait grossesse disait enfant et disant nuit blanche en perspective. Moi avec un petit être, en moi, qui plus tard, deviendra un enfant dont je devrais m’occuper. En serais-je au moins capable ? J’ai déjà mille difficultés à m’occuper de ma propre personne, alors comment s’occuper d’un autre ?Une petite voix fait irruption dans mon esprit, me disant que je saurais m’en occuper, puisque ce sera mon enfant. J’effleure durant à peine une petite seconde mon ventre de ma main. Je finis par me relever pour te faire face Matthew. Je m’avance de plus en plus, sentant de plus en plus ta puissance magique. Elle me perturbe, elle m’englobe. C’est presque irréelle comme situation. Qu’as-tu donc fait pour que je la sente de manière si intensive Matthew ? Dis le moi. Je sens mon estomac se tordre, les nausées revenir. Non...Je ne peux décemment pas vomir devant Storm, ce serait avoué une nette faiblesse, et je le refuse. Je ferme les yeux quelques secondes, inspire de nombreuses fois pour faire disparaître la nausée. Si elle persiste, j’ai bien peur de devoir vomir en me penchant au bord de la falaise. Ce serait...la honte. Sentant mon estomac se calmer, j’ouvre de nouveau les yeux pour te fixer. Je commence à tourner autour de toi, tel un vautour autour de sa proie. Mais ici, es-tu réellement la proie ?//

    « La nuit fut désespérément courte en sommeil et affreusement longue en réflexion. Néanmoins, j’apprécie que tu t’occupes de l’état de mon sommeil Storm.»

    //Je t’adresse un sourire malicieux, entre deux envies de recracher mes entrailles dans le vide. Il faut que je fasse bonne figure, pour que Storm ne se rende pas compte de mon état...pitoyable. Oui c’est bel et bien le mot. Je me fais pitié, alors imaginez quel sentiment je ferais naître en Matthew. Tomber enceinte on ne sait quand d'on ne sait qui, c’est pathétique. Dans quelle situation me suis-je encore mise...J’avais toujours cru que le jour où j’attendrais mon premier enfant, ce serait un bonheur et une joie immense. Pourtant, ce soir, je ne ressens rien de tel. Comme si je n’arrivais pas à me faire à l’idée. A l’idée terrifiante que dans quelques mois, je serais mère. Un frisson parcourt tout mon échine. Je te laisse croire que c’est l’air frais qui m’a faite trembler.//

    « Tu dois vraiment t’ennuyer pour flâner ici à une heure pareille. Plus d’âmes à torturer, de victimes à achever Storm ? »

    //J’essaye de lui faire comprendre que sa présence à mes côtés n’est en aucun cas désirée. Je voudrais qu’il s’en aille, pour que je puisse continuer à réfléchir. Réfléchir à mes futures actions. Trouver le père, aller en parler à Kalia...Ciel, je n’ose imaginer sa réaction lorsque je lui dirais que je suis tombée en cloque. Va-t-elle me traiter d’irresponsable ? Elle aurait bien raison...J’ai besoin d’aller la voir, d’entendre des mots réconfortants de sa propre bouche. Puis après je chercherais l’identité du père...Peut-être. Une angoisse me prend. Et si le père était un nul, si c’était l’homme marié avec qui j’avais pris quelques minutes de plaisir dans les toilettes du bar ? Et si...Je n’ai même pas eu le temps de finir ma pensée. Je viens littéralement de vomir dans le vide. Tout ce stress n’a en rien arrangé mes nausées. Pendant quelques secondes, je reste penchée au-dessus des falaises, attendant une nouvelle nausée. Quel spectacle pathétique. Je ressens encore plus la puissance de Matthew à cet instant très précis, comme si elle était en moi. A quoi t’amuses-tu Storm ? Veux-tu me rendre folle ? Attention, ça risquerait d’arriver. Me remettant de mes émotions, j’essuie ma bouche et me retourne vers toi.//

    « Si tu pouvais dégager, je t’en serais infiniment reconnaissante. Comme tu le vois, je ne suis pas au mieux de ma forme...Je soupçonne un empoisonnement. Tu ne voudrais pas achever une mourante ? Non bien sûr, ce ne serait pas digne de toi, Matthew Storm.»

    //Bien trouvé Ilana le coup de la suspicion d’empoisonnement ! Je ne cesse de m’étonner. Oui je sais, je ne suis pas très modeste sur ce coup. J’espère réellement que le démon va s’en aller pour que je puisse retourner à mes pensées. Je ne suis ni en mesure de parler et encore moins en mesure de me battre. Laisse moi Matthew...comme tu l’as déjà fait une fois.//


Dernière édition par Ilana Alom le Lun 25 Fév - 10:39, édité 1 fois
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Matthew Storm

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MessageSujet: Re: Il ne suffit pas de tourner la page, mieux vaut la déchirer.   Dim 24 Fév - 23:16

J’apprécie ta manière de me répondre. Je retrouve l’arrogante et l’imperturbable Ilana Alom. A force d’être en ma compagnie tu avais perdu cette habitude. Il faut croire que j’agissais sur toi bien plus que je ne l’aurais cru. Finalement tu as trouvé plus habile de me faire face, j’apprécie. Je ne te lâche pas une seule seconde du regard, maintenant tu es revenue, autant apprécier un peu. Quant à toi, tu me tourne autour tel un vautour chassant sa proie. Suis-je réellement la proie ? Allez savoir... Te voir te comporter ainsi me rappelle que quelques semaines plus tôt, lorsque tu me tournais autour, c’était pour essayer de m’avoir, de nouer un contact, au mieux de m’embrasser. Bien évidemment en ces circonstances ce n’est plus le cas aujourd’hui.

- La nuit fut désespérément courte en sommeil et affreusement longue en réflexion. Néanmoins, j’apprécie que tu t’occupes de l’état de mon sommeil Storm.

Je ne fais pas réellement attention à ce que tu me dis, pas que ça ne m’intéresse pas, plutôt parce que certains de tes mouvements m’intriguent. En particulier celui qui n’a duré qu’une infime seconde. Oui ma chère, j’observe le moindre de tes mouvements, ce sont les détails qui créaient des idées après tout. Pourquoi ce mouvement contre ton ventre ? Et pourquoi fermes-tu les yeux ? Même si tu essaies de me cacher la vérité, je peux facilement lire sur ton visage que tu ne vas pas si bien que tu le prétends. Qu’as-tu donc ? L’unique question qu’il me reste à résoudre. Oh joie, je n’ai que ça à faire aujourd’hui, il faut croire que tu vas encore devoir supporter ma présence.

- Tu dois vraiment t’ennuyer pour flâner ici à une heure pareille. Plus d’âmes à torturer, de victimes à achever Storm ?

Storm... J’ai perdu l’habitude de t’entendre m’appeler ainsi. Finalement je préférais lorsque tu m’appelais par mon prénom, j’avais déjà moins l’air de t’être inconnu.

- Voyons chérie, le monde entier est une âme à torturer. Mais si tu désires tant apercevoir le cadavre d’une de mes victimes, alors je te donne le premier indice, le corps d’une démone se trouve quelque part au pied d’une de ces falaises.

Deux phrases. Que de provocations. Tout d’abord je savais que t’appeler "chérie" t’agacerait au plus haut point sachant que je suis celui qui a ruiné ta vie. Ensuite, je sais pertinemment que tu as horreur du meurtre et du sang, alors considérer la mort comme un jeu ne va sans doute pas te donner le sourire sachant que tu as toi-même frôlé la mort. Pourtant c’est ce qui arrive lorsque l’on vit à Pass Magic, mais ça tu l’as toujours su. Quelques secondes après, tu cours vers le bord des falaises. Alors quoi je t’exaspère tant que tu préfères te suicider ? Qui sait, la mort est peut-être une meilleure compagnie. Finalement tu baisses pour vomir, restant de longues secondes, tête penchée au dessus du vide. Je t’observe sans prononcer le moindre mot. Tu seras celle qui mettre fin à ce silence.

- Si tu pouvais dégager, je t’en serais infiniment reconnaissante. Comme tu le vois, je ne suis pas au mieux de ma forme... Je soupçonne un empoisonnement. Tu ne voudrais pas achever une mourante ? Non bien sûr, ce ne serait pas digne de toi, Matthew Storm.

Tu m’envoies sèchement balader. Pourtant tu le sais bien n’est-ce pas, que je ne partirais pas maintenant. Au lieu de m’éloigner comme tu l’aurais espéré, je m’approche au contraire de toi, m’arrêtant à quelques centimètres de ton corps frêle...

- En effet ce ne serait pas digne de moi. En revanche je peux toujours te soigner pour mieux te torturer par la suite.

Je lui adresse un sourire narquois, et bien que je puisse lire sur ton visage son total refus, je ne te laisse pas le choix. Puisque tu parles d’un empoisonnement, c’est donc ton ventre qu’il faudra soigner, je comprends mieux la raison de ce mouvement quelques instants plus tôt. Je pose délicatement une main sur ton ventre, puis une lumière bleutée se laisse entrevoir alors que je cherche à te soigner. J’entends ton cœur cogner contre ta poitrine au rythme d’une douce mélodie. Je cherche quelque chose qui aurait pu t’empoisonner mais ton sang est parfaitement normal. Je m’apprête à retirer ma main lorsque j’entends cet autre bruit, ce second cœur battre dans ton corps... Alors finalement tu es enceinte...

- J’ignore quel homme t’a empoisonné mais je ne le remercie pas, j’aurais du mal à te torturer sans qu’il n’y ait de conséquences sur ta progéniture à présent.

Je retire ma main de son corps et m’éloigne un peu d’elle. Alors finalement tu as reconstruit ta vie, félicitation Ilana tu y es parvenue. Suis-je blessé ? Non, j’ai définitivement tourné la page, je te laisse mener ta vie comme tu l’entends. D’ailleurs qu’est-ce que je fiche encore ici ? Mon énigme est résolue, cette aura que je ressentais n’est autre que ce bébé réfugié dans ton corps. Je n’ai plus rien à faire ici. Je m’apprête à quitter les lieux lorsqu’une vérité m’éclate alors aux yeux...

***

- Alors, est-ce que toi aussi tu l’as ressentis ?

J’avais oublié à quel point Shiragi était inutile et encombrant lorsqu’il travaillait pour Félicia. Cet idiot avait eu l’audace d’occuper mon bureau pour passer un appel. Heureusement, je ne l’ai viré qu’après l’avoir espionné un peu.

- Cette aura, il n’y a donc que moi qui l’a ressent, alors elle avait bien raison.

Aujourd’hui je pense avoir une idée de qui est "elle". Bien évidemment il n’y a que Gloria Fost pour se mêler de ce genre d’affaire.

- Oui, elle m’a dit que Kalia et moi sommes les seuls à pouvoir la ressentir puisque nous sommes les parents et que nous n’avons pas procrée selon les règles...

Selon les règles. Aujourd’hui cette conversation téléphonique prend tous son sens.

***

Je suis le père. Et effectivement Ilana et moi n’avons pas suivis les règles puisqu’elle est humaine et que je suis un démon. Alors c’est donc ça que cette aura représente, la naissance d’un bébé hors norme. Finalement les choses prennent une tournure bien pire que je n’aurais pu l’imaginer. Moi qui aurais préféré déchirer la page, voilà qu’à présent la plume se met à écrire la suite de l’histoire. Je me retourne vers toi et pose mon regard dans le tien, l’air complètement perdu. Que faire ? Je ne me suis jamais préparé à ce genre de circonstance...
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Ilana Alom
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MessageSujet: Re: Il ne suffit pas de tourner la page, mieux vaut la déchirer.   Lun 25 Fév - 10:39

    //Je te regarde m’observer. Qu’attends-tu donc pour t’en aller ? N’ai-je pas été assez claire dans mes propos ? A croire que non vu que tu restes. Je n’apprécie guère ta présence, ni ta façon de m’observer comme si j’étais une bête de foire. Que veux-tu ? Un combat, ma mort ? Dans les cas, la réponse sera la même : Dégage ! Je continue à inspirer calmement. Vomir une fois devant son ennemi soit passe encore....deux fois. Que l’on m’en préserve. Tu t’approches de plus en plus, tu n’es plus qu’à quelques centimètres de moi. J’ai l’impression d’être traquée, tel un animal aux abois. Je te regarde dans les yeux et je ne vois pas la lueur que j’avais l’habitude de voir lors de nos derniers affrontements : ni haine ni sarcasme. Je ne vois rien, est-ce parce que je ne veux rien voir ou parce que tu as changé ? Peu m’importe à vrai dire...//

    « En effet ce ne serait pas digne de moi. En revanche je peux toujours te soigner pour mieux te torturer par la suite. »

    //Je fais une grimace lorsque tu parles de me torturer. Achever une femme empoisonnée ne te poserait donc aucun problème ? Non bien sûr que non. Tu n’as aucun sentiment pour les gens qui t’entourent. Tu ne fais que les utiliser à ta guise, pour mieux les jeter par la suite. Je vois ta main s’approcher de mon ventre. Que crois-tu donc faire ? Je suis à deux doigts de vouloir te briser le bras, lorsque je sens déjà ta main sur mon ventre. Je vais te tuer pour avoir posé la main sur mon...Aussi incroyable que cela puisse me paraître, la chaleur de ta main sur mon ventre m’apaise instantanément. Je sens mes nausées disparaître, mon estomac se calmer. Est-ce ta façon de me mettre en confiance pour me porter le coup de grâce ? Je suis à deux doigts te tordre l’avant-bras lorsque tu reprends la parole. Tu as du chercher le poison...il n’y en a pas.//

    « J’ignore quel homme t’a empoisonné mais je ne le remercie pas, j’aurais du mal à te torturer sans qu’il n’y ait de conséquences sur ta progéniture à présent.»

    //Je suis sans voix, littéralement. J’ai normalement toujours une réplique acerbe pour toi, mais là, tu m’as réduite au silence. Comment es-tu...Comment ? Bien sûr, qu’est-ce que je peux être stupide ! Ta main posée sur mon ventre...Comment ai-je pu laisser cela arriver ? J’aurais du me douter, qu’avec tes innombrables pouvoirs, tu trouverais la raison de mon état. Je m’en veux. Je m’en veux d’avoir été aussi stupide, et pas assez rapide pour éviter que tu me touches. Puis, ta phrase me laisse également perplexe. Insinuerais-tu que porter la vie est un poison ? Et que l’homme qui m’a mise enceinte est un empoisonneur ? Qui es-tu pour me juger ainsi ? Tu ôtes ta main de mon ventre, et je sens mon estomac se contracter de nouveau. A défaut d’être la pire des pourritures, tu m’as apaisée. Pendant quelques secondes, je ferme de nouveau les yeux pour pouvoir rester debout. Sinon, je m’allongerais bien sur le sol pour ne pas avoir le tournis. Ce serait indécent...Lorsque j’ouvre de nouveau les yeux, mon regard plonge directement dans le tien. Tu as l’air, pendant quelques secondes, aussi perdu que je le suis ? Es-tu triste de ne pas pouvoir me torturer pour ne pas tuer ma progéniture ? Je m’en amuserais presque.//

    « Progéniture...»

    //Je m’avance à mon tour pour arriver à tes côtés. Je sens de nouveau toute ta puissance magique. C’est si déroutant car si c’est bon mais en même temps si mal. Comment puis-je accepter d’aller mieux en étant si près de toi Matthew Storm, mon ennemi ? Je te regarde droit dans les yeux. Nos visages ne sont plus qu’à quelques centimètres. Tu pourrais presque sentir l’air de mon souffle sur ta peau. Mes yeux se font plus durs, mon regard est plus sûr.//

    « Je t’interdis de me toucher de nouveau...Tu m’entends...JAMAIS ! »

    //Au moment où je hausse le ton, je sens une colère et une rage m’envahir. Alors que je finis la fin de ma phrase, je me sens propulsée à une bonne dizaine de mètres de Matthew. Que s’est-il passé ? Sans que je n’ai eu le temps de m’en apercevoir, me voilà affalée sur le sol. Est-ce toi, Matthew, qui m’as envoyée valser pour mieux te protéger ? Cette colère et cette rage...Elle est venue de mon ventre pour monter, monter à une vitesse fulgurante dans tous mes membres. C’était comme si elle m’envahissait sans que je ne puisse rien contrôler, comme si elle me montrait que mon âme refusait de t'en vouloir.//

    « C’est quoi ce bordel...»

    //Les circonstances me rendent vulgaire, mais que voulez-vous. Je n’apprécie guère ne pas contrôler mes pouvoirs. Tiens en parlant de cela, serait-ce mes pouvoirs qui me jouent des tours. Après tout, lorsque Kalia était enceinte de ses jumeaux, il n’était pas rare qu’elle perde le contrôle de ses pouvoirs. Est-ce donc cela ? L’enfant que je porte, qui n’a que quelques semaines, détraqué déjà mes pouvoirs...Cela promet pour les prochains mois. Je me relève, retrouvant le peu de dignité qu’il me reste. Et je dois avouer qu’il m’en reste peu...Très peu. J’enlève la poussière de mes vêtements, et te fixe de loin. Que fais-tu encore ici ? N’ai-je pas été assez claire ? Je m’approche vers toi, en gardant cette fois, une distance de sécurité. Je ne veux pas me retrouver au tapis comme il y a quelques minutes.//

    « Matthew...»

    //Etrangement, ce prénom sonne d’une manière inattendue. Ma voix est plus douce, plus calme l’espace de quelques instants. Encore un effet secondaire ? J’agite légèrement la tête pour enlever ses pensées stupides de mon esprit. Lorsque deux ennemis se font face, il n’y a aucune place pour les sentiments ni pour tout autre chose.//

    « Si tu as décidé d’en finir avec moi, sache que je ne te faciliterais pas la tâche. Hier, je me battais pour sauver, égoïstement, ma propre vie. Aujourd’hui, je suis faible. Demain, je me battrais pour l’enfant que je porte.»

    //Les mots que je viens de prononcer m’étonnent. Aurais-je donc déjà l’instinct maternel ? N’importe quoi cette histoire d’instinct...J’ai la faiblesse de penser que son côté maternel, cet «instinct» arrive au petit à petit, qu’il se construit au fur et à mesure de l’avancée de la grossesse, et de la vie que l’on passe près de notre enfant. J’ai aujourd’hui trouvé une raison de me battre. Mon enfant...notre enfant.//
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Matthew Storm

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MessageSujet: Re: Il ne suffit pas de tourner la page, mieux vaut la déchirer.   Sam 2 Mar - 12:28

Les règles. Comme toujours je ne les respecte jamais. Un enfant... Comment cela a-t-il bien pu arriver ? Non je ne suis pas stupide, je sais très bien comment faire pour procréer, mais tout de même… Je ne m’attendais pas à ça. Je n’ai jamais envisagé d’être père un jour, et je ne l’envisage toujours pas aujourd’hui. Mais que puis-je faire à présent ? Ilana ne peut pas garder cet enfant, mais d’un autre côté je ne suis certainement pas celui qu’elle écoutera pour avorter. Peut-être même qu’elle ne pourra pas avorter… Peut-être que l’enfant se protégerait d’une mort certaine, mais dans ce cas la, il faudra programmer sa mort, et Ilana m’en voudra durant l’éternité à venir. Finalement j’avais raison, notre histoire d’amour est devenue ma faiblesse, et mon plus lourd fardeau est le résultat de cet amour. Tu te rapproches de moi, me lance un regard plein de mépris, comme ci tu m’avais toujours détesté, comme ci tu ne m’avais jamais aimé... Et toute ta rage éclate finalement contre moi.

- Je t’interdis de me toucher de nouveau...Tu m’entends... JAMAIS !

Cette phrase m’intrigue quelque peu. A l’époque tu ne demandais que ça, que je te regarde, que je t’embrasse, que j’effleure ton corps de mes mains. Mais aujourd’hui tu ne t’en souviens plus. A peine eus-tu terminé ta phrase que te voilà propulsé à quelques mètres de moi, avec cette force inconnue, celle de notre bébé. Alors lui aussi, il me reconnaît déjà en tant que père, voilà qui risque de compliquer les choses étant donné qu’actuellement, Ilana et moi sommes ennemis. Je te regarde et lis sur ton visage une totale incompréhension. D’où viens cette force ? Pas de moi non, tu es assez intelligente pour t’en rendre compte. Pourquoi ton enfant m’a-t-il protégé ? Là se trouve ta véritable énigme. Malheureusement je ne peux pas te fournir la réponse, pas maintenant, pas déjà… En te voyant propulsé au sol, j’eus envie de venir t’aider, te relever et te mettre en confiance, te dire que tout allait bien se passer. Mais je m’y résigne, tu ne me connais pas gentil avec toi, d’ailleurs cette part de moi n’existe plus. Alors je ne fais que t’observer, tandis que tu lâches quelques injures par rapport à toute cette situation qui te met mal à l’aise.

- Matthew...

Tu t’es rapproché de moi une fois encore, mais cette fois, ta voix ne parait plus si haineuse que tout à l’heure. Alors quoi, grâce au bébé tu ne me détestes plus ? Non, bien sûr que non. Tu m’as toujours détesté, et demain tu me détesteras bien plus qu’hier.

- Si tu as décidé d’en finir avec moi, sache que je ne te faciliterais pas la tâche. Hier, je me battais pour sauver, égoïstement, ma propre vie. Aujourd’hui, je suis faible. Demain, je me battrais pour l’enfant que je porte.

En finir avec toi ? A quoi me servirait ta mort Alom ? Non, contrairement à ce que tu pourrais penser je ne te veux pas morte. La seule chose que j’ai toujours désiré pour toi, c’est que tu vives heureuse, hors de Pass Magic, hors du monde des démons. Mais ça tu ne l’as jamais vraiment voulu n’est-ce pas... C’est à mon tour de me rapprocher de toi, lentement, tel un chasseur qui est sur le point de détenir sa proie. Oui Ilana, tu es ma proie, et le bébé que tu portes est mon ennemi.

- Admets-le Ilana, tu n’as jamais réellement désiré quitter Pass Magic. Cette vie hors du commun est devenue la raison qui te pousse à te lever chaque matin. Admets-le, que vivre une vie de simple humaine t’ennuierait au plus haut point. Ta vie est ici, tu l’as toujours su, tu l’as toujours voulu.

Je m’éloigne de quelques pas, lui donnant l’impression de laisser place à une trêve entre nous, mais on le sait tous les deux, qu’il n’y en aura jamais.

- Tu n’as jamais été faible Ilana, tu as seulement cessé de croire en toi.

Et moi je n’ai pas cru en nous... Je crois qu’il est temps pour moi de m’en aller, après tout tu m’as répété plusieurs fois de "dégager", autant respecter ton souhait. J’ai certaine chose à préparer, et lorsque nous nous reverrons, je crois bien que tu me détesteras à jamais.

- Je te conseil d’aller voir Gloria, elle saura t’aider. Adieu, Ilana Alom.

Je te tourne le dos, comme j’avais si bien pris l’habitude de le faire, puis je m’éclipse, te laissant seule avec ce bébé, seule avec ta conscience.
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