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 Une dernière fois [Ilana]

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Matthew Storm

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MessageSujet: Une dernière fois [Ilana]   Dim 14 Oct - 21:56

Le projet de douter de tout est guidé par la volonté d’éviter l’erreur et de trouver la vérité. Ma vérité, je ne l’ai pas encore trouvé puisqu’actuellement je doute encore. Alors je lui échappe, non à travers la fuite, mais à travers la violence, le sang, les meurtres et les larmes. L’ignorance ignore toujours son ignorant. Je m’étais éloigné quelques temps des gens que je côtoyais, cherchant des réponses que je ne trouverais sans doute jamais, du moins pas tant que je resterais dans cet état d’esprit. Inconsciemment bloqué, je tentais de redevenir le Matthew Storm d’autrefois, et j’étais en quelque sorte sur la bonne voie.


//Je marchais pas à pas, sur une route qui n’en finissait plus. Le lieu était sombre, très sombre. Il n’était éclairé que par quelques jaillissements de flammes de temps à autres. Le nombre de cadavres était indénombrable, quelques os se craquaient sous mes pieds lorsque je marchais et je ne pouvais échapper à l’odeur nauséabonde de la mort. C’était en quelque sorte une version de l’enfer. En réalité ce n’était rien de plus qu’une illusion dans laquelle avait décidé de me plonger l’un de mes ennemis. Très bien réussie à vrai dire, j’y aurais presque cru. Le retour à la vie réelle serait sans doute difficile, mais je ne pouvais pas m’éterniser ici. Je stop ma marche pleine de volonté, ferme les yeux, m’accroupis au sol et y dépose ma main droite dessus. Pourquoi ici et pas ailleurs ? Parce que c’était là que se trouvait la faille de l’illusion, c’était à moi de la briser. Je fais alors apparaître une longue et fine épée dans ma main, et en un seul coup sec, la plante au centre de la faille. Une sorte de boule blanche de lumière sortit de nulle part m’engloba, moi ainsi que tout ce qui composé l’illusion. Ce que je détestais avec les illusionnistes, c’est que certains d’entre eux ont la capacité de rendre aveugle l’ennemi qui s’échappe de son sort. Me voilà donc de retour dans la vie réelle, avec l’un de mes sens en moins : la vue. Actuellement je me trouvais aveugle aussi bien au sens propre que figuré, je ne vois rien de mon présent et ne vois rien pour mon destin. Avec mon pouvoir de génération, je savais que je retrouvais la vue d’ici quelques minutes, à moi de faire en sorte d’éliminer tous mes ennemis ainsi avant qu’il ne le fasse.//

//J’ignore combien d’ennemis furent tués. Je sais seulement que j’en suis sortis indemne, ou alors mon corps a rapidement soigné mes quelques blessures, sans doute pour ça que ma vue met plus de temps à revenir. Quoi que ce ne soit pas réellement un problème. Je me trouvais actuellement sur l’île déserte, même si la scène de ce moment ne devait pas vraiment représenter la beauté de ce lieu. L’odeur de la mer avait laissé place à celle de la mort. Le sable clair et fin était recouvert de sang et de corps inertes. Une chaleur étouffante avait pris la place du vent glacial qui aurait dû se faire entendre en ces temps froid. La terre avait dessiné un beau tableau, avec ses éléments j’en ai dessiné un autre qui me représentait bien mieux.//

- Me protéger hein... Voilà où nous en sommes grâce à toi.

//Non je ne suis pas fou, du moins je ne réponds pas complètement aux critères de la description d’un fou. Je ne parle pas seul, je réponds juste trop tard à des arguments inattendus que j’avais reçu en pleine face. Finalement, je reprends ma marche, vers une route interminable d’un autre genre. A chacun de mes pas je sens que je m’éloigne du carnage que j’ai commis, que je m’éloigne de ma vie, mais je ne veux pas faire marche arrière, il est bien trop tard pour ça.//

//Je repense alors à certains moments de mon passé et un fin sourire se dessine sur mes lèvres. Je me souviens lorsque je me querellais avec Brad, pauvre petit gars jaloux qui rêvait d’avoir les félicitations de Félicia à ma place. Je me souviens de toutes ces fois ou je me moquais de la relation Terryl-Nelly, mince filet entre l’amour et la haine, une histoire très remuante et déchainée, qui au final m’apparaissait comme une sorte de série tv à laquelle je m’étais abonné. Il y avait aussi Conor, notre brave et cruel Vaurel, impossible de savoir quels étaient ses véritables sentiments envers Félicia, mais très amusant à provoquer. Et bien sûr comment oublier tous ces bons moments avec Gloria...
Mais ce sourire disparaît peu à peu lorsque je pense à Vicky, manipulatrice qui est parvenue à me tromper et a fortement blesser mon ego. Kaley, adorable martyre mais qui a su redonner à Zark l’amour qu’il aurait dû définitivement perdre après Ilana. Cameron, ennemi de taille mais qui se mêle un peu trop de ce qui ne le regarde pas. Puis Mephisto, homme qui depuis le début désire ma perte sans pour autant y parvenir.
Puis il reste Ilana, intégrable aussi bien dans les mauvais que dans les bons souvenirs. Ma relation la plus compliquée, mais qui aura eu une certaine passion.
Tous ces moments sont une partie de ma vie dont la page doit être tournée. Retirer mon cœur ou mon âme comme l’ont fait Félicia et Vaurel ? Non, je vais également inaugurer. A vous de deviner de quelle manière je m’y prendrais.//

//Une présence apparaît sur l’île et me tire de mes songeries. Inutile de tourner mon regard vers cette personne, ma vue n’a pas totalement récupéré. De toute façon je n’ai pas besoin de la voir pour savoir qui elle est. L’aura d’Ilana Alom n’est pour moi comparable à nulle autre.//
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Ilana Alom
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MessageSujet: Re: Une dernière fois [Ilana]   Dim 21 Oct - 19:33

« Commençons mademoiselle Alom ! C’est bien mademoiselle ? Avec une si grande maison, je me demandais si...».
- Mademoiselle, simplement mademoiselle.»


//Je le vois m’adresser un timide sourire. Qu’ai-je fait ? Je le dévisage un peu plus attentivement. Se peut-il qu’il soit gêné de savoir que personne ne m’a passé la bague au doigt ? Je lis dans ses yeux : «Tout de même à son âge, c’est moche d’être encore seule». A moins que ce soit ce que mes yeux réflètent dans les siens...Est-ce que les femmes qui font appel à ses services sont la plupart du temps mariées ? Je lui fais signe d’avancer vers l’étage, histoire de ne pas perdre de temps. On me l’a chaudement recommandé. Une pointure dans son genre. Habile, rapide, discret et attentif. Exactement ce que j’attends d’un homme. J’ai bien cherché, mais apparement, on ne peut plus approcher un homme comme ça, sans mettre la main à la poche. Alors j’ai fini par céder, je lui ai donné une somme rondelette. Si chaque femme dans mon état lui donne autant, j’envisage sérieusement de me reconvertir. En montant les escaliers, je ne peux m’en empêcher. J’ai bien essayé, mais c’est trop dur... Je me souviens encore de chaque matin où je courais à vive allure dans ces escaliers pour éteindre la cafetière qui commençait à déborder. L’homme derrière moi regarde attentivement les escaliers, et semble retenir quelques détails. Il y a un peu de poussière dans les coins, je suis d’accord, je n’ai jamais été une grande ménagère, mais j’étais légèrement occupée à rester en vie ! Puis de toute façon, je n’ai pas fait appel à ses services pour qu’il juge mon aptitude au ménage...ce ne serait pas bien brillant. Ne voulant pas rentrer tout de suite dans le vif du sujet, je lui ouvre la porte de la salle de bain.//

« Après vous...»

//Il regarde attentivement les dalles blanches au sol, la petite baignoire. Là encore, je ne peux m’en empêcher. J’ai bien essayé, mais c’est trop dur... Je me souviens de ce soir d’hiver. PassMagic était enseveli sous au moins trentre centimètres de neige. Je n’avais jamais vu un tel spectable. Certains parents, imprudents, avaient amené leurs enfants dans le parc pour construire un bonhomme de neige, alors que certains couples, imprudents eux-aussi, s’essayaient aux patins à glace sur le lac. Ce jour-là, je n’avais pas pu profiter de la neige, moi qui l’aime tant. Terryl avait décidé de faire payer à Raymon ces menaces envers Nelly. Certaines nuits, j’entends encore le cri perçant de Kalia lorsque le sabre lui a traversé l’abdomen. Un cri abominable, gueulant tout le désespoir d’une mère. En revenant du repère de Terryl en laissant Kalia en ce que je croyais à l’époque être de bonnes mains, j’avais fait couler un bain chaud. L’eau avait coulé sur les bords quand j’y pénétra, mais peu m’importait. Je voulais enlever le sang de Kalia qui avait fini par sécher sur ma peau. J’y étais restée pendant une bonne heure. L’eau devenait froide, et moi commençant à m’endormir. L’espace d’une petite seconde, je me suis demandée : «Et si je m’assoupissais ? Qui pour s’en soucier ?». A peine cette pensée me traversa l’esprit que j’avais déjà un pied en dehors de l’eau. L’homme posa sa main sur mon épaule pour me sortir de mes esprits. Je lui adressa un mince sourire pour m’excuser de mon manque d’attention à son égard.//

« Passons à la chambre, si vous voulez bien.»

//Je jetta un dernier coup d’oeil à la salle de bain, puis ferma la porte. Je me dirigeais vers la porte de ma chambre, passons enfin aux choses sérieuses, lorsque l’homme m’interrompit.//

« Quelle est sa trace sur le mur ?»

//Oups...J’avais oublié de laisser le tableau à cet endroit. Sur le mur, s’étalait une magnifique, et immense, trace gris, comme une trace de...brûlé. Mon esprit marcha à plein régime, et lui adressant un sourire contrit, je lui dis du bout des lèvres.//

« Vous savez...Je n’ai jamais été douée en peinture.»

//L’homme me regarde quelques secondes. Pitié qu’il gobe ça, car je n’ai décidemment rien de mieux à lui offrir et je ne voudrais pas qu’il prenne ses jambes à son cou. J’ai besoin de lui. A la fin de ces secondes qui me paraissent une éternité, il se mit à rire. Etait-ce drôle ? S’il savait... Là encore, je ne peux m’en empêcher. J’ai bien essayé, mais c’est trop dur... Cette trace sur le mur, entre le mur de ma salle de bain et de ma chambre, n’est autre que la trace d’une boule de feu qu’un démon avait (heureusement) envoyé sur le mur au lieu de sur moi. Je me souviens que prise par la surprise, je lui avais envoyé un vase dans la tronche, mais ça n’avait pas eu son effet escompté. J’avais fini par m’en débarasser, lorsqu’au lieu de lancer des vases, j’avais fini par me rappeler que j’avais le pouvoir de l’exploser d’un seul geste de la main. L’homme me regarde droit dans les yeux, ce qui me sort encore une fois de mes rêveries. Je lui adresse encore un timide sourire, remet mes cheveux en arrière, et ouvre la porte de ma chambre. Les choses sérieuses commençent. Il rentre, s’avance vers le lit. Je retiens pendant quelques secondes ma respiration. Puis referma la porte derrière moi, je ne veux que personne ne soit témoin de ce que nous allons faire dans cette chambre.//

//Une demi-heure plus tard, je sortis de la chambre, suivie de l’homme qui remettait sa veste. Je jetta un dernier coup d’oeil à cette pièce, puis ferma la porte. L’homme avait déjà pris la direction du salon. Je restais encore quelques secondes à l’étage, reprenant mon souffle. Je ne pouvais pas croire que j’en étais arrivée là. Je secouais légèrement la tête afin de libérer mon esprit de ces pensées obsédantes. Je finis par rejoindre le charmant jeune homme dans mon salon.
Je le vois assis à la table, me fixant. Que me veut-il encore ? Je pensais lui avoir fait comprendre mon état dans la chambre. Voulait-il remettre le couvert ? Je ne veux pas, je suis fatiguée...Je m’apprête à ouvrir la bouche, lorsque de sa main, il m’arrête.//

« Mademoiselle Alom, c’était parfait.
- Effectivement mais je n’en doutais pas. On ne tarit pas d’éloges à votre sujet.
- Je vous en prie...Vous allez me faire rougir !»


//Je ne peux m’empêcher de rire. Bordel, ça fait du bien de rire. Je l’imagine les joues rouge comme une pivoine, et ça m’a amusée, à croire qu’il m’en fallait peu. Je lui adresse un sourire convaincant, et vient m’asseoir à côté de lui. Devant moi, se trouve un papier et un stylo déjà débouché. J’ouvre un peu trop la bouche, et plonge mon regard dans le sien.//

« Ca veut dire que...
- Oui mademoiselle Alom.
- Je suis...
- Je vous avais prévenue que ce ne serait pas long.
- C’est...parfait.»


//Mon dernier mot sort comme étouffé de ma bouche. Je ne sais pas si le mot «parfait» est le bon terme pour exprimer ce que je ressens à la vue de ce papier. Vous rendez-vous compte ? Un seul papier, et j’y serais enfin obligée. Ne pouvant le faire de ma propre volonté, j’avais trouvé ce stratagème pour m’y obliger. Je prends le stylo entre mes doigts, lis les quelques lignes. Je sens son regard sur mon visage. Il me fixe, m’observe...attend. Je serre le style entre mes doigts, m’apprêtant à signer...Allez bordel Ilana ! Signe ce fichu papier !//

« Je...
- Vous avez besoin de temps...Ca se conçoit mademoiselle Alom...
- Appelez moi Ilana.
- D’accord...Ilana. Peut-être...Ce n’est qu’une proposition...je vous laisse la soirée pour signer...et peut-être pourrions-nous nous revoir...autour d’un verre ?»


//Je sens que cette fois-ci, il n’est pas plus à l’aise que moi. Serait-ce une proposition, un rendez-vous...galant ? Ciel ! Ca fait si longtemps que je n’ai pas été invitée que je ne sais même plus à quoi ça ressemble. Mais peut-être que ce n’était pas une bonne idée...Je devais d’abord me reconstruire avant de...Stop ! La vie est trop courte, et j’ai déjà perdu trop de temps. Je le sens légèrement angoissé, ce qui m’oblige à lui donner une réponse.//

« Ce serait avec grand plaisir...
- Marc.
- Avec grand plaisir Marc ! »


//Il range les quelques papiers qu’il avait sortis et me tend la main. Il me la serre avec une certaine douceur, et je lui adresse un sourire encourageant. Il a réellement l’air charmant...C’est bon de ne pas avoir à se méfier, c’est si reposant, si étourdissant en même temps. J’avais pris l’habitude de faire attention à tous ceux qui m’entouraient, mais avec Marc, ça semblait être différent. Il semblait «normal», si vous voyez de quelle normalité je veux parler. Il claque la porte de chez moi, je me dirige vers ma cuisine, me sers un petit verre de vin rouge, et retourne m’asseoir devant ce fameux papier. Une gorgée, deux gorgées...Dix gorgées après, je n’ai toujours pas signé. J’ai le stylo en main mais je ne l’ai pas encore utilisé. Pourquoi est-ce si dur ? Pourquoi sais-je que je vais le faire, mais que ce n’est pas le bon moment ? Je me lève, et m’éclipse à tout hasard de chez moi. J’ai besoin de prendre l’air, de m’évader.//

« Tiens...L’île déserte.»

//Je ne sais pas pourquoi j’ai atteri ici. Coincïdence ? J’ai appris que dans «ce» monde, il n’y a jamais de coincïdence. Mes pieds nus s’enfonçent dans le sang qui est bizarrement...rouge. Des cadavres jonchent le sol, leur sang salit le bas de ma robe. J’en peux plus de voir des carnages, de voir la mort, la souffrance, la douleur. C’est pour cette raison que ce papier m’attend chez moi. En voyant ce spectable désolant, je m’apprête à retourner signer ce papier illico, mais une présence m’en empêche. J’avance, encore, encore. Cette route me menant à cette silhouette me semble être une éternité. Je ne suis plus qu’à quelques pas de lui...Matthew, est-ce donc toi le responsable de ce carnage ? J’inspire un coup et finis par dire sur un ton qui se veut non-chalant et détaché.//

« Je ne te demanderais pas la raison de ce carnage Matthew.»

//Je m’assied alors à côté de lui, nos épaules se touchant à peine. Je regarde dans la direction où il regarde. La mer, le bleu, l’océan, l’infini...l’inconnu. Ce dernier mot germe dans mon esprit en même temps que l’image du papier sur la table de mon salon flashe dans mon esprit. Ce papier qu’après une discussion avec Matthew, sans doute la dernière, j’irais signer. Ce papier disant que j’accepte de vendre ma maison, et que Marc est l’agent immobilier en charge de trouver de nouveaux acquéreurs. Ce papier qui va définitivement me faire tourner la page de ma vie...à PassMagic.//
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Matthew Storm

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MessageSujet: Re: Une dernière fois [Ilana]   Dim 21 Oct - 21:47

//Même si je ne te vois pas, je sens ta présence se rapprocher de moi. Etrange. Je pensais qu’aujourd’hui tu aurais préféré me fuir, du moins t’éloigner. Tu t’assois près de moi, et je sens le bout de ta peau frôler contre mon corps. Ce frisson, seul toi me le procure, mais as-tu conscience d’à quel point il me déstabilise ? Tu dois sans doute admirer la vision, je ne pense pas que ce soit moi que tu regardes... D’ailleurs, quelle est cette odeur de mâle sur ton corps ? Une nouvelle rencontre ? Un beau gentleman. Quelque part je te souhaite de trouver l’amour que tu mérites, mais au fond j’ai l’impression d ‘être... Jaloux. Jaloux d’un parfait inconnu, me voilà bien.//

- Je ne te demanderais pas la raison de ce carnage Matthew.

//La raison ? En ai-je moi-même une idée ? En fait j’en ai tellement que finalement je ne sais pas même plus qu’elle est la bonne. Est-ce ma manière démoniaque de te prouver ce que je ressens ? Est-ce une simple envie de me défouler ? De redevenir celui que j’étais autrefois ? D’évacuer mon trop plein d’émotions ? De me donner l’impression que personne ne peut m’atteindre ? De m’éloigner de toi, des autres, de moi, entre autre de ma vie ? La vérité, moi-même je ne la connais pas, et pourtant je parviens quand même à te répondre. Sans doute un mensonge.//

- Des démons veulent se mesurer à moi, je ne fais que me défendre.

//Pourquoi te donner une raison alors que ta phrase m’expliquait clairement que tu n’en attendais pas vraiment une ? Allez savoir… Autrefois je n’avais jamais besoin de me justifier, encore moins pour des crimes. J’aimerais pouvoir te regarder, contempler ta beauté. Pourquoi est-ce que ma vue ne revient pas ? Mes yeux d’origine gris foncé sont étrangement très clair, avec un peu de chance tu continueras d’observer la mer et je ferais comme ci que rien n’avait changé. Pourtant à tes côtés tout change. J’ai l’impression de devenir… Humain. J’ai l’impression de perdre mes pouvoirs. J’ai l’impression de vivre et de mourir en même temps.//

- Ceux qui te veulent du mal ne méritent pas de vivre...

//Si en général c’est moi qui ai pour habitude de laisser peser un lourd silence, cette fois-ci c’est toi qui t’en es chargée et à en croire mes paroles, tu es parvenue à me déstabiliser. Voilà à quoi j’ai occupé mon temps aujourd’hui. A m’éloigner tout en te protégeant. Chose assez difficile je dois le concevoir car à chaque fois je pense à toi alors que j’essaie justement de t’oublier. C’est justement en m’éloignant que j’ai compris que c’était impossible.//

- Oublies ce que j’ai dit.

//Autant parler à un mur. Je m’étais exprimé sans réfléchir, à présent je devais assumer. Finalement, c’est en te ne voyant pas que je me rends compte à quel point mon cœur bat fort à l’intérieur de moi quand tu es là. Est-ce donc ça l’amour ? Le sentiment de ne plus rien contrôler, de changer, d’être perdu ? J’ai toujours dit que l’amour était un sentiment qui rendait faible. J’avais tort. En réalité c’est bien pire, ce sentiment te transforme, te fait souffrir, te tirailles jusqu’à ton dernier souffle. Une fois que l’amour parvient à t’atteindre, il est trop difficile de se défaire de lui. Pourtant c’est ce que j’aimerais. Aimer et ne pas pouvoir aimer, j’aimerais ne jamais connaître cette sensation. Pour la première fois j’ose l’avouer : j’ai mal, et ma souffrance, personne ne peut me la retirer. L’atténuer ne servirait pas non plus à grand-chose, je dois vivre avec et m’y habituer, tout simplement. //
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Ilana Alom
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MessageSujet: Re: Une dernière fois [Ilana]   Dim 21 Oct - 22:39

//Le vent souffle autour de nous, emmêlant mes cheveux, tout comme mes pensées. Si seulement il pouvait balayer d’une bourrasque tous les non-dits, les erreurs de notre passé. Dis moi Matthew, serais-tu prêt à le laisser faire ? A laisser le vent, nous rapprocher sans t’obstiner à t’éloigner de moi ? J’en doute. Plus je me rapproche de toi, plus tu t’éloignes ? Est-ce que je te dégoûte ? Mon humanité te dégoûte ? Réponds moi Matthew s’il te plait. Savoir que je t’aime, que je ferais n’importe quoi pour t’aider à prendre la vie avec plus de légèreté, est-ce que ça te fait fuir ? Si le bonheur que je veux t’offrir n’est pas ce à quoi tu aspires, dis le moi. Enonce le clairement, et je partirais. Je signerais ce fichu bout de papiers et je disparaîtrais. Mon humanité me rend faible. Je ne peux m’imaginer continuer vivre en parallèle de ta vie, mais ne plus en faire partie. Je ne peux décemment pas imaginer ne pas être à tes côtés. Là, aujourd’hui, ce soir, maintenant, je suis bien. Tu es là, tu ne bouges pas. Seul mon coeur qui martèle ma poitrine me fait mal. Mais c’est un mal qui fait du bien. Un mal qui vous transcende, qui vous submerge. Un mal que l’on veut ressentir tous les matins en se levant à côté de celui que l’on aime, un mal que l’on veut garder jusqu’à son dernier souffle. Tu me fais mal Matthew. Si tu ne comprends pas le mot amour, peut-être comprends-tu le mot «mal» ? J’ai mal de toi, et sache que ce n’est pas près de changer, aussi loin pourrais-je être de toi.
Bien que je crevais d’envie de t’entendre t’expliquer ce que tu as fait, j’avais décidé de ne pas m’en mêler. Mais encore une fois, tu décides de me contrer, de ne pas m’écouter.//

« Des démons veulent se mesurer à moi, je ne fais que me défendre.»

//Est-ce que ça aura une fin ? Tu te bats contre l’infini Matthew. Il y aura toujours des démons, tapis dans l’ombre, qui te voudront du mal dans ce monde. Ce monde que j’ai décidé de quitter puisqu’il ne me convient pas, il ne me convient plus. Tu y appartiens, je le conçois. Encore une fois, je sens cette humanité en moi. Un humain est courageux mais également si peureux. Là, j’ai peur. De ma bouche, des mots que je ne devrais prononcer sont sur le point de sortir : «Suis moi. Quittons cet endroit.». Je suis sur le point de te le dire, quand tu me coupes.//

« Ceux qui te veulent du mal ne méritent pas de vivre...»

//Moi, qui ne t’avais pas encore regardé, je me retourne brusquement vers toi, et te fixe. Qu’est-ce que cela signifie-t-il ? Matthew, je quitte ce monde pour ne plus ressentir ce mal, pour ne plus y être confronté. Parmi les humains, je serais en sécurité, nous serions en sécurité, si seulement tu décidais de me suivre. Je ferais tout pour que tu t’intègres dans mon monde. C’est égoïste de ma part, après tout, je ne me suis pas intégrée dans ton monde. Cet univers de souffrance, de pouvoirs ne me convient pas. J’ai essayé, je te promets, mais je n’y arrive pas. J’ai besoin d’avoir un but le matin quand je me lève. J’ai besoin d’avoir un homme à mes côtés pour m’aimer. Je voudrais tant que tu sois cet homme Matthew. Pendant de nombreuses années, j’ai cru que cela aurait pu être Zark. Oui, je l’ai longtemps cru, et il y a peu encore je pensais que ma vie à ses côtés était encore possible. Mais maintenant, non. Je ne le veux plus. Je te veux, toi, à mes côtés. Si tu refuses, alors je partirais mais...Tout d’un coup, je plonge mon regard dans le tien. Tes yeux habituellement d’un gris perçant semblent bien trop blancs. C’est quoi encore ça ? Tu n’as pas tourné ton visage vers le mien. J’ose croire que c’est pour ne pas me montrer que tu ne me vois plus. Suis-je absente pour toi ?//

« Tes ye..»
«Oublies ce que j’ai dit.».


//Comment te faire comprendre le message ? Morse, martien, chinois ? Je vais te le dire. Je vais essayer de te le faire comprendre non par des mots, mais par moi. Si de cette façon, tu ne comprends pas ce que je peux t’apporter, et ce que tu m’apportes déjà, je ne pourrais plus rien. Je te tournerais le dos, sachant que je ne trouverais jamais le bonheur. Marc semble être un homme bien : il a une situation, il est charmant et je semble lui plaire. Après tout, si tu prends la gauche à chaque fois que je tourne à droite, je vais finir par foncer droit dans le mur. Je me lève, et prends tes mains pour te lever. Tu ne vois pas par des yeux ? Regarde avec ton coeur.//

- Sometimes we walk hand in hand by the sea . And we breathe in the cool salty air,You turn to me with a kiss in your eyes...

//Je commence à chantonner du bout des lèvres tandis que je serre tes mains et commence à entamer une petite danse improvisée. Le ridicule tue ? Je prends le risque. Je pose un baiser léger sur tes paupières. Je te regarde. Si tu voyais ce que je vois Matthew, tes doutes s’envoleraient comme mes cheveux dans le vent. Je continue à danser, laissant mon coeur à distance du tien. Je t’entraîne contre ton gré dans mes mouvements.//

- And my heart feels a thrill beyond compare...Then your lips cling to mine, it's wonderful, wonderful ! Oh, so wonderful my love.

//Je m’avance vers ta bouche, mimant du bout des lèvres un baiser sur tes lèvres. Je m’éloigne presque aussi rapidement. Mon coeur bat à faire rompre ma cage thoracique, mais ce mal est si bon, si grisant.//

- Sometimes we stand on the top of a hill.And we gaze at the earth and the sky.I turn to you and you melt in my arms.

//Cette fois, je prends tes bras et les fais serrer mon corps, et colle ma poitrine contre ton torse. Je sens ton coeur Matthew, et j’ai la naïveté de croire qu’un coeur ne trompe pas. Tes battements ne me trompent pas. Mais je ne veux pas m’y fier. Je continue de danser d’un pas lancinant et ma robe vole légèrement.//

- There we are, darling, only you and I...What a moment to share, it's wonderful, wonderful
Oh, so wonderful my love.


//Tu n’as toujours rien dit. Je me colle un peu plus contre ton torse. J’aime la chaleur de ta peau contre la mienne. J’aime sentir ton souffle sur mon front. Je ne suis qu’une pauvre petite humaine que veux-tu. J’aime les choses simples de la vie. J’essaye de te faire oublier que derrière nous, des cadavres sont empilés sur le sol et que le sable n’est pas si immaculé que sous nos pieds. J’approche ma bouche de tes oreilles, et dans un soufle, je dis.//

- This world is full of wondrous things it's true. But they wouldn't have much meaning without you.

//Comprends-tu enfin Matthew...Mon romantisme te donne des hauts-le-coeur ? Désolée, mais le cynisme n’a jamais été mon fort. Je continue à danser, laissant pour seul son le vent dans mes cheveux, et mon coeur qui tambourine dans ma poitrine. Je souris, la tête posée contre ton torse.//

- Là & maintenant, je suis bien.


Dernière édition par Ilana Alom le Dim 10 Fév - 21:31, édité 1 fois
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Matthew Storm

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MessageSujet: Re: Une dernière fois [Ilana]   Dim 28 Oct - 20:31

//Je sens que tu te bloques lorsque tu es à mes côtés, il faut dire que je ne te laisse pas forcément l’occasion de t’exprimer. Pourquoi ? Peut-être la peur. Bien sûr un démon comme moi n’admettrait jamais qu’il a peur. Pourtant c’est le cas, je suis bien plus effrayé par les sentiments que par la mort elle-même. Tu trouveras sans doute cette attitude ridicule de ma part, mais je ne peux être autrement. Si la nature a su m’apporter des qualités pour que tu m’apprécies, elle m’a aussi apporté quelques défauts, qui font qu’actuellement nous ne puissions pas vivre selon les désirs de notre cœur. Tu t’empares alors de mes mains et me redresses. J’aurais préféré éviter tout contact avec toi, mais il faut croire que c’est déjà trop tard. Il y a alors le doux son de ta voix qui vient me calmer, m’atténuer. Qui aurait cru que tu te mettrais à chanter et à danser pour moi... Pour m’exprimer ce que tu ressens. J’aurais aimé pouvoir te contempler à cet instant, mais au moins je peux toujours apprécier cette voix harmonieuse.//

- Sometimes we walk hand in hand by the sea. And we breathe in the cool salty air. You turn to me with a kiss in your eyes...

//Et c’est ainsi que va se poursuivre quelques minutes de chant. C’est donc ainsi que tu as décidé de t’exprimer. Et moi, de quelle manière dois-je m’y prendre ? J’ai l’impression que je n’aurais jamais de réponse à toutes ces questions qui touchent aux sentiments et à l’amour. Je te sens te rapprocher puis t’éloigner de moi. Tu te déhanches sous mes yeux. Yeux aveugles mais qui semblent guérir peu à peu. Alors que je ne te voyais pas quelques secondes plus tôt, j’aperçois peu à peu de fines formes, et commence à retrouver une certaine vue, bien qu’elle soit totalement floue. Tu m’entraines dans tes mouvements, pourtant tu dois sans doute savoir que la danse n’est surement pas mon point fort. La vérité Ilana, c’est que je ne suis pas fait pour ça, je ne sais pas m’exprimer, je n’ai pas les qualités requises d’un bon danseur, ni d’un bon chanteur ou encore moins d’un parfait cuisinier. Je ne saurais pas être l’homme calme, sans problème et gentil que tu attends. Le problème dans notre relation Ilana, c’est que nous sommes trop différents. Tu es une bonne âme, alors que ma passion favorite est le meurtre et les mauvais plans diaboliques. Tu aimes la vie, l’amour et la passion. J’aime la douleur, la mort et le sang. Certains disent que les opposés s’attirent, mais je ne veux pas que ce soit notre tentation qui te détruise.//

- This world is full of wondrous things it's true. But they wouldn't have much meaning without you.

//Il faut croire que c’étaient tes derniers mots en chanson. Chanson qui en disait bien plus que quelques belles paroles. Est-ce donc à mon tour de faire quelque chose ? Sans doute mais quoi... Ne rien faire serait comme t’enfoncer un peu plus une lame dans une plaie déjà ouverte, mais m’exprimer serait peut-être encore pire. Qu’attends-tu de moi Ilana ? La véritable question n’est pas vraiment là, ce que tu attends de moi je le sais, un homme prêt à assumer ses sentiments. La véritable question est en réalité : qu’est-ce que j’attends de moi ? C’est ici que se pose un problème. La vie est si courte, autant en profiter, il faut juste savoir trouver le bon chemin à suivre pour profiter pleinement de cette vie. C’est cette route qui me bloque. Dois-je prendre à droite ou à gauche ? Je ne peux pas faire demi-tour et je ne peux pas aller tout droit au risque de foncer dans un mur. Je dois donc prendre une décision, reste à trouver lequel.//

- Là & maintenant, je suis bien.

//Ta tête est posée contre moi, et je ne bouge pas, je ne dis rien. De longues secondes s’écoulent dans ce silence et cette atmosphère. C’est à ton tour Matthew. Je ne cesse de me dire cela. Dans ma main droite, j’enroule et déroule entre mes doigts la chaine d’une amulette que Gloria m’a donnée. D’après elle, cet objet me donnerait les réponses à mes questions. J’attends toujours Gloria, est c’est le vide total. Pourtant je ne peux continuer d’attendre, tant pis si cette amulette ne fonctionne pas, il faut que j’agisse. Je décide donc de briser ce lourd silence.//

- Tout le monde parle de l’amour comme de quelque chose de simple, de bien-être, et qui permet de dissiper les doutes. J’ai finalement découvert que personne ne savait réellement définir l’amour et personne n’a su m’aider à trouver des réponses.

//Je sais, je dois trouver mes réponses par moi-même, et bien évidemment c’est la seule chose que je ne parviens pas à faire seul. L’amour Ilana, c’est une définition qui n’a pas de sens unique, l’amour s’adapte à chacun d’entre nous. L’amour en tuera certains et en éblouira d’autres. Mais moi Ilana, ce sentiment ne me tue et il ne m’éblouit pas non plus, il me ronge de l’intérieur, il me change, il hante mon subconscient. Je ne te cache pas que je me passerais bien de tout cela. Pourtant je ne pourrais pas me passer de toi.//

- Tu pourrais vivre heureuse et sans problèmes avec un autre, et ce serait bien égoïste de ma part de t’empêcher d’accéder à ce bonheur. Et pourtant… Je ne peux pas me résoudre à te laisser partir Ilana. Je veux t’avoir à mes côtés mais je veux avant tout que tu sois heureuse, hors on ne peut pas combiner les deux.

//Ce n’est sans doute pas ça que tu souhaiterais entendre, et ce n’est d’ailleurs pas ces mots là que j’aimerais te dire. Je me redresse alors et tourne mon visage vers le tiens. Je ne vois pas si tes yeux sont embués ou s’ils ont seulement une expression de tristesse ou de mépris. Mais j’entends ton cœur battre dans ta poitrine, un son si doux, si... romantique. L’amour rend aveugle certes, en cette situation cette citation parait avoir tous son sens. Pourtant l’amour ouvre également les yeux quant à nos sentiments, et je sais que même si je mens et fait souffrir en essayant de me convaincre que je ne l’aime pas, la réponse à mes questions se trouve dans nos battements de cœur, un sentiment réciproque existe bel et bien entre nous, il faut seulement que nous l’assumions tous les deux, ou plutôt que je l’assume moi car de toute évidence c’est déjà fait pour toi.//

- Pourtant ces lèvres, je ne voudrais pas qu’un autre que moi puisse y gouter...

//C’est dans un élan sûr et vif que je me rapproche de toi et colle mes lèvres contre les tiennes afin d’y déposer un long baiser. C’est alors que ma vue revient complètement, et je quitte ces yeux gris clairs pour y retrouver non pas ma couleur initiale mais ces yeux noir ébène, le regard du démon. Toujours là pour me rappeler de ne pas m’écarter de mon chemin. Je m’éloigne alors de toi, ferme quelques secondes mes yeux puis retrouvent enfin ma couleur initiale lorsque je les rouvres pour te regarder à nouveau.//

- L’amour doit faire face à tellement d’obstacles...

//Je détourne alors mes yeux de toi, et tandis que je croyais avoir fait disparaitre tous mes doutes quelques secondes plus tôt, voilà qu’ils reviennent en force et me ronge à nouveau. L’amour Ilana, je n’ai pas le choix, c’est quelque chose que je dois bannir.//
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Ilana Alom
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MessageSujet: Re: Une dernière fois [Ilana]   Dim 28 Oct - 22:51

//Le silence s’installe entre nous. Lau qui effleure le sable, les vagues qui se cassent sont les seules à faire du bruit. Les seules à part peut-être le battement simultané de nos coeurs. A chaque fois que je sens mon coeur battre dans ma poitrine, je sens le tiens taper contre ma joue. Ma joue qui est posée sur ton torse, au niveau de ton coeur. J’inspire profondément, et apprécie autant que j’appréhende ce silence. Que vas-tu me répondre ? Comment vas-tu réagir ? Vas-tu ne serait-ce que réagir ? Dis quelque chose, fais quelque chose, mais je t’en conjure, ne me tourne pas le dos.//

« Tout le monde parle de l’amour comme de quelque chose de simple, de bien-être, et qui permet de dissiper les doutes. J’ai finalement découvert que personne ne savait réellement définir l’amour et personne n’a su m’aider à trouver des réponses.»

//Simple ? Doutes ? J’avais espéré avoir été plus claire. L’amour n’a rien de simple, l’amour n’est pas dissociable des doutes. Quand on aime, le doute est permanent. Est-ce le bon ? Est-ce ça le bonheur ? Comment ne serait-ce qu’imaginer ce qu’est le bonheur ? Le bonheur est tellement subjectif Matthew. Chacun d’entre nous a sa propre définition. En fait, non. Certains ne trouveront jamais leur définition de bonheur car ils refusent catégoriquement de mettre des envies sur leurs envies, les plus enfouies soient-elles. Matthew, je refuse que tu fasses partie de cette catégorie. Je veux que tu mettes des mots sur ce que tu ressens, afin d’exorciser ce qui t’effraye tant. L’amour, la haine, le mépris, l’indifférence ? Que ressens-tu ? Personnellement, les questions me fatiguent. Je voudrais que ce soit simple, mais comme tu le sens, en amour, rien, ô non rien, n’est simple.//

«Tu pourrais vivre heureuse et sans problèmes avec un autre, et ce serait bien égoïste de ma part de t’empêcher d’accéder à ce bonheur. Et pourtant… Je ne peux pas me résoudre à te laisser partir Ilana. Je veux t’avoir à mes côtés mais je veux avant tout que tu sois heureuse, hors on ne peut pas combiner les deux.»

//Ma respiration s’arrête durant quelques secondes. Tes mots m’apaisent autant qu’ils me blessent. Si tu ne veux pas que je parte, tu n’as que quelques mots à dire Matthew. Retiens moi, je t’en prie, retiens moi. Je resterais si tu me le demandes, tu n’as qu’à me le demander et je resterais. Tu me balances à la figure que jamais je ne trouverais le bonheur à tes côtés. Mais sais-tu à quel bonheur j’aspire ? J’aspire à un bonheur simple. Vivre aux côtés de la personne que j’aime, vivre en sécur...Je ferme les yeux, comprenant que ce bonheur n’est peut-être qu’un rêve. Je veux simplement profiter de toi, de ce moment qui pourrait être le dernier. Je resserre un peu plus notre étreinte, je veux te sentir encore plus proche de moi que tu ne l’es déjà.//

«Pourtant ces lèvres, je ne voudrais pas qu’un autre que moi puisse y gouter...»

//Tu finis dans un souffle ta phrase, et tes lèvres se posent délicatement sur les miennes. Je ressens à travers ce baiser tout ce que tu ne me diras jamais. Mes yeux se ferment afin d’emprisonner à jamais les larmes qui manquent de perler à mes yeux. Je ne veux pas te donner l’image d’une femme faible. Je suis forte, je me dois de rester forte en face de toi. Peut-être que plus tard, lorsque je serais définitivement loin de toi, alors je m’écroulerais. Mais pas ici, ni maintenant. D’un coup sec, tu romps le baiser. Je lève les yeux vers toi, et ce que je redoutais de voir est arrivé. Tes yeux habituellement d’un gris perçant sont d’un noir ébène. Dans tes yeux se reflète un monde où la lumière semble avoir définitivement disparu. Je suis sur le point de faire un pas en arrière pour m’éloigner de toi, mais je n’en fais rien, toi par contre, tu n’hésites pas à t’éloigner. Un pas en avant, deux pas en arrière...//

« L’amour doit faire face à tellement d’obstacles...»

//Tu te tournes, me montrant si poliment ton dos. Je m’approche un peu plus, passe une main dans ton doigt, me met sur la pointe des pieds et murmure à ton oreille.//

« Matthew, sache que c'est très impoli de tourner le dos à la fille que l’on vient juste d’embrasser. Les femmes aiment la délicatesse...»

//Je passe mes mains délicatement autour de taille, laissant ma poitrine toucher ton dos. Mes frêles bras ne seraient pas un obstacle suffisant à ta force si tu décidais de te dégager de mon étreinte.//

« la tendresse...»

//Je dépose de légers baisers le long de ta nuque, laissant un frisson me parcourir.//

« Tu vois Matthew, ce n’est pas si compliqué l’amour...C’est même presque d’une simplicité déconcertante.»

//Je relâche mon étreinte, et viens de nouveau me placer devant toi. Tu es si beau, j’imprime dans mon esprit chaque trait de ton visage. Ce regard imperturbable quand tu veux essayer de cacher ce que tu ressens, cette fossette au niveau de ta joue droite quand tu es contrarié, ou encore ces quelques mèches qui tombent devant tes yeux juste après m’avoir embrassée. Je te souris, voulant que toi aussi, tu gardes une bonne image de moi. Puis je te regarde avec un air sérieux. L’heure est grave.//

« J’ai soif, pas toi ?»

//D’un claquement de doigts, je fais apparaître deux chaises longues, ainsi que deux cocktails. D’une façon peu élégante, je m’avachis littéralement sur la chaise longue, et porte délicatement le verre à ma bouche. Je me rends compte que c’est peut-être la dernière fois que j’utilise mes pouvoirs. Ca va me manquer de plus faire apparaître des trucs au gré de mes envies, ou encore de ne plus pouvoir faire exploser les moufflons de poussière au lieu de passer le balais...J’ai jamais dit être une bonne fée du logis, ne me regardez pas avec cet air outré. Avant de prendre une gorgée, je te regarde avec un air malicieux.//

« C’est un cosmopolitain avec vodka, triple sec et citron vert. Un vrai délice.»

//Je bois une petite gorgée. Rafraîchissant, détonnant, le pieds quoi. Si le paradis ressemble à ça : toi, la plage, le soleil et un cocktail ; alors autant mourir tout de suite. Je te regarde de bas en haut, et émet un petit rire narquois.//

« Le code des démons vous interdit de boire un coup en compagnie d’une jolie fille ? Ciel, ce que vous devez vous faire chier...»

//Oups, il semblerait que le cocktail fasse effet plus rapidement que prévu. Je montre à Matthew l’autre chaise longue pour qu’il prenne place. Si c’est notre dernier moment ensemble, je veux qu’il soit inoubliable.//
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Matthew Storm

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MessageSujet: Re: Une dernière fois [Ilana]   Sam 3 Nov - 0:44

//Je suis dos à toi, laissant de nouveau les doutes s’emparer de moi. Voilà pourquoi je ne peux pas Ilana, à chaque pas que je fais vers toi, autre chose vient me bloquer. Je ne suis pas humain, je ne ressemble ni de loin ni de près à cette espèce. Je suis un pur démon, dans le sang comme dans l’esprit, et tout le monde sait qu’humains et démons ne devraient pas fricoter ensemble. Je sens ton corps revenir vers moi, tu tentes à nouveau de rétablir ce contact physique entre nous deux. Contact si doux, si sensuel...//

- Matthew, sache que c'est très impoli de tourner le dos à la fille que l’on vient juste d’embrasser. Les femmes aiment la délicatesse... la tendresse.

//Ces mouvements que tu pratiques à mon égard en même temps que tu prononces ces mots, ils me procurent un bien-être inconnu, une sensation que je ne voudrais quitter pour rien au monde. Puis après m’avoir dit que l’amour était simple, tu t’écartes de moi et tout redevient comme avant. Quel est donc ce jeu dans lequel je me suis embarqué ? J’ai l’impression de redevenir l’enfant à qui il faut apprendre à vivre. L’amour est simple ? Il l’est sans doute pour les humains Ilana, mais pour des gens comme moi, l’amour est loin d’être simple. Cherches-tu à me rendre fou ? Ou peut-être est-ce simplement moi qui ne sais pas comment réagir à toutes ces tendresses. Je les aime tant... Et pourtant, je n’en veux pas Ilana, je les rejette comme je l’ai toujours fait. Si autrefois on m’enseignait la vie d’une manière bien particulière, aujourd’hui la leçon que tu cherches à m’inculquer se déroule d’une toute autre manière. Je me tourne alors vers toi, plonge mes yeux dans les tiens et me sens embarqué dans un profond et lointain souvenir.//

***

//Elle se trouve là, juste en face de moi, elle a la même posture que toi. Ilana ? Non, une illusion de Vicky. Cependant elle est en danger de mort. Quant à moi, je peux la sauver, je le veux au plus profond de moi. A cette époque j’étais encore fou amoureux d’elle et incapable d’accepter sa mort. Si je la laisse ici, ce serait la laisser mourir une fois de plus. Mais si je la sauve, ce serait révéler ma présence à mes ennemis et me mettre également en danger de mort. Comme toujours, je ne craignais pas la mort, mais à la différence d’aujourd’hui, les sentiments avaient beaucoup d’importance à mes yeux autrefois, à la grande déception de ma mère... Voilà pourquoi Félicia me faisait endurer cet entrainement, afin de me détacher de tout cet amour qui ne ferait que causer ma perte. Pourtant je ne réfléchis pas et fonce tout de même, tête baissée vers Vicky afin de lui venir en aide. Mais les entrainements n’étaient pas seulement destinés à faire prendre conscience de telle ou telle chose, ils étaient aussi très... saignants. En quelques minutes je me retrouvais transpercé de toutes parts avec des armes dont certains, j’en suis sûr, n’en connaissent même pas l’existence. Félicia était très douée pour inventer des armes puissantes, et dans ce genre d’entrainement, elle aimait aussi utiliser celles qui seraient capable de défier mes pouvoirs. La mise en scène disparaît, les "acteurs" s’éloignent également. Il ne reste que Félicia, l’image de Vicky en train d’agoniser et moi, blessé et incapable de l’aider.//

- Tant que ton amour pour cette femme t’obsèdera, tu resteras faible Matthew et je ne veux pas d’un incapable à mes côtés. Tu subiras ce genre d’entrainement sans relâche jusqu’à ce que tu comprennes que les sentiments ne sont pas compatibles avec un démon.

//Ce regard qu’elle me lance, ce n’est surement pas celui qu’une mère porte à un fils. Pourtant, je m’y suis habitué depuis bien longtemps. L’amour, ce n’est surement pas le sentiment qu’on me fera ressentir au sein de cette famille, mais je sais que je n’en ai pas besoin, je suis bien mieux sans, bien plus fort. Je n’en avais juste pas conscience à l’époque.//

- Ce n’est pas mon amour envers Vicky qui fera de ma vengeance un échec...

- Tu pourrais être très surpris. Tu as encore un long chemin à faire avant de pouvoir accomplir une quelconque vengeance. La pause est terminée.

//Je n’ai même pas le temps de terminer de guérir mes blessures que l’entrainement reprend, pour se poursuivre durant de longues et interminables journées.//

***

//Tous ces entrainements que me faisaient subir Félicia, ce n’était pas pour me laisser aujourd’hui submerger à nouveau par mes sentiments. A présent je comprends mieux le sens de cette phrase : tu pourrais être très surpris. Peut-être était-elle déjà au courant de l’existence d’Ilana. Quelque part au fond de moi je culpabilise, si je n’avais pas eu cette relation avec Vicky, peut-être que personne ne serait venu s’installer à Pass Magic, personne de mon entourage ne t’aurait connu, ni Félicia, ni Zark, ni même moi, et peut-être aurais-tu vécu une vie simple et heureuse dont toutes les jeunes femmes rêvent tant. Aujourd’hui tu rêves de passer le reste de tes jours à mes côtés, pourtant autrefois nous nous détestions. D’ailleurs, sans l’entrainement de Félicia, je n’aurais sans doute jamais été odieux envers toi. Finalement tu as réussi à me changer, à faire revenir cette part de moi envers laquelle je me suis tant battu pour la faire disparaître. Je devrais t’en vouloir pour ça, ou alors te remercier, pourtant je me sens incapable de faire l’un ou l’autre. Même si ma vie n’a pas toujours été simple, au moins mon esprit n’était pas embrouillé. Félicia avait raison, c’est l’amour qui me rend vulnérable et faible et ce sentiment, il n’est en aucun cas compatible avec ma vie. J’aimerais tant que tu comprennes ça Ilana, que tu cesses de croire qu’un être comme moi puisse changer. On ne change pas la nature de quelqu’un, on est ce qu’on est un point c’est tout.//

- Le code des démons vous interdit de boire un coup en compagnie d’une jolie fille ? Ciel, ce que vous devez vous faire chier...

//Tes paroles me ramènent alors à la réalité, heureusement tu ne t’es pas aperçue de mon moment d’évasion. Je pose mes yeux sur toi, et me rend compte que tu es à moitié allongée sur une chaise longue en train de siroter un cocktail. Tu me montres alors l’autre chaise qui se trouve près de toi puis je t’adresse enfin un sourire.//

- Les codes sont faits pour être enfreins, avec le temps je pensais que tu te souviendrais que je ne respecte aucune des règles qui me sont imposées.

//Je la rejoins alors, non pas sur l’autre chaise qu’elle a fait apparaître pour moi mais sur la sienne. Tu sembles si bien en cet instant, si heureuse. Je ne voudrais pas t’arracher à ce bonheur, pas maintenant. Peut-être pourrais-je te rendre heureuse au moins quelques minutes.//

- Je ne veux pas être sous l’influence d’un quelconque alcool lorsque je suis à tes côtés. Au moins tu sauras que chacune de mes actions vient réellement de moi.

//Le bonheur. Qu’est-ce que le bonheur ? Est-ce lié à l’amour ? C’est sans doute possible. Là tout de suite je voudrais que tu sois la plus heureuse, je voudrais que tu profites de ces instants comme s’il s’agissait de nos derniers moments ensemble... Je fais alors apparaître un bol de fraises avec du chocolat fondu, je sais que tu aimes ça et je suis persuadé que tu n’y résisteras pas. J’attrape alors une fraise dans ma main et la trempe légèrement dans le coulis de chocolat.//

- Il faut dire que les humains font de bonnes choses, ce ne serait certainement pas des démons qui auraient l’idée de faire des fraises et du chocolat. En même temps, nos goûts sont différents des vôtres... Alors Ilana, me ferais-tu l’honneur de goûter ce fruit pour moi ?

//Je lui adresse un sourire malicieux et approche la fraise près de sa bouche pour qu’elle puisse y goûter. Cette vie simple et heureuse, j’espère que tu l’apprécies telle que je peux te l’offrir en cet après-midi ensoleillé.//
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Ilana Alom
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MessageSujet: Re: Une dernière fois [Ilana]   Dim 4 Nov - 22:23

« Je ne veux pas être sous l’influence d’un quelconque alcool lorsque je suis à tes côtés. Au moins tu sauras que chacune de mes actions vient réellement de moi.»

//Je lève un sourcil en accent circonflexe. Ta langue se délierait-elle donc plus facilement sous l’effet de l’alcool ? Voilà qui est tentant Matthew, très tentant. Peut-être devrais-je te pousser à boire un peu histoire d’en savoir un peu plus sur tes peurs, tes appréhensions, et même tes sentiments. Je jette un regard au verre de cocktail, mais je réfute cette idée. Tu as raison, il vaut mieux que nous soyons tous les deux maîtres de nos esprits. Je repose mon verre, et je me tourne vers toi. Tu t’es assis non pas sur la chaise que j’avais faite apparaître pour toi, mais juste à mes côtés. Je sens ton corps chaud contre le mien, et je ne peux m’empêcher de sourire bêtement. Il paraît que l’amour rend stupide, et je suis persuadée qu’à cet instant présent, mon capital stupidité n’a jamais été aussi élevé.
Tu finis par faire apparaître un bol de chocolat dans lequel tu trempes une fraise.//

« Il faut dire que les humains font de bonnes choses, ce ne serait certainement pas des démons qui auraient l’idée de faire des fraises et du chocolat. En même temps, nos goûts sont différents des vôtres... Alors Ilana, me ferais-tu l’honneur de goûter ce fruit pour moi ? »

« Alors, ça Matthew, ce n’est pas fair-play. Si dans vingt-ans, je pèse dix kilos de plus à cause de ce chocolat, tu ne viendras pas t’en plaindre.»

//Je ne me rends même pas compte que je parle du futur avec tant de décontraction. Je ne me rends plus compte que nous sommes perdus sur une île déserte. A cet instant, il n’y a que toi et moi, et c’est largement suffisant. Je commence à poser ma bouche sur la fraise, et en croque un bout, puis un autre bout. Délicatement, je recouvre mes lèvres de chocolat. Je finis par avaler la fraise, et te regardant, les yeux pétillant de bonheur. Tu vois Matthew, ce n’est pas compliqué. Le bonheur, je peux le trouver en étant simplement à tes côtés.//

« Je pense que tu devrais goûter...Ce serait dommage de gâcher.»

//Je pose délicatement mes lèvres sur les tiennes afin que tu puisses goûter au chocolat, et par la même occasion, pour que je puisse moi te goûter. Je me colle davantage à ton corps, une de mes mains posée sur ton torse. J’approfondis légèrement le baiser, je sens que je ne peux plus me contrôler. Matthew, si tu ne m’arrêtes pas, je ne suis pas sûre de pouvoir le faire. Je goûte plus profondément tes lèvres, ta salive. Puis je finis par nous laisser respirer. Je te souris, et efface d’un geste tendre de la main le chocolat qui perle au coin de tes lèvres. Je colle ma tête contre ton torse, et continue à sourire. Je dois avoir l’air stupide c’est effrayant.//

« La vie est parfois si étrange Matthew. Je pourrais rester ainsi toute ma vie, contre ton torse à écouter ton coeur battre. C’est ridicule ce que je viens de dire n’est-ce pas ? Désolée mais quand je suis heureuse, j’ai tendance à trop parler...Tu finiras par le remarquer.»

//Encore une fois, je parle d’un futur que toi et moi nous ne partagerons jamais. Pourtant, j’ai enfoui cette hypothèse au plus profond de mon coeur, c’est pour cette raison que je parle d’un futur à deux. Ne m’en veux pas Matthew...Je prendrais tout ce que tu pourras me donner. Je ferme les yeux, bercer par le son de ton coeur.//

« Anna ma chérie, descends ! »

C’était un lundi matin ordinaire tout au début du mois de septembre. Une femme brune nommée Ilana était en train de préparer des crêpes. Non rectifications. Elle était en train d’essayer de préparer des crêpes. Elle avait le tablier recouvert de farine, des coquilles d’oeufs dans les cheveux, et le plafond était déjà recouvert de lait. C’était un vrai chantier, mais elle tenait bon. Elle finit par attendre des pas dans l’escalier. Elle se retourna, et adressa à la jeune femme qui descendait un sourire aussi convaincant que possible.

« Maman...Tu n’avais pas à faire ça.
- Mais j’ai toujours fait ça. Des crêpes à chaque rentrée des classes. Quand tu étais petite...
- Maman...Je vais rentrer en terminale. En plus, ce n’est pas pour te vexer mais tes crêpes ont l’air de brûler !
- Oh mer...zut !»

//Anna ria aux éclats en voyant sa mère passer la poele sous l’eau pour éviter que toute leur maison ne prenne feu. C’était encore raté pour cette année. Mais Ilana avait toujours une solution de secours sous le coude. Elle ouvrit un placard et finit par tendre une brioche dorée à sa fille qui la regardait avec un regard espiègle. Ilana s’arrêta quelques instants, et fixa sa fille droit dans les yeux. Ses yeux gris, cet air espiègle, ce sourire en coin amusé, Ilana pourrait le reconnaître parmi des milliards. Cette fille, ce n’était pas eux : c’était lui, tout simplement. Elle avait la force, le calme et la puissance de son père. Anna n’avait pas hérité des milles et un défauts de sa mère : son non-talent pour la cuisine, sa naïveté, sa fragilité. Ilana sortit de ses pensées et posa sur son fille un regard plein de tendresse et d’amour.//

« Oh maman...Ne me regarde pas comme ça, avec tes yeux plein d’amour...Ca me coupe l’appétit.
- Aussi charmante que ton...
- Que qui ? »

//Ilana fit un clin d’oeil à sa fille et lui proposa un bout de brioche. Elle s’installa face à elle, une tasse de café à la main. Le temps passe mais les mauvaises habitudes restent. Ilana n’avait su arrêter de boire du café à longueur de journée, ce qui énervait sa fille. Anna savait que sa mère dormait très peu la nuit. Elle pensait que c’était l’effet de la caféine...Ilana voulait qu’Anna le croit alors elle continuait à boire du café. Elle ne voulait pas avouer à sa fille que chaque nuit, elle ne pouvait s’empêcher de penser à lui. Elle avait essayé d’oublier, mais elle ne pouvait pas. Non, elle n’y arrivait pas. Pas lorsqu’elle savait, qu’au lever du jour, elle verrait dans sa fille l’image de l’homme qu’elle avait tant aimé.//

« Je rentre vers dix-huit heures ce soir Maman...Maman ? Allo la terre, ici Anna.
- Ah...oui. Fais attention à toi. Tu es ce..
- Que tu as de plus cher au monde. Je connais le refrain ‘man.
- Fille ingrate ! Sauve toi et passe une bonne journée mon ange.»

//Anna embrassa sa mère sur la joue et sortit retrouver sa nouvelle classe au lycée. Ilana ne pouvait de penser que sa fille était un ange, et pourtant, elle n’était pas née de deux anges, assurément pas.//


//Ilana finit par rouvrir les yeux, ne se souvenant plus de ce à quoi elle avait pensé. C’était une sensation étrange, comme si...Elle avait vu ce qu’elle rêvait de voir tout en sachant pertinement que ça ne pourrait ne rester qu’un rêve. Ilana prit la main de Matthew et la posa sur son propre coeur.//

« Rends le moi...»

//Cette phrase avait été murmurée, dans un souffle. Ilana ne savait pas si Matthew l’avait entendu, d’ailleurs Ilana ne voulait pas qu’il l’ait entendue. Elle lui avait demandé de lui rendre son coeur, même si elle ne lui rendrait jamais le sien.//
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Matthew Storm

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MessageSujet: Re: Une dernière fois [Ilana]   Mer 7 Nov - 19:47

- Alors, ça Matthew, ce n’est pas fair-play. Si dans vingt-ans, je pèse dix kilos de plus à cause de ce chocolat, tu ne viendras pas t’en plaindre.

//Je lui adresse ma réponse à travers un sourire amusé. Ilana était bien la seule à réussir à me faire sourire sincèrement, elle devait sans doute en être heureuse. Tu sais Ilana, même si dans vingt-ans tu pèses dix kilos de plus, à mes yeux tu n’auras pas changé. Non je ne viendrais pas m’en plaindre, comment pourrais-je me plaindre de toi... Tu goûtes finalement ce que je te donne, tu as l’air de bien apprécier, tant mieux, je les ai fait apparaître pour toi après tout. Puis ce moment arriva donc, celui où tu me demandes de goûter à mon tour et dont tu me fais partager à ta façon si particulière. Je dois t’avouer Ilana, lorsque tes lèvres se sont posées contre les miennes je n’ai pas réellement fait attention au goût de la fraise ou du chocolat, je faisais plus attention à ton goût à toi. Pourtant je ne voulais pas que tu m’embrasses, je ne veux pas te faire souffrir, mais comment te repousser... Ça en devient impossible. A force d’avoir voulu m’éloigner de toi, j’ai l’impression que je ne peux plus te fuir à présent. Tu t’écartes alors de moi et je me retiens de ne pas en demander plus, je n’en ai pas le droit. Finalement tu t’allonges sur moi, ta tête contre mon torse, comme tout à l’heure.//

- La vie est parfois si étrange Matthew. Je pourrais rester ainsi toute ma vie, contre ton torse à écouter ton cœur battre. C’est ridicule ce que je viens de dire n’est-ce pas ? Désolée mais quand je suis heureuse, j’ai tendance à trop parler...Tu finiras par le remarquer.

- Aucune parole n’est ridicule, il n’y a que le mensonge qui l’est.

//Je dois sans doute t’agacer avec mes phrases de philosophe, en tous cas j’en connais plusieurs qui m’en font le reproche, mais que vous voulez, c’est un détail qui fait ce que je suis. Je passe ma main le long de tes cheveux, les caressants durant de longues minutes. En fait tu t’es endormie ainsi. J’aimerais tant savoir de quoi est-ce que tu pourrais bien rêver. En réalité je pourrais le savoir, mais je ne m’introduirais pas dans ton esprit, j’ai bien trop de respect pour toi pour te faire ceci. C’est en restant ainsi, t’observant endormie près de moi que je pars à mon tour dans mes pensées, ou alors dans un rêve.//

***

//Je me trouvais au beau milieu d’un repère inconnu et tu étais à mes côtés. Que faisons-nous ensemble dans le même appartement ? Et bien d’après ce baiser passionné je suppose que nous habitons ensemble. Tu es allongée contre moi, ta tête posée contre mon torse comme tu aimes si bien le faire. Je ne comprends pas vraiment le but de ce songe. Finalement tu te lèves, et mets une musique entrainante assez forte. Tu as l’air en pleine forme et heureuse. Etrangement, bien que ce ne soit pas mon fort, je te suis dans ta danse. A cette vision, on dirait plutôt deux alcoolos dansants, ou plutôt tanguant, sur le premier son, mais nous avions l’air heureux et c’était le principal.//

- Tu nous imagines, bientôt les maîtres de l’Enfer, à régner sur tous ces misérables démons et à contrôler leur vie.

//Est-ce bien toi Ilana qui viens de prononcer ces mots ? Alors comme ça tu aurais abandonné ta vie de tranquillité pour venir vivre à mes côtés ? Non, je ne veux pas de ça pour toi, je ne veux pas que tu vives dans le meurtre et le sang, ce monde n’est pas fait pour toi Ilana.//

- On pourrait s’amuser à leur faire faire milles et une folie. Et tu pourrais te venger sur tous ceux qui t’ont fait du tort.

//Tu m’adresses un sourire sadique, apparemment heureuse de cette nouvelle. Tu m’embrasses à nouveau passionnément avant de reprendre la parole.//

- Allons chasser, je sens le petit démon se débattre. Je crois bien qu’il a besoin de meurtre et de chair fraiche, et moi aussi.

//Le petit démon ? Je descends mes yeux le long de ton corps et aperçoit ce ventre, rond, bien ressortis. Tu es enceinte ? Est-ce lui qui te transforme ? Je ne te reconnais pas Ilana, tu n’es pas ainsi, tu ne parles pas comme ça, tu n’as pas ce regard et ce sourire machiavélique, tu n’as pas des envies sadiques… Redeviens telle que tu étais Ilana, je t’en prie, ne deviens pas ce que je suis.//

***

//Mon cœur bat de plus en plus vite. Mes yeux se rouvrent et les tiens aussi peu de temps après. Quel était donc ce rêve étrange ? Un signe pour me montrer que toi et moi ensemble ce n’est pas possible ? Je le savais déjà… Bien que tu sois également réveillée, tu ne te retournes pourtant pas vers moi, tu te contentes de prononcer à voix basse des mots. Pourtant tu devrais savoir qu’un démon est capable d’entendre le plus petit murmure s’il le souhaite.//

- Rends le moi...

//Je n’ai pas besoin de chercher pour deviner de quoi tu veux parler. Bien entendu il s’agit de ton cœur, de tes sentiments, de ta vie, de ton futur. Je ne me sens plus à l’aise ainsi. Je n’ai pas le droit d’être si tendre avec toi alors que je t’enfoncerais le couteau bien plus profond dans la plaie lorsque la journée sera terminée et que nous devrons nous quitter. Non Ilana, je n’ai plus le droit de continuer ainsi. Me sentir mal n’est plus un problème pour moi, en revanche je ne veux pas que tu partages ce mal-être. Je me saisis finalement du verre de cocktail que tu avais fait apparaître pour moi avec l’envie et l’impression que l’alcool me donnera la force de m’éloigner de toi. Je sors alors l’amulette de Gloria dans ma main et sans que tu ne t’en rendes compte, elle se met à briller l’instant d’une courte seconde. C’est donc maintenant que je dois en faire usage ? Oui, et à présent je sais parfaitement à quoi cet objet va me servir. Je bois mon verre d’une traite et commence déjà à culpabiliser pour ce que je m’apprête à faire.//

- Ilana, regardes moi, il faut que je te parle.

//Tu te redresses, curieuse de ce soudain besoin de parler. Je me lève et tu me suis, restant debout l’un face à l’autre, le regard ne se lâchant plus. J’attrape alors l’une de tes mains et la serre dans la mienne. Pardon Ilana, désolé de devoir faire ça mais je n’ai plus le choix. Vous rappelez-vous de Félicia et Vaurel qui se sont retiré cœur ou âme afin de laisser leur sentiment de côté ? J’avais dit que je ferais la même chose ? En fait non, je ferais bien pire. Je tiens l’amulette dans mon autre main de libre mais ne l’active pas encore.//

- Je n’ai jamais réussi à être honnête avec toi Ilana. Je ne me suis jamais ouvert à toi, je ne t’ai jamais dit à haute voix mes véritables sentiments.

//Je prends une pause et inspire un grand coup. J’ai l’impression que ma gorge se resserre un peu plus à chaque mot que je prononce. Pourtant je sais que je dois les dire, il faut que je le fasse pour elle, mais aussi pour moi.//

- Chaque instant passé à tes côtés est un pur moment de bonheur. Tiens le bonheur, je ne savais même pas ce que c’était avant de te rencontrer. Bien sûr tu me diras que j’en ai aimé une autre avant toi mais c’est faux. Ma seule et unique véritable histoire c’est avec toi que je la vis Ilana, tu as réussi à me faire oublier tellement de problèmes, à rendre la vie douce tout simplement.

//Tu ne vois pas où je veux en venir ? Non Ilana, malheureusement ce n’est pas une invitation à devenir ma femme, c’est bien pire.//

- Et puis il y a aussi cette part de moi, ce que je suis réellement, un démon. Cette part qui me ronge chaque fois que je goûte un peu au bonheur. Cette part qui te fait souffrir chaque fois que je m’éloigne un peu plus de toi. A quoi nous mènera cette histoire Ilana ? Je me suis posé la question tellement de fois... Si notre amour doit me détruire, qu’il en soit ainsi, mais je ne veux pas qu’il te détruise toi. Tu es ce que j’ai de plus précieux, et il faut parfois faire des sacrifices pour préserver ceux qu’on aime...

//Oui Ilana c’est une déclaration d’amour, pourtant en prononçant le mot sacrifice tu dois maintenant prendre conscience que tout ne se finira pas bien. Pourtant tu aurais tort de penser ça, tout se finira bien pour toi Ilana, je t’en fais la promesse. Tu vivras heureuse, tu auras une belle vie, loin de mon monde, loin de moi. Ces mots que tu attends depuis si longtemps Ilana, tu sais bien que je ne les ai jamais prononcé, et tu dois te douter que je n’y arriverais jamais. Je m’avance alors près de toi, et active finalement l’amulette. Une lumière dorée éclate et nous entoure tous les deux. Nous sommes tout près l’un de l’autre et nous serons pourtant si éloigné dans quelques minutes...//

- Je t’aime Ilana Alom. Et c'est parce que je t'aime que je ne peux pas être égoïste avec toi, je ne te mérite pas. Tu vas tant me manquer...

//Je caresse ta joue du bout de mon doigt, et t’embrasse, une dernière fois. Ce baiser, long, passionné, parfait, il restera gravé à jamais en moi. C’est dans cette dernière étreinte qu’une larme coule le long de ma joue. Une larme ? Je n’en ai pas eu depuis tellement d’années... Au moins tu te rendras compte que je suis sincère et que faire cet acte me coûte énormément. Mes yeux se posent sur les tiens et ma voix grave et triste est assez claire pour que l’amulette fasse l’effet demandé.//

- J'aimerais tant que tu n'aies pas à oublier cela, mais tu le dois. Tu vas tout oublier Ilana. Moi, nous, notre amour. Tu te souviendras uniquement que je suis le fils de Zark et que nous n’avons jamais vraiment réussi à bien nous entendre tous les deux. Il n’y a pas eu de pacte, pas de rapprochement, pas de baiser. Zark a été ton seul véritable amour. Quelques fois il t’arrivera d’être nostalgique et de repenser à lui, mais tu vivras heureuse Ilana, et tu seras bien mieux ainsi.

//La lumière qui s’échappe de l’amulette te traverse de part et d’autres. Ne t’en fais pas, ces lumières sont inoffensives, elles ne feront pas mal. Cela dure quelques secondes, avant que la lumière ne revienne dans l’amulette pour s’éteindre complètement et que tu t’endormes. Je te rattrape avant que tu ne tombes sur le sol et caresse une dernière fois tes cheveux, laissant une larme tomber contre ton visage. A présent tout est fini. Je m’en irais, le cœur ouvert et saignant et t’observerais poursuivre ta vie dans un monde ou les démons se font rares. C’est alors que je l’aperçois, Zark. Etant donné le regard qu’il m’adresse je suppose qu’il a du tout voir. Il doit sans doute être heureux à présent. Pourtant je ne fais pas plus attention à lui. Je mets l’amulette autour de mon cou, près de moi elle sera en sécurité et ne risquera pas de se briser. Puis je disparais avec Ilana direction sa maison. Là-bas, je te dépose sur ton canapé et te protège du froid avec une couverture. J’allume le feu de la cheminée et laisse un café froid sur la table basse devant toi. Lorsque tu te réveilleras tu penseras simplement que tu t’es endormie devant le feu de cheminée et que tu as encore une longue soirée devant toi. Je m’éloigne de toi, de ta maison, et disparaît dans mon repère. A présent je resterais dans ma solitude, loin des sentiments et de tout ce qui touche à l’amour. Loin de toi.//
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Une dernière fois [Ilana]
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